Promotion général Casso

HOMMAGE : La promotion général Casso

Le 7 décembre 2018, le nom « général Casso » a résonné lors du baptême de la nouvelle promotion du 4e bataillon de l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr Coëtquidan. Abdon Robert Casso, personnage charismatique reconnaissable à son accent rocailleux, est un acteur fascinant de la France du XXe siècle. Homme de sciences, résistant de la première heure, officier exemplaire, soldat du feu, altruiste et politicien, découvrez ici son histoire.

Cérémonie aux Ecoles Militaire de saint-Cyr Coëtquidan de la Promotion général Casso

Le général Abdon Robert Casso (1912-2002), commandant la BSPP de 1967 à 1970, a été mis à l’honneur lors de la cérémonie du 7 décembre 2018, qui s’est tenue à l’école de Saint-Cyr Coëtquidan. Ainsi, la promotion du 4e bataillon de Saint-Cyr a été officiellement baptisée « Promotion général Casso ».

Qui est le général Casso ?

Promotion général CASSO

Avant tout, Abdon Casso est le grand réorganisateur du corps de sapeurs-pompiers de Paris. De sa prise de fonction le 16 mars 1963 jusqu’à son départ en limite d’âge le 27 août 1970, il se consacre à l’adaptation de l’unité en vue de l’évolution des risques de la fin du XXe siècle. Le remaniement départemental entraine une extension du domaine de compétence aux communes de la petite couronne ; ainsi, le Régiment devient Brigade le 1er mars 1967. L’unité compte désormais six nouvelles compagnies, un groupement des services, quatre détachements (UES), mais également une structure centralisée de formation des jeunes recrues au fort de Villeneuve Saint-Georges. C’est également sous son commandement que des progrès sont réalisés dans le service de santé avec la création des ambulances de réanimation, précurseurs du SAMU. De même, il modernise les structures vieillissantes en lançant la construction de nombreux nouveaux centres de secours. Véritable technicien, Casso met au point des nouveaux procédés d’intervention pour lutter contre les incendies.

Le don du Savoir Commander

Sa carrière d’officier est un symbole. « Brillant officier supérieur, d’un dynamisme rayonnant, d’un courage admirable, ayant des qualités de chef et d’organisateur, disait De Lattre de Tassigny. Menant à bien tout ce qu’il entreprend grâce à son intelligence, sa compétence, son zèle au-dessus de tout éloge, il faisait preuve en toute occasion du plus grand mépris du danger. »

Casso est un chef né : il possède ce don du savoir commander. A la fin de la Seconde guerre mondiale, il prend rapidement du galon : capitaine (le 26 mai 1945) puis chef de bataillon (le 19 septembre 1946), et se retrouve à la tête d’unités en Indochine et en Algérie. Dès le 1er octobre 1950, il opère avec le 73e bataillon du génie avant d’être nommé chef des équipements défensifs du secteur d’Haiphong. Il participe à de nombreux combats dont la défense du camp retranché de Na-San (fin 1952 – bataille similaire à Diên Biên Phu – victoire française). Après un bref retour en France, où le CBA Casso dirige des unités du génie de la 6e DB puis du 3e RG, ce dernier rejoint le cours interarmes des officiers supérieurs et est nommé lieutenant-colonel le 1er janvier 1954. Si bien que le 1er décembre 1961, le colonel Casso est envoyé prendre le commandement du Génie de la Région d’Alger ; mais victime d’un attentat le 17 mars 1962, il quitte Alger l’année suivante.

Attestation FFI de Addon Robert Casso pendant la Seconde guerre mondiale

Brillant officier supérieur, d’un dynamisme rayonnant, d’un courage admirable, ayant des qualités de chef et d’organisateur.
Maréchal de Lattre de Tassigny (à propos de Abdon Casso)

De la ligne Maginot à Paris

Casso doit sa prépondérance à son parcours. Ingénieur diplômé de l’École des Mines d’Alès puis de l’École spéciale des Travaux Publics, il intègre les rangs de l’Armée le 15 octobre 1934, en qualité d’élève-officier de réserve (EOR). Jeune sous-lieutenant, il choisit l’école supérieure du génie militaire à Versailles le 20 octobre 1934 et est incorporé successivement aux 7e et 1er RG. Cependant, en 1935, la guerre se profile, de ce fait, la France entreprend une série de travaux d’ouvrages défensifs le long de sa frontière à l’est : la ligne Maginot. Détaché de son bataillon, le lieutenant Casso est envoyé à Bitche où il consacre trois années à la direction de 86 ouvrages dont le fort « Casso » à Rohrbach. Par ailleurs, à la fin de la guerre, il obtient son doctorat à la faculté de sciences de Paris et est nommé chef d’arrondissement du Génie à Metz entre 1947 et 1950. Tout compte fait, on comprend son initiative de rattacher le corps des pompiers de Paris (alors affilier à l’arme de l’Infanterie) à l’arme du Génie le 1er juillet 1965.

Altruisme, Efficience, Discrétion

Promotion général CASSO

Attestation FFC de Abdon Casso pendant le Seconde guerre mondiale

Enfant des Pyrénées-Orientales, Abdon Robert est également un homme de caractère et de convictions. Natif de Valmanya, foyer d’une activité minière intense, Casso aura marqué l’histoire de son village. Fait prisonnier le 2 juillet 1940, après la signature de l’armistice, il transite par différents camps en France et en Allemagne avant de trouver le courage et l’opportunité de s’évader. Son périple le ramène à Valmanya, où il sera maire de la commune jusqu’en 1944. D’une part, avec son épouse Jeanne et René Horte, il créé le réseau « Ste Jeanne », fin octobre 1940, dont la mission principale est d’organiser et de coordonner le passage de clandestins vers l’Espagne. Le conflit évolue, la situation du réseau également ; de ce fait, en septembre 1943, Casso rejoint le groupe nord-est du réseau « Darius », dont la tâche est de transmettre des renseignements aux Alliés. Alliés qu’il rejoint en 1944, en participant à la libération de Metz au sein de la 3rd US army, et termine la guerre en Allemagne. D’autre part, il créât un centre de vacances et de villégiatures de 1965 à 1995 dans le village de son enfance. En raison de son parcours, il élève l’enseignement moral des jeunes sapeurs en définissant notre illustre éthique : Altruisme, Efficience, Discrétion.

Finalement, en quittant le commandement de la BSPP, Casso rentre dans le monde de la politique. Dans un premier temps, il est nommé maire du XVIIe arrondissement de Paris (1970-76), puis nommé conseiller de Paris (1976-83). Sa personnalité, ses qualités morales de chef et son expérience font de lui un homme dévoué.

 

Texte : LTN (R) Damien Grenèche. Photos DR

Un commentaire

  1. Un grand patron, un homme d’honneur, merci de ne pas avoir oublié son travail admirable !


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