ERP : Moyens de secours et de désenfumage

Poursuivant nos sujets sur les établissements recevant du public (ERP), nous faisons aujourd'hui, le tour d'un certain nombre de moyens visant à y assurer la sécurité des personnes et la sauvegarde des biens. Outre la conception, l’isolement, la résistance au feu ou encore les dégagements, deux autres domaines intéressent particulièrement les sapeurs-pompiers lors d’une intervention : le désenfumage et les moyens de secours mis en place.

« Les bâtiments et les locaux où sont installés les établissements recevant du public (ERP) doivent être construits de manière à permettre l’évacuation rapide et en bon ordre de la totalité des occupants. Ils doivent avoir une ou plusieurs façades en bordure de voies, ou d’espaces libres permettant l’évacuation du public, l’accès et la mise en service des moyens de secours et de lutte contre l’incendie. » De ce principe énoncé par l’article 123-4 du Code de construction et de l’habitation, découlent les mesures visant à assurer la sécurité de tous.

Les moyens d’extinction

En premier lieu et facilement accessibles aussi bien par les pompiers que les occupants, les différents moyens d’extinction doivent être judicieusement répartis. En fonction de la nature et de la taille de l’ERP, il est prévu de choisir parmi les moyens suivants :

Le robinet d’incendie armé (RIA)

ERP RIA

La composition, les caractéristiques hydrauliques et l’installation des RIA doivent être conformes à certaines normes :
– Diamètre nominal : 19/6 ou 25/8 ou 33/12.
- Tuyau semi-rigide de 20 ou 30 mètres.
– Un robinet diffuseur à 3 positions.
– Numéroté en une série un ique.
- Placé à l’intérieur du bâtiment et le plus proche des locaux à défendre à une hauteur comprise entre 1,20 mètres et 1,80 mètres.
– Le nombre et le choix de l’emplacement doivent être tels que toute la surface à défendre soit atteinte efficacement.
- Si le RIA est placé dans une armoire ou un coffret, il doit être signalé et non condamné.
- Toujours alimenté par de l’eau sous pression à 2,5 bars minimum et 4,5 au maximum.

L’installation d’extinction automatique de type « sprinkler »

Il s’agit là d’un système implanté en réseau, dans les plafonds d’un ou plusieurs locaux permettant l’extinction d’un début de feu. Il surveille en permanence le risque et donne l’alarme en cas de fonctionnement. Alimentés par le réseau d’eau public, un réservoir ou une source dite inépuisable (au moins une heure d’autonomie), les pompes ou les surpresseurs doivent répondre eux aussi aux normes en vigueur. Le « poste de contrôle », véritable centre névralgiquo-technique permet, quant à lui, de gérer ce réseau et d’effectuer les tests hebdomadaires.
En fonction des risques à défendre, différentes installations peuvent être mises en service : à eau, à gaz, à poudre ou encore à mousse ; la plus répandue étant l’installation à eau. Mais au sein même de ce dernier type d’extinction, plusieurs technologies permettent la mise en eau.

ERP : Sprinklers
ERP

Les colonnes sèches

Des colonnes sèches doivent être installées dans les établissements, dès lors que des locaux à risques importants sont aménagés dans les étages, dont le plancher bas est à plus de dix-huit mètres du niveau de la voie accessible aux engins des sapeurs-pompiers. Leurs raccords d’alimentation sont placés dans des zones facilement atteignables et sur la façade la plus proche des bouches (BI) ou poteaux d’incendie (PI). Une distance maximale entre ces BI/PI et les raccords d’alimentation de 60 mètres est obligatoirement respectée. La pancarte qui les signale doit indiquer l’escalier ou le dispositif d’accès desservi.
Il est enfin à noter qu’au sein de certains ERP, des colonnes humides (en charge) sont imposées. Dans ce cas, le dispositif d’alimentation assure en permanence et à tout niveau, un débit de 60 m3 durant au moins une heure, sous une pression comprise entre 4,5 et 8,5 bars.

En complément, de nombreux autres moyens d’extinction peuvent être installés, à l’instar des déversoirs ponctuels, des éléments de construction irrigués, des appareils mobiles (extincteurs), et divers autres matériels, tels que le sable ou les couvertures ignifugées.

