Hommage au sergent Cartanaz et au caporal Josselin

CEREMONIE – Hommage au sergent Simon Cartannaz et au caporal Nathanaël Josselin

En ce jeudi 17 janvier, un vibrant hommage a été rendu dans la cour de l'état-major au sergent Simon Cartannaz et au caporal Nathanaël Josselin, décédés sur opération, le samedi précédent. Ils font partie des quatre victimes de la violente explosion de la rue de Trévise. Cette cérémonie s'est déroulée dans un contexte émotionnel très fort en présence d'un très grand nombre de leurs frères d'armes.

La cérémonie en intégralité

Hommage au sergent Cartanaz et au caporal Josselin
Hommage au sergent Cartanaz et au caporal Josselin
Hommage au sergent Cartanaz et au caporal Josselin
Hommage au sergent Cartanaz et au caporal Josselin
Hommage au sergent Cartanaz et au caporal Josselin
Hommage au sergent Cartanaz et au caporal Josselin
Hommage au sergent Cartanaz et au caporal Josselin
Hommage au sergent Cartanaz et au caporal Josselin

Discours du ministre de l'Intérieur

Madame la Ministre,

Madame la Secrétaire d’Etat,

Monsieur le Préfet de Police,

Monsieur le Préfet, Directeur Général de la Sécurité Civile et de la Gestion des Crises,

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Madame la Maire de Paris,

Mesdames et Messieurs les élus,

Amiral, Chef d’état-major particulier,

Mon Général, Gouverneur militaire de Paris,

Mon Général, Commandant la Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris,

Monsieur le Président de l’association des œuvres sociales de la Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris,

Officiers, sous-officiers, caporaux et sapeurs

Chères familles et chers proches de Simon et de Nathanaël,

 

« On décale ».

Ce matin du samedi 12 janvier, le centre de secours de Château d’eau est appelé. Une fuite de gaz et un danger pour les habitants du 6 rue Trévise.

« On décale ».

Voilà la phrase qu’ils ont sans doute entendue, prononcée. Ils sont allés au-devant du danger. L’ont affronté. Le courage était leur nature. Secourir, leur passion.

Il était 9 heures ce samedi 12 janvier, quand une explosion a retenti. Les sirènes se font plus nombreuses, les cris plus stridents, les flammes plus ravageuses. Trois pompiers manquent à l’appel. On ne laisse jamais un camarade derrière soi et bravant le péril et les éléments, les sapeurs-pompiers ont cherché et sauvé le première classe Maxime Acard malgré le danger.

Mais le souffle de la détonation était trop fort. Et il était 9 heures, ce samedi 12 janvier quand l’explosion a emporté le sergent Simon Cartannaz et le caporal Nathanaël Josselin

Vous avez perdu deux frères d’armes. Deux amis. Deux compagnons.

Deux familles ont perdu un fils, un frère, un conjoint, un père.   

Aujourd’hui, je vous regarde. Je devine votre peine, je vois votre volonté. Je vous regarde et je vois le souvenir du sergent Simon Cartannaz et du caporal Nathanaël Josselin.

Dans la cour de cette caserne Champerret, nous les entourons une dernière fois pour leur faire promesse, celle que leur passion vive et que leur engagement ne meure jamais. 

Sergent Simon Cartannaz,

Vous étiez cet homme d’honneur, de passion et de sincérité. Vous aviez le sourire des hommes justes, cette chaleur qui seule se forme au contact des montagnes.

Vous aimiez cette Savoie où vous vous réfugiez. Vous y viviez votre engagement, le premier, comme sapeur-pompier volontaire. Mais ce n’était pas assez pour étancher votre soif de service et vous rejoignez la Brigade à l’été 2013.

Cinq ans et demi d’engagement où, dans chaque occasion, vous vous êtes illustré.

Vous avez été ce héros des moments graves ; présent, rue Bichat, en novembre 2015, pour secourir face à l’horreur du terrorisme. Vous étiez là, cet été, lors de la prise d’otage des Petites Ecuries.

Vous avez été ce héros du quotidien, aussi, dévoué, attentif, expert.

Avec vous le centre de secours de Château d’eau perd une source d’inspiration, un pilier.  

Votre vie était de vous donner pour les autres. De vous donner pour aider, secourir. De vous donner pour votre amour pour Anaïs. Pour vos amis, Rémi, Quentin et Valentin, inséparables compagnons à l’école comme à la caserne pour les bons et les mauvais moments. Pour vos parents, pour votre famille que vous chérissiez tant.

Sergent Simon Cartannaz, il est une cabane en Savoie où vous vous retrouviez avec vos amis. Elle est pleine de vos souvenirs, de l’école de votre vie. Votre rire ne cessera jamais d’y résonner. Et il continuera toujours à pousser vos frères d’armes, votre famille, vos amis.

