Parrainage des sous-officiers BSPP 2018

CEREMONIE : Le parrainage des sous-officiers

En 2001, la Brigade a décidé de mettre un accent symbolique sur le passage au grade de sergent et à l’accession dans le groupe des sous-officiers. Depuis 2017, la cérémonie en plusieurs actes débute par une soirée dinatoire avec le général et se poursuit le lendemain avec une prise d’armes et la remise du galon par chacun de leur parrain aux nouveaux sergents. À cette occasion, le général en profite pour décorer certains des sous-officiers. Cette cérémonie veut aussi tisser des liens avec l’histoire de la Brigade en attribuant le nom de promotion à un glorieux sous-officier. Cette année, le sergent Jules Vilette a été mis en avant. Pour aller plus loin dans cette idée, avec le centenaire de l’armistice de la Première guerre mondiale, un hommage a été rendu au clairon Labroche qui fut un des trois sonneurs du « Cessez-le-feu » du 9 novembre 1918. Du haut de la tour d’instruction, la célèbre sonnerie a retentit dans la cour de l’état-major avec toute la solennité et l’émotion qu’elle suscite.

La cérémonie en images

Major Marc Perron :

“j’ai insisté sur l’implication du parrain”

Major Marc Perron

Bonjour Major. Vous êtes Conseiller sous-officier du commandement BSPP. En quoi consiste votre mission et depuis quand ?

J’ai pris mes fonctions en septembre 2017. Mon rôle est un rôle de concertation auprès du commandement. Je prends des gardes de 24 heures en compagnie pour mieux sentir l’ambiance générale et faire remonter les tendances de la base au plus haut niveau de la hiérarchie. Je m’appuie sur mes analyses et ressentis, mais également sur les échanges que j’entretiens en permanence avec les PSO des GRPTS. Notamment, avec les PSO du GSS et EM car l’immersion de 24h00 est plus complexe en environnement hors incendie, appui ou encore formation. Je participe également à de nombreux travaux, tels les GT (optimisation parcours sous-officiers, harcèlement…). C’est un canal à double sens de circulation : du bas vers le haut, mais aussi du haut vers le bas pour une bonne compréhension des enjeux.

Quels sont les domaines privilégiés ?

Les sujets sur lesquels je peux être sollicité touchent tous les domaines de l’institution. Je dois être en mesure d’apporter une réponse rapide et précise. Je considère aussi cette fonction comme étant une force de proposition. Cette fonction s’étend au-delà du périmètre de la Brigade. Il s’agit de se faire connaitre et reconnaitre au sein de l’armée de terre par exemple. Nous participons à de nombreuses manifestations de concertation, notamment les JPSO de ST MAIXENT ou encore de la DRHAT. Je participe aussi à entretenir le lien avec nos anciens.

Cela ne doit pas toujours être simple…

Non, en effet. Pendant les premiers mois, la fonction a suscité une certaine méfiance. Je pouvais être perçu comme « l’œil de Moscou ». Puis l’intelligence des hommes et femmes qui composent nos effectifs a fait son travail. J’ai utilisé toutes les occasions pour me faire connaitre ainsi que mon rôle. Nous avons pu en peu de temps, structurer la chaine de concertation et délimiter les prérogatives du conseiller catégoriel et celles des PSO. Quand le commandement me demande des tendances sur l’emploi ou sur les attentes, je dois pouvoir y répondre avec précision. Quand un problème se pose, je dois livrer un bon diagnostic pour que l’on puisse y appliquer le bon remède. Ce n’est pas toujours simple, mais très enrichissant. J’ajoute, que mon travail consiste à capter des sujets d’ordre collectif. Très rarement une situation individuelle, qui elle, reste dans le champs d’action du PSO du groupement.

Parmi vos missions principales, vous devez organiser la cérémonie de promotion des sous-officiers. Que représente ce moment pour vous ?

Un moment très fort. Le passage vers les sous-officiers est assez difficile et il n’y a pas de recette. Dans ce métier, l’inertie est constante et peut parfois s’accélérer. Tout va très vite. Et, les attentes du commandement sont fortes. C’est pourquoi, j’ai tenu à ce que nos jeunes sous-officiers soient conseillés et guidés par un système de parrainage avec des critères précis. Ceux-ci sont obligatoirement du niveau de formation supérieurs, au minimum, titulaires du certificat de chef de garde d’incendie. J’ai également insisté sur l’implication du parrain dans le suivi, l’intégration et l’éducation du jeune sergent.

Comment sont désignés les parrains ?

