BRIGADE INSIDE — Retour sur le stage IMP1 SSSM médecin sur corde

#BrigadeInside — Descendre à 30 mètres pour prendre en charge médicalement une personne tombée dans les catacombes, monter au sommet d’une grue pour un ouvrier victime d’un accident vasculaire. Ces missions, particulièrement périlleuses, font aussi partie du lot d’interventions que les équipes médicales de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris ont le devoir d’assumer. La rédaction d’ALLO DIX-HUIT est allée à la rencontre du médecin en chef Cédric Ernouf, référent IMP (intervention en milieu périlleux) de la division santé. Il nous éclaire sur la formation des infirmiers et des médecins de la Brigade dans ce domaine bien particulier.

Jean Flye —  — Modi­fiée le 4 mai 2021 à 04 h 10 
médecin et civière en descente

Com­ment est né le stage IMP 1 SSSM (Ser­vice de San­té et de Secours Médical) ?

Avant 2005, une vic­time qui se cas­sait le fémur au fond des cata­combes, remon­tait à ” l’ancienne “. Pas prise en charge par le méde­cin mais sim­ple­ment par le GRIMP qui par­ve­nait à elle avec son maté­riel. Les vic­times n’étaient donc pas médi­ca­li­sées en milieu périlleux. Cela est deve­nu une néces­si­té que de for­mer les méde­cins et les infir­miers aux tech­niques GRIMP. La déci­sion a été prise, sous l’impulsion du méde­cin-chef de l’époque, de sen­si­bi­li­ser les per­son­nels du ser­vice médi­cal de la BSPP. Il était capi­tal qu’ils puissent avoir confiance dans le maté­riel et qu’ils s’acclimatent au vide. Le pre­mier stage IMP niveau 1 SSSM a eu lieu en 2005. Cette année, cela fait donc quinze ans que le per­son­nel médi­cal de la BSPP est for­mé aux tech­niques IMP.

Quel est le pro­fil des stagiaires ?

Le stage IMP 1 SSSM fait par­tie du plan de for­ma­tion des méde­cins dans leur troi­sième année de pré­sence à la BSPP. Pour les infir­miers, ce stage est inclu dans le module trois de spé­cia­li­sa­tion. Il est ins­crit au calen­drier des actions de for­ma­tion. Douze sta­giaires, par ses­sion de cinq jours, s’entraînent aux tech­niques IMP. Le sapeur-pom­pier de Paris en for­ma­tion IMP de niveau 1, qu’il soit doc­teur, infir­mier ou per­son­nel du grou­pe­ment d’appui et de secours, suit un pro­gramme de for­ma­tion qui est dic­té par le guide natio­nal de réfé­rence (GNR) IMP. Le per­son­nel médi­cal de la BSPP ayant sui­vi le stage IMP 1 se voit attri­buer l’attestation d’intervention en milieu périlleux de pre­mier niveau. Une attes­ta­tion qui n’est pas certificative.

Quel est l’objectif de ce stage ?

L’objectif de ce stage est d’apprendre à pro­gres­ser sur corde avec du maté­riel d’ascension, d’installer un dis­po­si­tif de mon­tée, de savoir des­cendre en rap­pel et enfin d’apprendre à pro­gres­ser sur un mur qui est déjà équi­pé par une corde, et le tout en sécu­ri­té. C’est une for­ma­tion vrai­ment intense !

un pompier descend une victime d'une grue

Quelle est la dif­fé­rence entre le stage IMP 1 SSSM et le stage IMP 1 classique ?

Le stage IMP 1 SSSM est bien sûr des­ti­né exclu­si­ve­ment au per­son­nel médi­cal de la BSPP. Dans ce stage figure le module de treuillage en héli­co­ptère, qui n’existe pas dans l’IMP 1 clas­sique. À la fin de la semaine, les sta­giaires sont sou­mis à un test gran­deur nature. Une manœuvre de secours met­tant en œuvre un man­ne­quin de simu­la­tion médi­cale a lieu en haut de la tour Mont­par­nasse. Une équipe médi­cale sou­te­nue par le GRIMP va se mettre au vide pour prendre en charge, médi­ca­li­ser et remon­ter une vic­time en difficulté.

