INSOLITE — De Patrice à Valentin, l’histoire d’une grande famille de pompiers

 — Modi­fiée le 5 février 2022 à 12 h 22 

Planète Brigade — Du grand-père à son petit-fils, récemment incorporé à la Brigade, Patrice Havard nous détaille les liens qui le lient à notre métier. Arrêt sur image et retour en arrière sur une famille de sapeurs-pompiers. 

Le ven­dre­di 3 sep­tembre 2021, au centre d’ins­truc­tion à Vil­le­neuve-Saint-Georges (94), j’é­tais pré­sent à la prise d’armes de pré­sen­ta­tion des recrues au Dra­peau et à leur pres­ta­tion de ser­ment de ser­vir en homme d’hon­neur. Moment très impor­tant dans la vie d’un sapeur-pom­pier de Paris. Par­mi eux se trouve Valen­tin Havard, mon petit fils. Moment émou­vant de com­mu­nion inter­gé­né­ra­tion­nelle pour qui a ser­vi avec fer­veur durant près de 38 ans, sui­vis de plus de seize ans de réserve citoyenne et de milieu asso­cia­tif Brigade. 

Sur les rangs le grand-père que je suis, par filia­tion et par l’âge, s’est sou­dai­ne­ment ren­du compte d’a­voir vécu et créé, sans le vou­loir, une situa­tion pen­sée peu cou­rante : vivre l’universalité du métier. Indé­pen­dam­ment des fonc­tions tenues et vécues plei­ne­ment qu’offrent ce métier pas­sion­nant, sans fron­tières réelles, et que l’on découvre sans arrêt pour qui sait s’y inté­res­ser, ce par­cours pour­rait s’écrire comme un conte (compte ?) de faits… et com­men­cer par il était une foi…

Per­sonne dans sa famille n’est sapeur-pom­pier lorsque le jeune Patrice Havard, Pari­sien, incor­pore la Bri­gade de sapeurs-pom­piers de Paris en 1968 pour un contrat de trois ans (la norme du moment). 

Il n’imagine pas alors qu’il va enclen­cher un véri­table phé­no­mène Ven­tu­ri. En effet, en incor­po­rant la Bri­gade il va, tout au long de son par­cours pro­fes­sion­nel de près de 38 ans, entraî­ner et for­mer dans son sillage, sans idée de manœuvre, une famille de sapeurs-pom­piers regrou­pant toutes les pos­si­bi­li­tés d’exercer ce mer­veilleux métier : pom­piers mili­taires, pom­piers pro­fes­sion­nels, pom­piers volon­taires, pom­piers étran­gers et pom­piers d’entreprises. 

Capo­ral, il est affec­té au centre d’instruction des recrues au fort de Vil­le­neuve-Saint-Georges. Chef de sec­tion en charge de 30 sapeurs. Par­mi eux en octobre 1970 se trouve Jean-Pierre Hugon qui exer­ce­ra quinze ans à la BSPP. Pom­pier volon­taire de Sens (89), il montre fiè­re­ment la pho­to de sa sec­tion publiée dans la revue mythique Allo 18 à sa belle-famille. Son beau-père Mau­rice Lepage était à l’é­poque capo­ral volon­taire du Corps de Sens (capi­taine en finale) où se trou­vait éga­le­ment son père Mau­rice (aus­si) Lepage, ser­gent et tam­bour volon­taires. Sur cette pho­to, sa belle-sœur Annie Lepage trouve le chef de sec­tion tout à fait à son goût. À Noël, elle lui envoie une carte… La réponse du chef de sec­tion revient rapi­de­ment… Et en 1972, on célèbre leurs noces. Ce qui lui fait dire qu’il a été choi­si sur cata­logue (Allo 18) et qu’il doit aus­si son mariage à la Brigade ! 

Et de ce mariage débute la Saga.