Une fois les critères établis, ce sont les filleuls qui les choisissent. Sur la dernière promotion, cela représente plus de 90% de parrains choisis. Ils voient en eux un modèle, un exemple à suivre et cela me semble fondamental d’avoir ces repères pour se construire professionnellement. Les parrains, quant à eux, ont la responsabilité de les aider à trouver le bon positionnement vis-à-vis des subordonnés mais aussi vis-à-vis des chefs. On peut lire dans la définition du parrainage, qu’il s’agit d’un engagement mutuel pour suivre des règles d’intégration dans une communauté…

Que peut apporter le filleul à son parrain ?

Le jeune sergent représente la réalité du terrain et l’actualité du moment. Il nous aide aussi à comprendre la jeunesse d’aujourd’hui, à nous remettre en cause face à nos idées reçues ou encore nos certitudes.

Quels sont les moments forts de cette séquence de promotion ?

Tout à commencé en juin, le 28 précisément, avec la proclamation des résultats du CT1 SP. L’ensemble des PSO de chaque groupement ont participé à la lecture des résultats et du classement. Alternativement, chacun a pu appeler dans l’ordre du classement les sous-officiers ayant réussi. Une façon plus personnalisée de les accueillir dès le premier jour. Cela a également permis aux nouveaux venus d’identifier leur président de catégorie. Pour ma part, j’ai procédé à l’appel des 3 premiers, avec la remise d’un « coins » par le Général.

Dans notre métier, l’adhésion forte des conjoints ou des parents est fondamentale.

Ensuite, il y a le contact avec le chef…

Tout-à-fait. La veille de la cérémonie, à partir de 18 heures et jusqu’à 23H00, le général prend le temps d’être avec eux. Nous essayons de favoriser l’échange en les faisant travailler en groupes en amont sur des sujets de réflexions qui collent à l’actualité, comme la place de la femme dans l’institution, la pression opérationnelle ou encore l’attrition et la fidélisation. Les compagnies métiers étaient aussi représentées puisque nous avions huit jeunes sous-officiers spécialistes. Ils ont eu l’occasion de présenter un sujet propre à leur domaine. Un membre de chaque groupe vient restituer le fruit de leur réflexion sur une dizaine de minutes pour ensuite ouvrir sur des échanges qui peuvent être contradictoires.

Les propos n’y sont pas trop attendus ?

Au premier abord, on peut avoir un sentiment de réflexion très convenue. L’exercice est difficile car les jeunes sous-officiers sont toujours très impressionnés face au chef. Cependant, la présence des PSO à cette séquence permet de les bousculer un peu dans leurs certitudes. Nous les poussons dans leurs retranchements afin d’avoir un maximum de spontanéité et qu’ils expriment au mieux leurs ressentis. Bien évidemment, cela exige beaucoup de pédagogie, le but n’étant surtout pas de les mettre en difficulté. Je pense sincèrement que ces échanges lèvent des inquiétudes et des doutes. Pour cette année, des intervenants extérieurs se sont associés à ces échanges : référent mixité, DRH GSS, cadre du DEI de Vincennes. Leur intervention a permis d’apporter un éclairage très précis sur les sujets abordés. C’est aussi pour nous, les plus anciens, l’occasion de leur témoigner notre confiance, notre fierté de les accueillir dans le corps des sous-officiers et de leur transmettre ce capital « expérience ». Cela doit permettre aussi de les éloigner des idées reçues.

Quel genre d’idées ?

Par exemple, l’an passé, nous avions déjà traité du sujet de l’attrition. En tant que nouveaux sergents, ils seront tous au contact des nouvelles recrues. Il est donc assez instructif de scruter leur position et c’est intéressant de constater que depuis l’année dernière, les choses évoluent positivement vers un comportement encore plus adapté vis-à-vis de nos jeunes. L’intervention de l’ADJ du DEI de Vincennes a suscité un très grand intérêt, avec une photographie des générations X, Y et Z. Chacun a pu s’identifier dans la salle à travers les X et les Y… et chacun a pu comprendre quels étaient les marquants de cette génération Z qui gagne nos rangs. C’est aussi pour le chef, un canal de perception privilégié de sphères où il n’évolue pas au jour le jour et un signe de considération important à leur égard.

Le lendemain ?

