Colonel Legendre, père du casque F1

HOMMAGE – Colonel Legendre, père du casque F1

La brigade de sapeurs-pompiers de Paris a appris le décès, ce mardi 31 mars, à 86 ans, du colonel Legendre, ancien chef du bureau études et prospectives (BEP) puis chef de corps du 3e groupement d’incendie et de secours. Il a marqué brillamment de son sceau la Brigade notamment dans le rôle prépondérant qu'il a joué dans la création du désormais légendaire casque F1.

Arrivé en 1975 à la BSPP, il est grièvement blessé à la tête le 7 mars 1979, lors d’une intervention pour fuite de gaz sous trottoir, dans le XVIIe arrondissement de Paris. Il y perd un œil et ses blessures l’accompagnent jusqu’à ses derniers instants. De ce traumatisme est né une véritable obsession : protéger de manière plus efficace la tête des sapeurs-pompiers de Paris sur intervention.

De cette idée tenace surgira cinq ans plus tard une révolution : le casque F1 est né. On connaît aujourd’hui l’importance que ce formidable matériel de protection a pris dans le quotidien des sapeurs-pompiers, tant dans le travail que dans le symbole. Désormais, le fameux casque F1 est une référence en France et dans 80 pays dans le monde.

Aujourd’hui, c’est toute la BSPP qui rend hommage à l’engagement d’un officier qui a tant donné pour son pays et la Brigade. Toutes nos pensées vont vers sa famille.

CPL JB Flye

L'explosion de la place Saint-Ferdinand

Le 7 mars 1979, le LCL Legendre est gravement blessé sur intervention lors d’une explosion. Allo 18 relate ce moment fort de l’histoire de la Brigade.

L'aventure du casque F1

Le Bureau d’Etudes Générales (BEG) en 1978 avec le LCL Legendre à l'extrême gauche

En 1975, le général Ferauge, commandant la Brigade entreprend de profondes réformes et s’appuie dans ce dessein, sur une équipe d’officiers dont le lieutenant-colonel Legendre, ingénieur civil des Mines. Ils sont chargés en particulier de trouver des solutions à certains problèmes de matériel.

Outre certaines modifications apportées dans les équipements, le lieutenant-colonel Legendre œuvre sur une nouvelle doctrine d’emploi des lances à mousse pour l’extinction des grands feux d’hydrocarbures. Il établit à ce titre un constat particulièrement affligeant sur les équipements de protection de tête. Pour lui le casque modèle 33 est loin d’être adapté. Le pare-feu en grillage dit « Vidal » qui se fixe sur le casque est insuffisant et d’un usage très compliqué avec l’appareil respiratoire. Le lieutenant-colonel Legendre souhaite alors lancer une étude sur un nouveau casque mais la période n’est pas propice à la prise d’une telle décision. Nombreux sont ceux qui à la Brigade restent attachés au casque modèle 33. L’affaire est, un temps, « enterrée ».
Gravement blessé le 7 mars 1979  lors d’une explosion de gaz, place Saint Ferdinand (XVIIe arron.) le lieutenant-colonel Legendre expérimente douloureusement la faible  protection qu’offre le casque modèle 33. Prenant la direction du Bureau d’Etudes Générales (BEG) en 1981, il relance son projet de concevoir un nouveau casque. Il est secondé par le capitaine Bersihand, qui effectuera la recherche de toutes les normes, les notices, les cahiers des charges ainsi que les informations diverses portant sur les protections de têtes quelque soient leur origine ou nationalité.

Début 1982, il rencontre fortuitement dans les couloirs de  l’intendance de l’armée de Terre, Adrien Gallet, ingénieur des Arts et Métiers et directeur des établissements Gallet. Cette rencontre va donner l’essor tant attendu à son projet et l’étude sera lancée la même année. A ce titre, les premiers prototypes, sur lesquels sera effectuée une batterie d’essais, sont réalisés en polyuréthane. Il y aura sept séries de prototypes, comptant chacune plusieurs modèles dédiés à différents tests. Finalement le casque F1 sera mis en service progressivement dans les unités opérationnelles à partir de la fin de l’année 1985.
Pour le lieutenant-colonel Legendre, le casque F1 « est beau parce que ses fonctions apparaissent, parce que tout n’est que continuité et utilité dans ses formes, parce qu’il est un outil parfait de protection au service de l’homme et que cela se voit ». Il ajoute même que « C’est le premier équipement de tête véritablement réalisé sur des bases scientifiques, intégrant toutes les protections ». En effet, le casque F1 est une révolution. Seul casque de pompier semi-intégral, il représente le nec plus ultra en matière de protection contre les chocs, le rayonnement et les projections. De plus, l’équipement respiratoire adaptable au casque est une innovation permettant une grande facilité d’utilisation, tout en assurant une meilleure étanchéité.

