LVV Pole pompiers du XXIe siecle

GRAND FORMAT : LVV, le pôle pompier du XXIe siècle

Moderne, spacieux, fonctionnel et ergonomique, le site de Limeil-Brévannes, Valenton, Villeneuve-Saint-Georges (LVV) a pour vocation de devenir le pôle pompier incontournable de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris. Depuis son acquisition et les premiers travaux, conduits par la préfecture de Police, l’installation stratégique de plusieurs bureaux et compagnies a confirmé son rôle de base logistique essentielle. Tourné vers l’avenir, LVV prépare son prochain chantier : devenir l’unique centre de formation des pompiers de Paris tout en accueillant d’autres entités du soutien. Pour répondre aux enjeux de la prochaine décennie, la superstructure sera un atout de poids pour les soldats du feu. Découvrez son fonctionnement actuel, ses projets de demain et ses perspectives pour l’avenir.

Hier et aujourd’hui : la genèse du site

Pendant plusieurs décennies, les sous-sols de la caserne de Masséna remplirent le rôle de principal espace de stockage pour la BSPP. Face aux problématiques de sécurité, il fut ensuite nécessaire de déménager et de trouver un nouvel entrepôt. En 2002, la Brigade et le service des affaires immobilières (SAI) de la Préfecture de Police (PP) lancent les recherches. Rapidement, les perspectives évoluent, le commandement souhaiter exploiter au mieux cette opportunité. « Nous prévoyions de créer une nouvelle base logistique pour réunir les entités de soutien, parfois dispersées et aux locaux souvent inadaptés » explique le lieutenant-colonel Rémi Chavanne, chef de corps du groupement de soutien et de secours (GSS). « Mais déjà à l’époque, nous songions à un nouveau centre de formation pour quitter les deux forts coûteux et vieillissants : Villeneuve-Saint-Georges pour la formation initiale et Saint-Denis pour la formation des cadres. »

C’est en 2006 que la PP et la BSPP acquièrent, enfin, une zone de quatorze hectares : LVV. Appartenant à l’origine au Commissariat à l’énergie atomique (CEA), cet acronyme désigne un site situé à la jonction des communes de Limeil-Brévannes, Valenton et Villeneuve-Saint-Georges. Les travaux commencent sur un terrain en friche et progressivement, les bâtiments, vastes et surtout adaptés, sortent de terre. « LVV est un projet à 120 millions d’euros, dont sept millions pour la viabilisation et sept millions pour la restauration » précise Thomas Mieudonnet, chargé du projet LVV pour le bureau soutien de l’infrastructure (BSI). En 2014, les premières entités s’installent sur le nouveau site. Aujourd’hui, l’objectif de création d’une base logistique est atteint et LVV accueille 300 pompiers de Paris judicieusement répartis en six entités.

LVV Pole pompiers du XXIe siecle

Un centre névralgique

Le bureau soutien de l’infrastructure (BSI), concepteur et réalisateur des grandes opérations d’infrastructure, contrôle de nombreux secteurs tels que : le patrimoine, l’hébergement, la maintenance, ainsi que la gestion des fluides et de l’energie. Le BSI a joué un rôle essentiel dans l’implantation actuelle et future du site de LVV. Exécutante directe du BSI, la compagnie de soutien de l’infrastructure (CSI) représente le couteau-suisse du GSS grâce à la variété de ses spécialisations : chauffagiste, menuisier, serrurier ou encore couvreur. Elle assure également des astreintes de dépannage et participe aux évènements exceptionnels, en armant les véhicules d’intervention grandes intempéries (VIGI).

Également implanté sur place, le bureau soutien de l’homme (BSH). Il élabore et détermine la politique d’habillement et d’ameublement de toute la Brigade. Ses prérogatives incluent aussi le couchage, le campement, les moyens généraux et le traitement des déchets. Concepteur des différentes tenues (voir notre article sur la tenue de feu, page 54), il suit les évolutions techniques auprès des professionnels de la filière textile et s’enquiert des nouvelles directives européennes. Il travaille en cohérence avec les règles relatives au port de l’uniforme dans l’armée de Terre. Côté exécution, la compagnie de soutiens communs (CSC) entrepose les stocks d’habillement et les magasins de la Brigade. Elle assure la logistique et gère la dotation de chaque personnel. Avec sa section transport, elle est chargée d’assurer la livraison de tous les habits sur le secteur.
Pour la partie santé, un bureau pharmacie et ingénierie biomédicale ravitaille tous les centres de secours en produits de soins, médicaments, dispositifs et gaz médicaux. Il assure leur gestion et leur suivi. Responsable du contrôle des matériels en dotation dans les engins et les centres médicaux, il opère en permanence une rétro vigilance, une pharmacovigilance ainsi qu’une matériovigilance. En outre, il gère le budget de fonctionnement et d’investissement de la division santé.

