La DECI, la nouvelle donne

Plus de 41 000 bouches et poteaux d’incendie alimentent en permanence les engins de secours sur le secteur Brigade dans le cadre de la défense extérieure contre l’incendie (DECI). Celle-ci a récemment subi une profonde réforme attribuant à chaque acteur public ou privé des prérogatives et des responsabilités. Découvrez quelles sont ces nouveautés.

En 2001, l’Association des maires de France (AMF) entend clarifier la responsabilité de chacun dans le domaine de la défense extérieure contre l’incendie (DECI) et distinguer la gestion du réseau d’eau potable de celui pour l’incendie. La loi du 17 mai 2011 modifie le Code général des collectivités territoriales (CGCT) et dispose : « le maire assure la défense extérieure contre l’incendie ».  Une police administrative spéciale est également créée afin de veiller à l’application de toutes les mesures. Elle permet également le transfert de la DECI au président d’une agglomération ou au président de la métropole du Grand Paris pour ce qui est du secteur Brigade. Oublié le mot « hydrant », c’est dans ce texte qu’apparaît pour la première fois le terme officiel de « point d’eau incendie » (PEI), regroupant poteau, bouche, citerne ou encore aire d’aspiration.

Plus concrètement qui fait quoi ?

La BSPP effectue des reconnaissances opérationnelles tous les semestres dans l’espace public et tous les ans dans le privé. Elle est également en charge d’un PEI nouvellement créé. Dans une optique de localisation, la Brigade met à jour la base de données opérationnelles SIG – HYDRANT (recensement des PEI et analyse de la couverture du secteur géographique), adapte la cartographie et modifie les parcellaires.

Le maire identifie les risques, fixe la quantité, la qualité et l’implantation des PEI sur sa commune. Il publie un arrêté municipal dressant l’inventaire de tous les points d’eau incendie de la commune. C’est à lui que revient le rôle de s’assurer de la bonne réalisation techniques périodiques et de l’application d’une signalisation claire et adaptée. Il peut également rédiger un schéma d’amélioration de la couverture en PEI.

Si vous trouvez une bouche à incendie ouverte, c’est la mairie qu’il faut prévenir et non la BSPP.

 

Le site OSM Hydrant https://www.osmhydrant.org/fr/ propose une carte interactive avec les PEI et les centres de secours incendie à proximité que vous soyez à Paris ou New York

DECI
Si vous trouvez une bouche à incendie ouverte, c’est la mairie qu’il faut prévenir et non la BSPP.

S'y retrouver niveau signalisation

Dans la rue :

  • 2 potelets peints en rouge avec étiquette signifient un PEI dans un rayon de cinq mètres
  • Un panneau sur un candélabre avec repères géographiques
  • Un panneau traditionnel sur poteau

Sur les parcellaires :

  • Cartographie reprise intégralement
  • Modification des sigles : l’ajout des citernes et aires d’aspiration et l’ajout d’un rond autour d’un pictogramme = PEI « renforcé »

La DECI: Toutes les nouveautés

Les prérogatives de la BSPP

  • Effectuer les “reconnaissances opérationnelles” tous les semestres dans le public, tous les ans dans le privé
  • Effectuer la reconnaissance opérationnelle initiale d’un PEI nouvellement créé
  • Mettre à jour la base de données opérationnelles SIG-HYDRANT
  • Adapter la cartographie
  • Modifier les parcellaires

Les prérogatives du maire

  • Identifier les risques
  • Fixer la quantité, la qualité et l’implantation des PEI
  • Publier un arrêté municipal dressant l’inventaire de tous les points d’eau incendie de la commune
  • S’assurer de la bonne réalisation des contrôles techniques périodiques
  • Rédiger un schéma d’amélioration de la couverture en PEI (facultatif)
  • Appliquer une signalisation claire et adaptée

Reconnaissance opérationnelles

Vérifier :

  • L’existence du PEI
  • L’accessibilité
  • La concordance avec la cartographie
  • La signalisation
  • La fonctionnalité
  • L’état général
  • La présence de la naissance de l’eau

Contrôle technique périodique

  • Dévolu au service public de DECI des communes sur le secteur BSPP pour les PEI publics
  • Dévolu aux propriétaires pour les PEI privés
  • Compte-rendu au maire
  • Contrôle débit/pression tous les trois ans ou tous les cinq ans si réseau d’eau surveillé H24
  • Contrôle fonctionnel une fois par an

Nouveautés sur la signalisation dans la rue

  • Deux potelets peints en rouge avec étiquette = un PEI dans un rayon de cinq mètres
  • Panneau sur un candélabre avec repères géographiques
  • Panneau traditionnel sur poteau

Nouveautés sur les parcellaires

  • Cartographie reprise intégralement
  • Modification des sigles :
    • ajout des citernes et aires d’aspiration ;
    • ajout d’un rond autour des pictogrammes = PEI “renforcé”

Entretien avec Sophie Lemaire

L’adjointe au responsable du service DECI et Fontaines pour « Eau de Paris » revient sur la maintenance des points d’eau incendie publics parisiens.

 

QUE CHANGE LE RIDDECI POUR VOTRE ENTITÉ ?

