Feu dans un tunnel du Grand Paris Express

#BrigadeInside — Vers 14 h 30, les secours sont appelés pour un feu dans un tunnel sur le chantier Grand Paris Express à la gare Créteil-L’échat. Un tunnelier creuse à 1 500 mètres de là et, entre les deux, un train sur pneu est en flamme. Les ouvriers du tunnelier se sont réfugiés dans le caisson de survie, mais deux compagnons de travail manquent à l’appel. Voilà le scénario joué par les sapeurs-pompiers de Paris, pour un exercice grandeur nature, ce jeudi du mois d’août.

Har­ry Cou­vin —  — Modi­fiée le 4 mai 2021 à 04 h 07 

Orga­ni­sés régu­liè­re­ment, ces exer­cices ont pour but prin­ci­pal d’entraîner le per­son­nel à l’engagement sur un feu en chan­tier sou­ter­rain. En effet, dans ces condi­tions de grande pro­fon­deur (plus de 20 mètres) et de longue dis­tance (entre 1 000 et 2 000 mètres), les spé­ci­fi­ci­tés opé­ra­tion­nelles sont nom­breuses. Il faut bien com­prendre que ces infra­struc­tures du Grand Paris Express ne béné­fi­cient pas encore des ins­tal­la­tions de sécu­ri­té dédiées à l’usage com­mer­cial. Aucune sor­tie de secours n’est creu­sée pour l’instant. Les accès se font par les puits tech­niques du chan­tier et par le ciel (encore) ouvert des futures gares. Une don­née qui aug­mente les dis­tances à par­cou­rir dans les immenses boyaux. D’ailleurs, par conven­tion, la BSPP exige des entre­prises de tra­vaux publics qui creusent ces tun­nels, d’établir des points d’entrées tous les 2 000 mètres au maximum.

Le pre­mier groupe est trans­por­té au plus près par un train sur pneus.

Dans ce contexte, outre l’expérimentation du concept tac­tique lui-même « d’intervention en chan­tier sou­ter­rain », plu­sieurs points par­ti­cu­liers sont testés.

Dans un pre­mier temps, bien enten­du, la pro­cé­dure d’appel des secours et le bon adres­sage, mais éga­le­ment une fois sur site, il faut apprendre à tra­vailler en coor­di­na­tion avec le per­son­nel du chantier.

Les sapeurs-pom­piers inter­ve­nants doivent aus­si appré­hen­der les équi­pe­ments et les dis­po­si­tifs de sécu­ri­té mis à leur dis­po­si­tion. Ceux-ci peuvent varier d’un chan­tier à l’autre.

La pre­mière dif­fi­cul­té consiste à pou­voir des­cendre le maté­riel dans les plus brefs délais ; lors de l’exercice, le rythme est moins sou­te­nu, l’important ici étant de bien vali­der tous les détails de la mise en place.

Le Groupe d’exploration longue durée (GELD) des­cend le robot PROM (pla­te­forme robo­ti­sée mul­ti fonc­tions) au fond de la gare au moyen d’une grue du chan­tier. Une fois en bas, un train sur pneu véhi­cule la pre­mière équipe au plus près du sinistre et les hommes du GELD chargent leur maté­riel sur le robot et entame la pro­gres­sion. La par­tie attaque peut commencer.

Le robot PROM en progression

Dans le tun­nel, un des objec­tifs de cet exer­cice est pri­mor­dial. Il s’agit de tes­ter les com­mu­ni­ca­tions au plus pro­fond de l’intervention.

L’opération s’est donc dérou­lé cor­rec­te­ment. Les sapeurs-pom­piers s’appliquent sur la manœuvre sous l’œil des obser­va­teurs. En sur­face aus­si, depuis le poste de com­man­de­ment, on observe les dépla­ce­ments. En effet, cha­cun des pro­ta­go­nistes est sui­vi grâce à des boî­tiers-émet­teurs qui per­mettent de loca­li­ser les groupes et de gérer leurs actions au besoin.

À l’issue de la manœuvre, le débrie­fing ana­lyse tous les détails et va per­mettre d’affiner la doc­trine d’attaque sur ce type d’intervention au regard des spé­ci­fi­ci­tés du lieu. Ce moment pri­vi­lé­gié avec tous les acteurs pré­sents est cru­cial. Il per­met la confron­ta­tion des points de vue face aux enjeux de demain…

Débrie­fing au poste de com­man­de­ment déporté
Tous les inter­ve­nants par­ti­cipent au débriefing.

Pho­tos et vidéos : CPL Jean-Marc Robert

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