ERP colonne seche

Colonne sèche

Les dispositions et matériels visant à faciliter l’action des sapeurs-pompiers

Un plan schématique sous forme de pancarte inaltérable doit être apposé à chaque entrée de l’établissement. Il possède obligatoirement les caractéristiques des plans d’intervention définies par la norme NFS60-403 et représente au minimum, les sous-sols, le rez-de-chaussée, chaque étage ou l’étage courant de l’établissement.
Outre les cloisonnements et les dégagements principaux, les secours doivent également facilement identifier l’emplacement des locaux techniques et à risques particuliers, les dispositifs de sécurité, les organes de coupure de fluides, ainsi que des sources d’énergie, et enfin, les moyens d’extinction fixes et d’alarme.
Pour faciliter les sauvetages et l’extinction, des balcons, des passerelles, ou des échelles peuvent être exigés afin d’accéder aux locaux peu ou prou dégagés. Des tours d’incendie, caractérisées par des escaliers protégés et aisément accessibles depuis l’extérieur permettent quant à elles d’atteindre directement les étages, sans être touchés par les fumées et la chaleur. À l’inverse, les trémies pratiquées dans les planchers facilitent l’attaque des feux en sous-sol. Ces dernières, distantes de vingt mètres environ, doivent mesurer 60 centimètres de côté ou de diamètre.

Le système de sécurité incendie (SSI)

Le SSI d’un établissement est constitué de l’ensemble des matériels servant à collecter toutes les informations liées à la seule sécurité incendie, à les traiter et à effectuer les fonctions nécessaires à la mise en sécurité de l’établissement.
Cette mise en sécurité peut comporter les fonctions suivantes :
– le compartimentage ;
– l’évacuation des personnes ;
– le désenfumage ;
– l’extinction automatique ;
– la mise à l’arrêt de certaines installations techniques.
Il existe cinq catégories de SSI classées par ordre décroissant de sévérité, nommées A, B, C, D et E.
Le SSI de catégorie A, le plus complet, impose la présence de personnel qualifié, dédié à la seule sécurité incendie. Il est obligatoire en fonction de la catégorie et du type d’établissement. L’infographie « généraliste », ci-dessous laisse entrevoir le fonctionnement et l’efficacité d’un tel système :

ERP

Le désenfumage

Bien avant les flammes, l’une des premières causes de mortalité en cas d’incendie reste bien l’intoxication aux fumées. Il est donc intégré que la réglementation en vigueur s’attarde précisément sur ce risque et notamment les moyens de limiter, voire supprimer la présence de fumées au sein de certaines zones d’un ERP. En ce sens, les différentes méthodes et techniques préconisées permettent d’assurer la mise à l’abri ou l’extraction de fumées dans les escaliers, le désenfumage des circulations horizontales, ainsi que des locaux accessibles au public.
Il existe deux techniques majeures :
– le désenfumage naturel ;
– le désenfumage mécanique.

Plus que le choix retenu, c’est bien l’efficacité et l’atteinte des résultats demandés qui priment. Lors du contrôle des commissions de sécurité, une mise en action, accompagnée de relevés chiffrés précis est systématiquement demandée.

Le désenfumage naturel

ERP Désenfumage naturel

Le désenfumage par tirage naturel est réalisé par des évacuations de fumées et des amenées d’air naturelles, communiquant soit directement, soit au moyen de conduits avec l’extérieur. Elles sont disposées de manière à assurer un balayage satisfaisant du volume concerné. Les évacuations sont réalisées par des ouvrants en façade, des exutoires ou encore des bouches d’aération, tandis que les amenées d’air ont pour origine des escaliers non encloisonnés, des portes de locaux donnant sur l’extérieur, mais aussi des volumes pouvant être largement aérés, ainsi que des bouches ou des ouvrants en façade.
Il est à noter que certains équipements concourant à la mise en œuvre du désenfumage peuvent ou doivent être commandés par une action manuelle, via les déclencheurs manuels (DM), situés à proximité immédiate de l’équipement, ou centralisé sur le CMSI au niveau du poste central de sécurité, lorsqu’un SSI de catégorie A ou B est imposé.

Le désenfumage mécanique

Il est assuré par des extractions mécaniques, via des ventilateurs et des amenées d’air naturelles ou mécaniques (ventilateurs de soufflage). Le balayage réalisé peut être complété par une mise en surpression relative des espaces à mettre à l’abri des fumées.
Les dispositifs de commande respectent les mêmes règles que celles concernant le désenfumage naturel. En outre, ils doivent assurer la mise en route des ventilateurs, avec une temporisation de 30 secondes, permettant le fonctionnement des volets et des portes.
Pour aller plus loin, voir l’arrêté du 22 mars 2004 sur les dispositions relatives au désenfumage.

Et vous voulez en savoir plus sur les ERP n’hésitez à lire ou relire notre dossier...

ERP Désenfumage mécanique

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3 commentaires

  1. Bravo et merci pour vos articles. C’est clair, précis et concis.
    Je suis SSIAP 2 et je travaille dans un C.H. donc vos articles confirment bien la réalité et parfois la complexité de la sécurité incendie.

    Bien cordialement.
    Hervé

  2. Merci pour ce commentaire. N’hésitez pas à le partager sur vos réseaux sociaux et faire connaître notre appli Allo 18 pour smartphone.
    Bien cordialement.

  3. bon document

CRÉDITS

Texte : CCH Ludovic Rosenstein. Illustrations : DR. Photos BSPP

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