Cette année, la cérémonie a revêtu un caractère singulier, puisqu’elle se combinait avec le centenaire de l’armistice 1918. En plus du nom de promotion « Grande Guerre, Sergent Jules VILETTE », nous avons pu nous procurer (ONACVG) le clairon originel du « cessez le feu » du soldat LABROCHE qui a été sonné durant la cérémonie par un musicien de la Brigade, positionné dans la tour d’instruction. Par ailleurs, la présence en très grand nombre des familles, montre toute la symbolique et le sens de ce parrainage. Je crois que dans notre métier et notre engagement, l’adhésion forte des conjoints ou des parents est fondamentale. De plus, et même si nous sommes sur un moment très officiel, nous avons souhaité garder un peu de convivialité et d’intimité pour les filleuls et leurs parrains ainsi que les familles. D’ailleurs, l’ensemble se termine aux alentours de 12 h 45 pour permettre aux parrains d’inviter leur filleul au restaurant par exemple.

Un histoire de clairon

Le cessez-le feu du 9 novembre 1918

Georges Labroche

Georges LABROCHE voit le jour le 22 avril 1896 à Chaligny, ville située à proximité de Nancy. A 20 ans, il est incorporé en 1916. Du 10 août 1916 à juin 1917, il appartient au 2e BCP puis de juin 1917 au 26 août 1919 au 19e BCP.

En 1918, le clairon LABROCHE est de la 1ere compagnie du 19e bataillon de chasseurs à pieds, jumelé avec le 171e bataillon d’infanterie. Ces deux unités sont inscrites dans la 166e division d’infanterie commandée par le général CABAUD.

Le cessez le feu du 9 novembre 1918

Dans la nuit du 8 au 9 novembre les allemands reculent ce qui fait le 9 au matin le 19e BCP se trouve à Wignehies puis à Fourmies vers 11 heures. La population accueille avec une grande joie ses libérateurs. Les familles sortent des caves ou elles s’étaient cachées. Le soldat LABROCHE est pris par le bras par une dame et l’emmène alors prendre un café, ou plutôt une décoction de fèves grillées, boisson chaude grandement apprécié par le soldat, pouvant ainsi se réchauffer.

Les plénipotentiaires Allemands encore bloqués dans les lignes françaises, arrivent eux aussi à Fourmies à 14 heures. Le maréchal FOCH a ordonné que le passage se fasse coûte que coûte aujourd’hui.

Les officiers Français et Allemands cherchent quel chemin emprunter afin de rallier les lignes ennemies. Après de multiples échanges en regardant la carte et écoutant les rapports, il est alors décidé que le seul chemin possible est de passer par Ohain afin de rallier Trélon. Ce trajet représente 12 kilomètres.

C’est alors que le sergent-fourrier LHOMME cherche le seul clairon présent : LABROCHE.

Il m’enguela parce que précisent, il me cherchait depuis un quart d’heure.

Je me suis fait enguirlander par notre capitaine, et ma foi, je suis monté dans l’auto à coté du chauffeur boche, sans savoir exactement où j’allais. J’ai laissé mon sac, mon fusil sur le trottoir, on m’a collé un drapeau blanc dans la main (son clairon dans une autre main afin de sonner sans arrêt le cessez le feu) et pendant que les officiers d’état-major Français s’installaient avec les fritz, nous sommes partis 

Anecdote que relève par la suite le clairon LABROCHE, c’est la première fois qu’il monte dans une voiture de luxe.

Les officiers derrière LABROCHE sont les capitaines Le LAY et HELLDORF. Il n’apprend l’identité du capitaine français que bien plus tard à la fin des années 1930.

Le cortège se compose d’une première voiture allemande qui doit se rendre jusqu’à Spa et d’une seconde française afin de retourner vers Fourmies une fois la mission faite.

Du fait des dégâts sur la route – un train de munition allemand a sauté en gare de Fourmies faisant volé en éclat les vitres des alentours – et des tirs, les voitures roulent très lentement, mais parviennent à prendre la route direction Trelon.

A la sortie de Fourmies, alors que j’exécutais les sonneries et que avançions lentement un soldat Allemand courait à notre rencontre. C’était un nommé TREUILLAUD de Château-Salins, originaire par conséquent de la Lorraine annexée, qui venait nous prévenir que les ponts allaient sauter. Nous l’avons gardé huit jours à la compagnie, habillé en chasseur et il est retourné directement chez lui, bien avant nous le veinard. Ce qui signifie cette « recrue » est le premier soldat démobilisé de l’armée impériale.

En dépit des multiples embûches, les voitures avancent péniblement. Sur le chemin, les civils Français voyant Georges LABROCHE dans la première voiture laissent éclater leur joie, mais pour une courte durée car ils aperçoivent tout aussi vite les uniformes allemands.

