HISTOIRES DE POMPIERS : DES FAITS DIVERS… TOUT L’ÉTÉ (6) — Pompiers bons samaritains

Damien Gre­nèche —  — Modi­fiée le 16 août 2021 à 05 h 52 

Web-série — Contre les vaches, les malfrats, les maîtres-chanteurs, le pompier de Paris peut devenir un bon Samaritain. Celui qui, dans les représentations religieuses et dans le langage courant, cultive « l’amour du prochain ». Mais ici, également un sens un peu excessif de la dévotion envers les Parisiens…

Le 3 novembre 1908, la rou­tine mati­nale des Pari­siens a été quelque peu… bous­cu­lée. André Le Bou­vier tra­verse serei­ne­ment la capi­tale avec ses deux vaches pour les conduire aux abat­toirs de La Vil­lette. Arri­vé au niveau de la place de la Bas­tille, c’est le drame. Il perd le contrôle de la situa­tion au pas­sage du tram­way de la ligne Mont­par­nasse-Bas­tille à proxi­mi­té de ses bêtes. Effrayée par l’imposante machine, une des deux vaches brise sa longe et s’emporte. Et top à la vachette ! Mal­chance pour deux négo­ciants anglais en pleine dis­cus­sion devant la colonne de Juillet. Le rouge de leur appa­rat attire l’animal. La vache furieuse les ren­verse et ter­mine sa course dans le monu­ment. Puis elle repart à la charge. La panique se répand. Les Pari­siens fuient à grandes enjam­bées la place de la Bas­tille. Tous, excep­té le jeune sapeur Ver­nès de la caserne Sévi­gné. Pre­nant son cou­rage à deux mains, il « sai­sit l’animal par les cornes, le jette sur le côté et par­vient à le mai­tri­ser » après avoir été trai­né sur quelques mètres. Olé !

Bilan de l’incident : une bosse au front pour Sir Far­me­lick, des lunettes bri­sées pour Sir Rid­dock, un pan­ta­lon troué pour notre pom­pier toréa­dor, et quelques frayeurs pour les passants.

Pompier au bois de Boulogne

A l’ouest de Paris se trouve l’ancienne forêt de Rou­vray. Repaire de bri­gands au Moyen-Age, refuge pour les condam­nés de la Révo­lu­tion, le Bois de Bou­logne est éga­le­ment un lieu de vil­lé­gia­ture où les voya­geurs se baladent et peuvent faire des ren­contres en tout genre. Comme Paul Grappe (alias Suzanne), héros du roman La Gar­çonne et l’As­sas­sin, et grande figure du Paris « décom­plexé » de cette période de l’entre Deux-Guerre.

Les allées tranquilles du Bois de Boulogne
Les allées du Bois de Bou­logne sont par­fois le théâtre d’ac­ti­vi­tés moins tranquilles.

Les taillis et les buis­sons sont certes com­plices et gar­diens de bien des secrets, mais éga­le­ment le ter­rain de jeu d’un groupe de voyous spé­cia­li­sés dans un type d’agression par­ti­cu­lier : le racket. Cepen­dant, bon nombre de leurs vic­times renon­çaient à por­ter plainte pour des rai­sons évi­dentes. Pour­tant, un soir de juin 1948, en per­mis­sion, le sapeur Gai­ly reçut des menaces et fut invi­té à se débras­ser de son por­te­feuille. Fai­sant face à ses agres­seurs un long moment, il put lors de sa dépo­si­tion entre­prendre une fidèle des­crip­tion du « gang des voyeurs ». Quelques jours plus tard, grâce à la luci­di­té de notre sapeur, les offi­ciers de police purent arrê­ter les mal­frats en train de for­cer des voi­tures sta­tion­nées le long des allées du Bois. Les loups-garous sont tom­bés ; désor­mais, on pour­ra s’aimer en paix dans le Bois de Boulogne !

Course-poursuite sur les toits

Le 3 avril 1884 en début de soi­rée, les sapeurs-pom­piers de la caserne Châ­teau d’Eau sont pré­ve­nus par un concierge de la rue du fau­bourg-Saint-Denis que des voleurs se sont réfu­giés sur les toits. Pour­quoi ne pas avoir appe­lé la police ? Allons donc, les pom­piers sont juste là. Aus­si­tôt un petit groupe sort de la caserne, au pas gym­nas­tique, jusqu’à l’adresse. En sui­vant les indi­ca­tions des Pari­siens pos­tés à leurs fenêtres, ils montent à leur tour sur les toits et donnent la chasse aux cam­brio­leurs à tra­vers les tuiles en ardoise et les tuyaux de che­mi­nées en brique. Proche de leur mettre la main des­sus, un capo­ral glisse et chute lour­de­ment sur un vasis­tas. Gra­ve­ment bles­sé aux bras et jambes, les voleurs pro­fitent de la situa­tion et s’échappent.

Maternité improvisée

Les miracles de la vie n’ont plus aucun mys­tère pour les sapeurs-pom­piers. Tôt dans la jour­née du 2 février 1895, madame Sar­raud se pré­sente devant le poste de ville de la rue Cor­beau. Pour signa­ler un incen­die ? Un acci­dent ? Non. Les dou­leurs qui s’emparent de la future mère ne trompe pas. Elle est sur le point d’accoucher. Aus­si­tôt les sapeurs-pom­piers de garde la font ren­trer et se ruent à son ser­vice. Quelques ins­tants plus tard, et grâce à leur aide, une mer­veilleuse petite fille voit le jour. L’histoire veut que l’un d’entre eux fut dési­gné parrain.


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