Caporal Nathanaël Josselin,

Vous aviez 12 ans à peine en devenant jeune sapeur-pompier et vous n’étiez même pas encore majeur quand vous êtes engagés comme sapeur-pompier, chez vous, dans l’Yonne.

Pompier était pour vous un rêve. Un rêve, auquel vous avez donné un visage et une noblesse.

L’engagement est dans votre âme. Vous intégrez la Brigade en 2014. Vous y montrez à chaque moment votre professionnalisme et votre calme assuré. Vous étiez un « remisard », poste exigeant qui ne vous a jamais rebuté. Vous étiez un homme d’action et un modèle, rassurant face au drame, calme face au danger.

Vous étiez un homme de passion, surtout. Cette passion sincère et désintéressée. Cette passion pour les autres qui à elle seule, donne foi en notre humanité.

Ce métier, vous l’aimiez. Vous l’aimiez car il vous offrait le bonheur du service, la satisfaction insaisissable d’agir pour le bien, d’agir pour les autres.

Caporal Nathanaël Josselin, vous tiriez votre force de votre famille. Pour vos six frères et sœurs, pour vos parents, pour votre compagne Océane et votre fils Kélyan, vous y étiez prêt à tout donner, tout sacrifier. Votre cœur était assez grand pour tout l’amour que vous donniez.

Aujourd’hui, je pense à Kélyan. Son père ne rentrera pas ce soir. Il est parti, mort au bout de sa mission, pour sauver. Je veux dire à Kélyan que son père est un héros, que nos yeux sont humides mais que l’amour et l’honneur ne s’éteignent jamais.

Sergent Simon Cartannaz,

Caporal Nathanaël Josselin,

Avec vous, nous perdons deux sapeurs-pompiers brillants. Deux modèles de valeurs et de dignité. Vous nous avez montré que le meilleur est possible. A nous maintenant, de l’incarner.

A vous, leurs frères d’armes de la Brigade, vous reprendrez dès aujourd’hui leur combat pour sauver. Dans chaque intervention, vous vous rappellerez leurs gestes, ferez vivre leur courage. Vous vous laisserez inspirer par ces deux frères d’armes pour qui seule la mission comptait.

A vous, leurs familles, ceux qu’ils aimaient, vous pourrez compter sur leurs camarades de la Brigade et sur les sapeurs-pompiers volontaires avec qui ils servaient. Vous pourrez compter sur la France, qui n’oublie aucun de ses fils, tombés pour la servir.

Le chemin qui s’annonce est long, difficile. Alors, quand le doute se fera trop grand, l’absence trop pesante, la douleur trop forte, rappelez ce qui les animait. Rappelez-vous leur fierté de porter cet uniforme au passepoil rouge. Rappelez leur joie de pouvoir servir, aider, partager.

27 et 28 ans. Ce ne sont pas des âges pour mourir. Alors ils ne partiront que si nous les oublions. Ils ne partiront que si nous faisons une croix sur ce en quoi ils ont cru, ce pourquoi ils ont vécu.

Sergent Simon Cartannaz,

Caporal Nathanaël Josselin,

Je vous fais une promesse, nous ne vous oublierons pas. Nous ne vous oublierons jamais.

Votre sacrifice doit avoir un sens, ce serait vous trahir que ne pas l’honorer.

Vive la brigade de sapeurs-pompiers de Paris !

Vivent les sapeurs-pompiers,

Vive la République !

Vive la France !

 

4 commentaires

  1. toute mes condoléances à la famille et à nos frères d’armes

  2. Je suis très émue par cette belle cérémonie. Mon frère était lui aussi sur l’intervention. Je pense très fort aux proches des deux pompiers décédés au moment de l’explosion. Une pensée pour tous les sapeurs pompiers de Paris ainsi que tous les pompiers de France qui risquent leurs vies chaque jour pour saver celle des autres. Une pensée à vous tous qui voyez des « frères » disparaître. Une pensée aux familles des victimes.

  3. Magnifique hommage , Ancien de la Brigade et ancien dans l’âge j’ai la larme à l’oeil ! Je partage cet instant de douleur mais aussi de joie du Devoir accompli malgré cet ultime sacrifice ! Je pense bien eux et à leurs proches ! Affectueusement

    Caporal Chef LOUIS Jean Marcel 27 ème Compagnie ( 1969 à 1975 )

  4. Je sors de mon silence 3 mois après. Je suis la maman de Océane la compagne de Nathanaël. Je n’aime pas les réseaux sociaux, je n’aime pas écrire. Je garde ma peine en moi mais je veux dire à ma fille que je l’aime et qu’elle est très forte. Je le vois au quotidien et je veux dire à mon petit Nathanaël là-haut dans le ciel que je ne l’oublierai jamais.

CRÉDITS

Images

BSPP - BCOM

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