CNE Emmanuel Ranvoisy

Dessin technique de A.Gallet (23 juillet 1982) © BSPP - BCOM

Le colonel Legendre avant la Brigade

Voici quelques grandes dates de la vie du colonel précisées par sa fille Caroline.

7 février 1934. Naissance de Jacques Legendre à Rouen

8 mai 1945. A 11 ans, il vit la libération de la France et débute alors une scolarité normale.

7 octobre 1953. Après son Bac, il prend la direction de Nîmes pour l’école des sous-officiers de l’artillerie anti-aérienne.

1954. Il rentre au peloton des élèves officiers de réserve (EOR).

2 décembre 1954. Il est affecté au 6e régiment d’artillerie coloniale (6e RAC) en Afrique

Occidentale Française (AOF), débarque à Dakar.

Octobre 1956. Il rentre à l’école de Strasbourg en préparation au concours de Saint Cyr.

Juin 1958. Il sort de Saint Cyr et est affecté à Châlons-sur-Marne à l’école d’application de l’artillerie.

21 janvier 1960. Il embarque à Marseille, direction Oran,

2 novembre 1961. Il doit rejoindre Offenburg en Allemagne aux FFA, il formera le 11e RAB (Régiment d’Artillerie de Brigade).

1965-1966. Il passera par l’école supérieure du Génie à Versailles et obtiendra son diplôme d’ingénieur des travaux publics. 2e de sa promo d’ingénieur de l’école supérieure du Génie. Il est admis directement en 2e année à l’école des Mines de Nancy.

Le capitaine Legendre est muté à Angers (EAG) pour commander la division de formation des élèves sous-officiers d’active.

Été 1970. Direction Paris où il terminera son Brevet technique, en suivant les cours à l’école d’état-major et de l’école de Guerre.

1971. Il est affecté à la direction des travaux du Génie de Paris pour occuper un poste d’Architecte. Il travaille alors sur les travaux de rénovation de l’hôpital Bégin et sur le projet du nouvel hôpital du Val-de-Grâce.

1er septembre 1975. Il rejoint la brigade de sapeurs-pompiers de Paris.

Prise de commandement du 3e Groupement dans Allo 18

Dans quelques semaines, vous pourrez retrouver un grand format sur le casque F1, de sa conception à sa fabrication.

Alors restez connectés !

à lire aussi :

6 commentaires

  1. Un soldat d honneur

  2. Respect pour cet homme qui consacrera sa profession à son pays et qui a réalisé un des plus grand matériel à l’image du pompier moderne, bravo Monsieur.

  3. Respect pour cet homme qui consacrera sa profession à son pays et qui a réalisé un des plus grand matériel à l’image du pompier moderne, bravo Monsieur.

  4. Bravo à ce grand personnage qui a sauver et sauvera encore des vies grâce au f1 pour sa protection de ses hommes et femmes qui partent au fronds chaque jour merci

  5. L’égalité pour tous est de mourir, pourtant certains font plus de peine à voir partir.
    Merci mon Colonel pour votre courage et votre engagement dans la protection des Pompiers de Paris que nous étions. Condoléances à votre famille.

  6. Merci mon colonel faisant parti des J1 en1978 vous nous avez fait toujours confiance résultat :une grande place a responsabilité apres mes années de brigade auprés d’une compagnie pétroliere.

CRÉDITS

Textes :

CNE Emmanuel Ranvoisy

CPL JB Flye

Caroline Legendre

Harry Couvin

Photos et illustrations :

BSPP & DR

ut sed Donec at tempus ipsum Phasellus Praesent
allo18

ADHÉREZ À NOTRE NEWSLETTER...

 

Ou téléchargez l’application « Allo 18 » !

allo Dix-Huit sur le playstoreallo Dix-Huit sur appleStore

Merci

Siège social : ALLO DIX-HUIT 9 square Watteau 92400 Courbevoie - ©ADOSSPP - Créateur du site : Fabien Picard