Historiquement, les ex-distributeurs d’eau à Paris, Suez et Véolia, réalisaient la création, la maintenance curative et le renouvellement des points d’eau incendie publics parisiens. Lors de la remunicipalisation de l’eau à Paris en 2009, « Eau de Paris » a repris à l’identique ces missions sans que cette prestation soit couverte par le service public de l’eau. Le RIDDECI a permis de définir les missions et responsabilités de tous les acteurs par la création d’un service public de DECI. Pour « Eau de Paris », le RIDDECI fût l’occasion de se positionner en tant que prestataire pour la Ville de Paris sur la totalité des opérations : maintenance préventive comme maintenance curative.

 

 

Les PEI sont tous connectés aux réseaux de distribution d'eau potable voués aux usagers parisiens.
Sophie Lemaire

QUELLES SONT LES PRÉROGATIVES DE « EAU DE PARIS » EN MATIÈRE DE DÉFENSE EXTÉRIEURE CONTRE L’INCENDIE ?

« Eau de Paris », en tant que producteur et distributeur du service public de l’eau à Paris, entretient les réseaux d’eau potable et d’eau non-potable. À Paris, il n’existe pas de réseau exclusif à l’incendie comme on peut le rencontrer dans certains SDIS. Les PEI sont tous connectés aux réseaux de distribution d’eau potable voués aux usagers parisiens. Dans un souci de protection de nos ouvrages et de lutte contre tout risque de pollution, « Eau de Paris » a souhaité défendre sa position de prestataire qualifié pour réaliser les prestations de maintenance préventive et curative. En plus de préserver les métiers de nos techniciens déjà en charge de la maintenance curative, « Eau de Paris » détient le savoir, le savoir-faire, les outils cartographiques et a développé de nombreux applicatifs opérationnels permettant d’être réactifs et de communiquer rapidement avec la BSPP.

Street pooling : le prix des ouvertures sauvages

Entre mai et juin 2017, un épisode caniculaire a sévit en France. Un millier d’ouvertures sauvages sont alors répertoriées à Paris, en Seine-Saint-Denis, dans les Hauts-de-Seine et dans le Val-de-Marne, soit 600 000 m3 (240 piscines olympiques) d’après Veolia. Cela pose plusieurs problèmes :

 

L’ouverture intempestive de bornes incendie est dangereuse et peut être à l’origine de blessures graves dues à la puissance des geysers à l’ouverture ou à la retombée de projectiles, à l’électrocution par inondation, aux accidents de la circulation (aquaplaning, au manque de visibilité etc).

Le « street pooling » entraine des conséquences économiques et écologiques importantes. 800 000 euros perdus auxquels s’ajoutent des « coûts indirects qui proviennent des interventions, où les équipes et les véhiculent sont mobilisés » comme le précise Philippe Knussman, directeur général du SEDIF dans Le Figaro (http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/06/23/01016-20170623ARTFIG00246-les-ouvertures-sauvage-des-bouches-d-incendie-sont-dangereuses-et-coutent-cher.php)

Le phénomène s’amplifie chaque année, 250 000 m3 d’eau perdues en 2015, 450 000 l’année suivante et 600 000 en 2017. Considéré comme du vol d’eau, cela est répressible de 75 000 euros d’amende et de cinq ans d’emprisonnement selon le Code pénal. Des solutions sont envisagées pour résoudre le problème, par exemple un kit antieffraction. Cependant son coût de 600 euros par borne freine les communes à investir.

L'histoire des "hydrants"

Invention révolutionnant le travail de sapeurs-pompiers, les PEI autrefois nommés « hydrants » sont très présent dans le paysage urbain. Mais d’où viennent-ils ?

Le premier hydrant aurait été conçu par James Henry Greathead (ingénieur renommé pour ses travaux sur le métro londonien) vers 1865, pour augmenter la rapidité d’action des pompiers. En 1870, les pompiers anglais utilisent des pompes à vapeurs tandis que les français restent sur la méthode des bras alimentés en eau par des chaines humaines. Les pompes à vapeurs vont puiser l’eau dans de grands conduits pour les reverser ensuite sur les incendies. Six ans plus tard, Paris compte 345 bouches d’eau. 1881, la capitale émet l’idée de placer une bouche à incendie tous les 200 mètres et une tous les 100 mètres pour l’eau à haute pression. Pour savoir le positionnement des bouches, des plaques rouges sont installées sur les murs voisins du dispositif, le rendant ainsi visible même en cas de neige. En 1900, l’installation de 6 000 à 7 000 bouches à incendie est prévue dans Paris avec une tous les 100 mètres. La politique d’entretien est mise en œuvre avec une vérification une fois par mois. Le dispositif est déjà très répandu au Japon avec 5 117 bouches pour 1 870 526 habitants à Tokyo et 3 000 à Osaka pour environ 800 000 citoyens.Le service municipal d’incendie français et les sociétés d’assurances conseillent en 1935 les bouches à incendie. Les assurés habitant dans les villes équipées bénéficiant même de réductions.

CRÉDITS

Texte

Pauline Rossignol et Alban Sallé

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