Enfin, la cellule d’instruction élémentaire de conduite agréée (CIECA) est seule garante de la formation des conducteurs de la Brigade. Sous l’autorité de la compagnie de formation no2 du groupement de formation d’instruction et de secours, elle délivre principalement les permis poids lourds et super poids lourds afin d’instruire les futurs conducteurs d’engins. Les permis transport en commun et véhicule léger sont également délivrés. Les demandeurs peuvent aussi obtenir une confirmation moto.

LVV demain : deux centres de formation en un

Une nouvelle ère pour le GFIS

À partir de 2021, l’organisation de la formation des pompiers de Paris sera quelque peu bouleversée ! Et pour cause. Les différentes entités du groupement formation instruction et de secours (GFIS), situées aux forts de Villeneuve-Saint-Georges et Saint-Denis, quitteront progressivement leurs emprises actuelles pour rejoindre le site de LVV. C’est notamment l’occasion, comme le souligne le commandant Gildas Le Coeur, adjoint au chef de corps du GFIS et actuellement en charge du « dossier LVV » pour son groupement, « de regrouper l’ensemble de la composante instruction sur un site unique, et de doter la BSPP d’un outil de formation adapté au XXIe siècle. »

Un déménagement en plusieurs phases
« Ce sera d’abord le Centre de formation des cadres (CFC) qui se déplacera à LVV, afin de libérer la place à la compagnie des appuis spécialisés (CAS), dont le commandement viendra probablement s’installer au fort de la Briche », précise le commandant. Car le déménagement du CFC, et plus généralement du GFIS, se fera étape par étape. « Sous réserve de l’avancement des travaux à LVV, le peloton d’élève caporaux-chef (PECCH) pourrait être le premier à déménager » poursuit le commandant, « en raison de ses besoins moins importants, en termes d’infrastructures de formation, que le peloton d’élèves caporaux (PEC) ». Le déménagement du PEC est effectivement soumis à la livraison sur LVV du plateau technique incendie, condition sine qua non du bon déroulement de la formation des chefs d’équipes. « Les travaux sont en cours et ne souffrent pour l’instant d’aucun retard », indique le BSI. Concrètement, la majeure partie du CFC devrait avoir déménagée sur le site de LVV à l’été 2021, tandis que la formation initiale et toute sa logistique arriveront du Fort Villeneuve-Saint-George à l’été 2022, une fois le bâtiment d’instruction et la maison de la manœuvre avec ses simulateurs gaz livrés.

LVV devient l’école du pompier de Paris
Avec trois compagnies de formation sur site, LVV va devenir un véritable campus : locaux de vie spacieux et ergonomiques, modules de formation modernes et salles de sport feront le bonheur des futures recrues et stagiaires, comme des encadrants. L’état-major du GFIS monte également en puissance avec la création d’une direction générale de la formation (DGF), composée d’un directeur de la formation, d’une section coordination, d’un groupe qualité ISO et d’une section ingénierie étude prospective, regroupant l’ensemble des référents dans leur domaines de compétences.

Le plateau technique incendie, appelé MEPAR pour module d’entraînement au port de l’appareil respiratoire « permettra de remplacer les caves à fumées, et de manœuvrer dans des conditions de sécurités optimales » indique le commandant Le Coeur. « En cas d’incident ou de problème, l’éclairage et l’extraction des fumées interviennent, en plus des caméras de surveillance. » Cette extraction des fumées est d’ailleurs une des préoccupations du BSI, comme l’explique Thomas Mieudonnet : « des solutions commencent à apparaître pour le traitement des fumées, qui est un sujet d’actualité. »

Sur un plateau abrité par un hangar de 2 500 m², les recrues découvriront une aire de désincarcération reproduisant une autoroute, un simulateur gaz dernier cri, une tour d’instruction, des fosses ainsi qu’une motrice de métro avec son quai et ses organes de sécurité. Une piste normalisée pour la CIECA complétera le site, sans oublier le parc engin, qui sera « optimisé » pour « se rapprocher des unités opérationnelles », conclut le commandant Le Coeur.

Vers l’autonomie en eau !
Un réseau de bouches et poteaux d’incendie (BIPI) en circuit fermé est actuellement en cours de construction sous le site de LVV. Sous pression, il garantira l’autonomie en eau à l’ensemble des recrues et stagiaires en formation, dans le cadre des nombreuses manœuvres nécessaires à l’apprentissage du métier de sapeur-pompier de Paris. Composé d’immenses réservoirs cylindriques et d’un grand bassin pour une capacité totale de l’ordre de 4 000 m3 d’eau, il permettra « de maîtriser la consommation d’eau destinée à l’instruction et d’en limiter le gâchis » indique monsieur Thomas Mieudonnet du BSI, puisque le système « est basé principalement sur la récupération de l’eau, et notamment des eaux de pluies. »

LVV Pole pompiers du XXIe siecle

LVV après-demain : Le futur est en marche (2022)

LVV, futur centre de formation des pompiers de Paris, constitue déjà une solide base logistique avec les six entités du soutien déjà sur place. Il est néanmoins nécessaire de poursuivre sa montée en puissance afin de « désengorger » d’autres sites, comme notamment celui de Saint-Ouen. Localisé dans le premier groupement, le CS STOU requiert d’être développé en raison de la densification opérationnelle sur son secteur : caserne plus grande, créations de bâtiments d’habitation et apport d’engins supplémentaires. Pour procéder à cette transformation, il faut diminuer l’effectif et la surface occupée par le GSS sur les lieux.