Après maintes péripéties, nous atteignons Ohain puis Trélon. Nous avons dépassé nos premières lignes, mais nous ignorons à combien nous sommes de celles des Allemands. La contrée est propice aux embuscades, les haies y sont nombreuses. Étant devant avec le chauffeur allemand, je suis aux premières loges en cas de coup dur. Mes “coups de langue” redoublent.

En même temps que se poursuit le périple, un motocycliste français est envoyé à leur recherche afin de retrouver von HELLDORF, de le ramener au terrain d’aviation de Cupilly et de le faire monter dans un avion. Il ne retrouve pas les voitures.

Bref, nous avançons de plus en plus sur la route Trélon-Macon (Belgique). Nous dépassons un carrefour à 1 500 mètres au sud de Wallers-Trélon, ayant sur notre droite un poteau indiquant la frontière belge à moins de 500 mètres. Cent mètres après, nous stoppons. La route est coupée par une tranchée volontairement faite. Nous inspectons les lieux – le temps de nous repérer – quand un cycliste allemand apparaît au haut d’une crête et dévale vers nous.”

Le capitaine von HELLDORF échange quelques minutes avec cette estafette et décide alors de prendre un autre chemin. Peu après, les voitures arrivent à un avant poste allemand ou un

jeune officier allemand du nom de Hermann KIMMEL, arrête les parlementaires et les met en joue sous la menace de son revolver, tandis que son unité tire à la mitrailleuse sur des avions français qui survolent l’endroit. HELLDORF se fait alors connaître et ordonne aux soldats de baisser leurs armes.

En 1939, Monsieur KIMMEL a connaissance des articles de journaux relatifs à Monsieur LABROCHE et confirme sa version des faits, avec quelques nuances : je n’ai pas par exemple, à l’arrivée de l’auto, menacé ses occupants de mon revolver, mais il est fort possible que von HELLDORF m’ait demandé de ne pas arrêter l’auto. J’avais dans ma compagnie un assez grand nombre de jeunes recrues et une bêtise pouvait vite arriver

Après avoir pris position sur le marchepied de la voiture, tout en gardant la main à coté de son étui revolver, l’officier allemand poursuit la route avec les plénipotentiaires. Les voitures peuvent alors reprendre la route direction Wallers-Trelon alors détenu par un bataillon allemand. Ils arrivent à destination vers 14h20.

L’entrée du site est défendue par une mitrailleuse mise en batterie. La sentinelle, d’un régiment de uhlan se présente et salue de sa lance les officiers.

Une compagnie du 107e régiment d’infanterie saxon est prévenue et rend ensuite les honneurs à la délégation.

Ironie de l’histoire, en septembre 1940, une voiture allemande avec à son bord un officier et son chauffeur s’arrête devant la maison de monsieur LABROCHE. La personne qui en descend est Hermann KIMMEL. Ces deux témoins de la journée du 9 novembre sont par la suite restés en contact, jusqu’au décès du docteur KIMMEL dans les années 50.

Alors que les deux officiers plénipotentiaires ont rejoint un groupe de 8 officiers, Georges LABROCHE reste seul mais pour peu de temps.

“Deux cents boches sortent d’une grange, entourent l’auto et tout joyeux me parlent. J’entends “Krieg fertig, Krieg fertig”. Je ne sais pas ce que ça signifie. Je leur réponds par l’unique mot d’allemand que je connaisse : “ja, ja”. On m’apprit plus tard que ça se traduisait par “guerre finie”. Si ça avait été autre chose, c’eût été le même tabac. Ce qui m’a fait le plus plaisir, c’est que là où nous étions arrêtés, une femme est venue m’offrir une tasse de café bien chaud et un bouquet de dahlias avec des faveurs tricolores et ça, devant tous les fritz. Et eux m’ont donné des cigares. J’en avais plein mes cartouchières.

Monsieur KIMMEL précise qu’effectivement des soldats sont bien sortis des granges, mais qu’il s’agit tout au plus de 50 à 60 personnes.

Que sont devenues par la suite ces faveurs tricolores ? Monsieur LABROCHE les envoya le 11 novembre 1918 à sa fiancée dans une lettre où il lui raconte son périple. A l’époque, la future Madame LABROCHE travaille chez un photographe et personne n’est informé de ses fiançailles. Elle a caché ces souvenirs entre deux négatifs, les oublia quelques temps. Son employeur sans la prévenir a vendu ces négatifs à ces clients de Strasbourg et les faveurs ont ainsi disparu.

Après cet arrêt d’une heure trente, la voiture de Von HELLDORF se dirige vers SPA et celle du capitaine LE LAY rejoint les lignes françaises.