Viennent la nais­sance de sa fille Céline puis celle de son fils Cédric. Tous deux ayant été bap­ti­sés par l’aumônier de la Bri­gade du moment, le père Ely­sée Magnin à Mas­se­na (popote offi­ciers). Pour Céline le par­rain était Guy Des­ro­siers à l’é­poque capi­taine du SPIM (Ser­vice pro­tec­tion incen­die de Mont­réal) au Cana­da, chef de la Divi­sion Est en finale. Un article avec pho­to en avait d’ailleurs ren­du compte dans Allo 18. Pour Cédric, son par­rain est André Reys­sier, offi­cier pro­fes­sion­nel du corps de Saint-Etienne (42), lieu­te­nant-colo­nel à Saint-Etienne en finale et qui fut pom­pier de Paris et chef de sec­tion du jeune sapeur de 2e classe Patrice Havard. Son fils, Laurent Reys­sier est aujourd’hui lieu­te­nant-colo­nel à la Bri­gade. 

Sa fille Céline se marie avec un homme en bleu : Arnaud, membre de l’armée de l’Air. Son fils Cédric incor­pore les pom­piers volon­taires de Seine-et-Marne. Infir­mier diplô­mé d’État il devient infir­mier sapeur-pom­pier pro­fes­sion­nel du 77 puis actuel­le­ment cadre de san­té, infir­mier-chef (com­man­dant) du SDIS 03, son épouse (Char­lotte Havard) est capi­taine infir­mière sapeur-pom­pier volon­taire, sa fille (Lola Havard) et son fils (Valen­tin Havard) à leur tour sont sapeurs-pom­piers volon­taires dans le même SDIS 03. Ensuite, Valen­tin Havard incor­pore le 6 juillet 2021 la BSPP. Encore une har­mo­nieuse asso­cia­tion des facettes du métier, 3SM compris.

Quant à Patrice, il fut certes pom­pier de Paris, mais il est aus­si le par­rain de Patrick Rich­ter un de « ses » sapeurs du BCOT de Mas­se­na à Paris XIIIe, et de Lau­rence Navar­ro la fille aînée d’une assis­tante sociale Mar­tine Navar­ro du 2ᵉ grou­pe­ment d’incendie à Mas­se­na, la fille cadette Maryse Navar­ro a fait un VSC à la Brigade. 

Par ses écrits et ses actions Patrice est aus­si pom­pier hono­raire depuis 1983 de la 4e com­pa­gnie Pompe France de San­tia­go au Chi­li. Après sa limite d’âge et durant plu­sieurs années, il devient pom­pier d’entreprise (chef de site) à la Sama­ri­taine et au musée d’Arts Contem­po­rains du Val-de-Marne à Vitry. Son père (Pierre Havard) avait lui-même un temps fait par­tie des équipes de sécu­ri­té incen­die de la SEV Mar­chal à Issy-les-Mou­li­neaux (92).

Voi­là ! Par cette évo­ca­tion, je res­sens une vive émo­tion, car des noms cités ne sont plus là pour lire un pan et la suite de notre his­toire com­mune. Pour les pré­sents qui m’ont accom­pa­gné ou subi mes contre­coups de la gran­deur et de la ser­vi­tude du métier, je leur dis toute ma fier­té d’être avec eux. Et pour ceux qui sont encore d’active, je les remer­cie et les féli­cite du libre choix de leur enga­ge­ment personnel. 

On dit la grande famille des sapeurs-pom­piers pour par­ler de l’ensemble de la cor­po­ra­tion, mais à l’intérieur n’y a‑t-il pas aus­si de nom­breuses grandes familles de sapeurs-pom­piers ? Cette saga en est la démonstration.

Patrice Havard 

1968 – 2005 n° d’incorpo 14107 


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3 réflexions sur “INSOLITE — De Patrice à Valentin, l’histoire d’une grande famille de pompiers”

  1. Magni­fique famille. Moi aus­si pom­pier de père en fils depuis l’âge de 16 ans dont 33 ans à Paris

  2. Un tel pas­sion­né de grand père ne pou­vait qu’en­trai­ner dans son sillage des voca­tions — heu­reux d’a­voir été ton capo­ral ins­truc­teur — fais nous encore long­temps par­ta­ger tes récits et écrits. Max

  3. Ce sont les Sapeurs-Pom­piers de Sens qui m’ont sau­vé la vie lors de mon grave acci­dent de cir­cu­la­tion (5 à bord) le lun­di 31 juillet 1967 à Maillot (89).
    J’a­vais une dette envers mes sau­ve­teurs. J’ai ser­vi à la BSPP de 1973 à 2008.
    un immense bra­vo à la famille HAVARD.

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