Pour le per­son­nel médi­cal, quelle est la plus-value ?

Ce stage per­met au per­son­nel de la divi­sion san­té d’avoir tes­té par lui-même les tech­niques du GRIMP. Il va pou­voir conseiller le com­man­dant des opé­ra­tions de secours quant à la meilleure prise en charge de la vic­time. Pour le per­son­nel médi­cal, ce stage est une réelle plus-value. En effet, cette for­ma­tion axée sur l’opérationnel doit per­mettre aux per­son­nels de garde à l’ambulance de réani­ma­tion (AR), d’être auto­nomes aux côtés du GRIMP. Il sera pri­mor­dial à ce moment de se rap­pe­ler des tech­niques apprises lors du stage.

Quelle est la suite du cur­sus après l’IMP1 SSSM ?

À par­tir de 2008, la Bri­gade a com­men­cé à for­mer ses per­son­nels aux tech­niques des IMP de niveau 2. Régu­liè­re­ment, la BSPP envoie des per­son­nels de la divi­sion san­té en stage, quinze jours à Mar­seille au sein du BMPM. À la clé : un diplôme d’équipier sau­ve­teur GRIMP, le même que tous les sau­ve­teurs GRIMP en France. Il est le niveau mini­mum pour être admis sur une liste d’aptitude opé­ra­tion­nelle et pou­voir par­tir sur inter­ven­tion en tant qu’équipier secou­riste GRIMP.

Des infirmiers portent secours dans un échafaudage

Pour le per­son­nel médi­cal, à quoi peut ser­vir l’IMP 2 ?

C’est une for­ma­tion qui est inté­res­sante car elle est diplô­mante. Lors des stages, des exer­cices et des mis­sions du GRIMP, une forte cohé­sion se fait entre tous les per­son­nels de la spé­cia­li­té. Connaître les acteurs du GAS per­met au per­son­nel de san­té d’entrer dans l’intimité de l’unité. Les per­son­nels du GRIMP vous ont vu sur cordes quelques heures avant, vous avez souf­fert avec eux et vous êtes allés jusqu’au bout avec eux. Ils vont donc plus faci­le­ment s’ouvrir à vous pour vous par­ler de leurs pro­blèmes. Médi­ca­le­ment par­lant, cela vous per­met d’avoir un maillage dans l’unité et d’être un sou­tien san­té de proxi­mi­té. C’est aus­si ce qui se passe dans les uni­tés de forces spé­ciales. La cer­ti­fi­ca­tion IMP2 est un atout pri­mor­dial pour inté­grer les sélec­tions de sou­tien san­té effec­tuées par le GAS. Elle l’est éga­le­ment sur le sou­tien des for­ma­tions de main­tien des acquis. En par­ti­cu­lier lorsque celles-ci ont lieu en dehors du sec­teur BSPP.

Le mot de la fin ?

Pour conclure, je dirais qu’un per­son­nel de san­té à la BSPP est un per­son­nel de san­té mais avec le ” ver­nis BSPP “, c’est à dire qu’il est à la fois méde­cin et pom­pier de Paris. Il n’y a peut-être que quelques inter­ven­tions pour les per­son­nels san­té IMP mais c’est tout de même une réelle plus-value. Ce serait anor­mal que le plus gros corps de sapeurs-pom­piers d’Europe n’ait pas d’équipe médi­cale spé­cia­li­sée pour prendre en charge une vic­time en milieu périlleux. Nous nous entraî­nons régu­liè­re­ment afin de ne pas être rouillés le jour où nous aurons besoin de tra­vailler sur corde. Nous savons qu’à la BSPP, les équipes médi­cales sont taillées pour le faire.

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