La chaîne SIC en mouvement
Actuellement la chaîne fonctionnelle des systèmes d’information et communication (SIC) est basée à Saint-Ouen. Celle-ci comprend le bureau organisation des systèmes d’information (BOSI), la compagnie de télécommunication et informatique (CTI) et la section sécurité des systèmes d’information (SSI). « Pour développer le centre de secours de Saint-Ouen, il faudrait transférer deux tiers de la chaîne SIC à LVV », explique le lieutenant-colonel Chavanne. « Un détachement de la CTI resterait à Saint-Ouen, et celui basé à Champerret serait maintenu en raison de la priorité donnée au soutien du centre opérationnel (CO), mais ces modalités pratiques sont encore à l’étude », poursuit le chef de corps. Le déménagement permettra de compléter l’arsenal des outils de gestion à distance et de renforcer la sécurité des infrastructures de la BSPP. Les actions de soutien de proximité nécessaires à la réactivité opérationnelle seront optimisées pour constituer une réponse adaptée au plan d’action de la transformation numérique de la Brigade.

La chaîne SIC supervise l’ensemble du parc des systèmes d’information Brigade. Le BOSI en est le principal pilote : à la fois gestionnaire, administrateur et opérateur logistique, il coordonne cette organisation. Vient ensuite la CTI, chargée d’assurer le bon fonctionnement du matériel informatique et des télécommunications sur la totalité du secteur Brigade. Entre téléphones, radios et réseaux, la section infrastructure et système garantit une maintenance continue. La section soutien informatique gère la plateforme informatique au quotidien. Pour préserver la chaîne SIC, la SSI est en charge de sa protection.

LVV Pole pompiers du XXIe siecle

Trois questions à ...

Lieutenant-colonel Rémi CHAVANNE

chef de corps du groupement de soutiens et de secours (GSS)

 

Dans quelle mesure le site LVV représente-t-il un enjeu majeur pour la BSPP ?
LVV est un projet d’envergure qui actionne de nombreux rouages de l’Institution. L’objectif majeur étant le rapprochement entre la formation initiale et la formation de nos cadres. À terme, la quasi-intégralité du GFIS sera présente à LVV afin de constituer plus qu’un centre de formation, mais une école à part entière. Ensuite, son pôle logistique concentre déjà plusieurs entités du GSS mais d’autres, dont la chaîne SIC et un détachement de maintenance, viendront à terme s’y installer. Cette centralisation permettra à certaines compagnies de disposer de l’espace occupé actuellement par des entités de soutien, dans un but d’optimisation de la réponse opérationnelle. Je pense notamment au site de Saint-Ouen ou au CFC.

Certains points appellent-ils à une vigilance particulière de la BSPP ?
Nous protégeons LVV contre les intrusions et les vols depuis son acquisition en 2006. Une section, forte de vingt sapeurs, surveille et contrôle les accès. Des travaux conséquents ont été réalisés pour protéger le site : herses anti-intrusion contre les véhicules, barbelés pour lutter contre les vols à pied et matériels de surveillance tels que des caméras ou des systèmes d’illumination composent le dispositif de sécurisation du site.
Nous sommes également attentifs au projet Téléval Cable A : l’implantation d’un téléphérique en Île-de-France passera notamment au-dessus de LVV.

Un mot pour conclure ?
Il faut souligner le contexte inédit auquel la Brigade devra s’adapter prochainement : le projet ambitieux du Grand Paris et les Jeux Olympiques de 2024 représentent des défis majeurs. La sécurité de la capitale ne devra souffrir d’aucune faille. Pour conserver notre niveau de réponse opérationnelle, le site de LVV sera un atout majeur.
Cette base logistique, école du sapeur-pompier militaire sera unique en France, et probablement en Europe : à ma connaissance, il n’y aura pas d’équivalent.

LVV en Chiffres

  • 14 hectares
    120 millions d’euros de budget
    Plus de 10 ans de travaux
    1,4 km d’anciennes galeries souterraines du CEA
    90 couverts au mess +
    280 couverts au réfectoire
    350 lits pour les recrues
    6 lits par chambre
    150 lits pour les cadres
    2 à 4 lits par chambre
    50 lits pour célibataires géographiques
    Plus de 9 000 m² de surface d’instruction sur le bâtiment X4X
    8 sections de recrues
    50 sapeurs par section
    1 200 recrues par an
    24 sections par an
    2 salles de sport : une salle de cardio, une salle musculation & gymnastique
    4 000 m3 d’eau disponibles en circuit fermé !

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Un commentaire

  1. Que deviendra le fort de Villeneuve-Saint-Georges

CRÉDITS

Texte : Redaction Allo 18

Photos : BSPP et DR

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allo18

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