On repasse les lignes allemandes sans un coup de fusil, je sonne toujours de mon clairon. Ce serait trop bête de recevoir une balle française.

Sur le chemin du retour, ils sont arrêtés par une patrouille du 2e chasseur d’Afrique qui n’a pas conscience d’être à un kilomètre des lignes allemandes.

Quand les soldats français retrouvent des civils à Trélon, la population est en liesse et leur offre un verre de porto, d’une bouteille qui a échappé aux 4 ans de guerre.

A leur arrivée à Fourmies les français ont compris que la mission est un succès. Les soldats se précipitent sur Georges LABROCHE afin de le remercier et d’avoir un morceau de ce drapeau blanc. Notre héro arrive péniblement à en conserver un morceau grand comme la paume d’une main.

Aucune distinction honorifique ne sera donnée à ce soldat pour ses actes lors de cette journée.

Le commandant DUCORNEZ lui dit tout simplement : Mais, mon petit, tu n’as été qu’en mission ! Estime-toi heureux de t’en être tiré à si bon compte.

En revanche, le capitaine LE LAY a bien conscience de l’importance de cette journée : Mon petit chasseur, es tu content ? Tu es le seul de l’armée française à avoir eu cet honneur-là.

Monsieur LABROCHE attend l’année 1938 afin de recevoir un papier certifiant sa participation à cette journée historique, grâce à sa rencontre avec le journaliste.

Le chef de bataillon LE LAY qualifie ainsi le clairon LABROCHE : un brave chasseur de la classe 16. Je n’ai jamais vu un poilu savourant avec plus de délectation la vie, lorsque dans la voiture qui nous ramenait, il tirait à bouffées puissantes sur l’un de ces cigares que les Allemands lui avaient offerts.

Lui-même possède une seule reconnaissance de cette journée, une attestation signée du capitaine Von HELLDORF : Le capitaine LE LAY m’a reconduit dans le lignes allemands le 9 novembre 18, à 14h20.

Il entend réparer cette erreur envers l’ancien poilu et fournit le document suivant :

Le capitaine Marcel LE LAY, de l’état-major de la 166e D.I. (3e bureau), certifie que le clairon LABROCHE Georges, de la 1ere compagnie du 19e B.C.P. dans la matinée du 9 novembre 1918, a pris place, à Fourmies (Nord), dans la voiture du G.Q.G. allemand, conduisant le capitaine Von HELLDORF, chargé de porter à SPA les conditions de l’armistice.

Sous la protection du clairon LABROCHE, sonnant à intervalles réguliers, les voitures ont pu atteindre après beaucoup de difficultés, en traversant l’interligne, le hameau de Wallers-Trélon (près de la route de Chimay), ou se trouvait, un bataillon allemand vers 15H.

Le capitaine allemand Von HELLDORF continua sa route dans les lignes allemandes.

La voiture qui suivait ramena alors le clairon LABROCHE à Fourmies, malgré de nouvelles difficultés rencontrées le 9 novembre1918 (carrefours et pont sautés)

Ses émotions passées, le clairon apprend que son unité est à Pont-Baudet, soit à 1 km au sud de Ohain. Il doit donc faire demi tour ! Il récupère son barda, son fusil et finit la guerre à Bruxelles.

De nombreux souvenirs de ces journées sont encore dans des collections privées.

Les descendants d’un officier détiennent un grand morceau du drapeau blanc.

L’association « Ceux de Verdun », garde des archives et objets des capitaines LE LAY, von HELLDORF et du journaliste.

Enfin, la famille LABROCHE détient le casque, le cor de chasse, les articles de presse ou Monsieur Georges LABROCHE, relate ces journées et surtout le clairon.

Ce clairon a été authentifié par un spécialiste mandaté par le musée de l’armée.

 

Nota : Les informations proviennent des interviews donnés par Monsieur LABROCHE en 1938 au journaliste Robert LEMAIRE pour le journal « L’Ancien Combattant » mais aussi des notes de Messieurs LE LAY et KIMMEL.

2 commentaires

  1. Belle decouverte à propos de ce clairon. Quant à la promotion de sous-officiers belle poursuite d’une excellente initiative. Le corps des “souzoffs” est primordial pour notre belle unité. bon vent aux nouveaux nommés.
    ex major et ex PSO du GFIS.

  2. Heureux de découvrir le récit du soldat Labroche.Merçi de l’avoir diffusé.

CRÉDITS

Interview : propos recueillis par Harry Couvin

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