CMO santé en opération

Le CMO santé au service du directeur des secours médicaux

Afin de mener à bien la direction de la chaîne médicale des secours lors d'opérations d'ampleur, le DSM de la BSPP dispose d'un outil innovant et connecté : le centre de mise en œuvre santé (CMO santé). Découvrez ce binôme novateur !

Le CMO santé, un outil efficace

Ce nouvel outil est une structure d’aide tactique à la disposition du commandant des opérations de secours (COS), pouvant être activée dès lors que la chaîne « santé » est mise en œuvre. Concrètement, il permet de rationaliser l’emploi des ressources internes et externes tout en assurant l’interface avec le véhicule poste de commandement (VPC). La gestion des VSAV, des véhicules du SAMU, des associatifs et des différentes fonctions du plan rouge lui est directement subordonnée. À la clé, une meilleure utilisation des moyens pour une efficacité renforcée. Le dispositif intervient dans les cas prévus par la grille de départ de secours, lorsque le chef d’agrès demande un groupe poste médical avancé (PMA), un groupe de commandement médical, ou plus simplement un centre de mise en œuvre « santé ». Il peut être dépêché avec le directeur des secours médicaux (DSM) en cas d’urgence collective. Idéalement, son emplacement sur intervention se situe au plus proche du PMA. À son bord, quatre sapeurs-pompiers organisent et coordonnent les missions au profit du DSM. Un officier, titulaire du stage « officier poste de commandement », chef de la cellule « conduite » met en œuvre les directives du COS en les déclinant pour sa partie. Un sous-officier gère les moyens et la logistique en engageant tous les engins qui sont mis à sa disposition. Un gradé est en charge du renseignement et de la synthèse. Il met à jour les renseignements liés aux victimes et organise également le réseau de communication de sa chaîne. Enfin, le conducteur, titulaire du permis poids-lourd, a reçu une formation à l’utilisation des différents outils du CMO santé.

Embarquez pour une visite guidée

L’équipement en matériel a nécessité quelques semaines de travail de la part des équipes du bureau organisation des systèmes d’information (BOSI) et plus particulièrement du personnel de la compagnie de télécommunications et informatique (CTI).

Commençons par l’extérieur du véhicule. Sur le toit, quatre antennes émettent et réceptionnent les informations, rendant le CMO communiquant: Antares, wifi, TV, 3G et 4G. L’ouverture d’un coffre donne accès à plusieurs prises : Ethernet, généphones et courant en 220 volts. L’installation d’un haut-parleur sur la rampe avant des gyrophares permet d’informer rapidement l’ensemble des intervenants que l’évacuation du PMA se fera dans les 30 prochaines minutes, par exemple. Une caméra de recul assiste le conducteur dans ses manœuvres délicates. Pour permettre une meilleure communication avec les acteurs extérieurs, deux grandes baies vitrées s’ouvrent sur le côté et à l’arrière de l’engin. Enfin, des ampoules à LED éclairent une zone de 10 mètres tout autour du camion. L’intérieur du CMO santé correspond aux attentes de l’équipage. Tout d’abord, l’ambiance lumineuse colorimétrique de l’habitacle est réglable à souhait. Elle peut donner une information sur l’avancée de la manœuvre. Par exemple, la couleur bleue pourrait indiquer que l’évacuation des victimes a débuté.

Le nombre et l'état des blessés diffusés sur les chaînes d'information en continu sont vérifiés à l'aide d'une télévision...

Le nombre et l’état des blessés diffusés sur les chaînes d’information en continu sont vérifiés à l’aide d’une télévision. Six radios portatives et quatre fixes scannent en permanence les ondes radios des groupements d’incendie et de secours et celles du COS. Le tableau de gestion des opérations (TGO), dalle tactile de nouvelle génération, regroupe toutes les informations liées à l’intervention et permet ainsi un meilleur suivi des missions distribuées. D’autres écrans offrent un accès à de nombreuses données : cartographie, logiciel pour croquis, Vidal (Dictionnaire des produits pharmaceutiques), numéros de téléphone de tous les VSAV de la Brigade… Deux ordinateurs portables, équipés du logiciel SINUS (Système d’information numérique standardisé) sont à disposition des équipes en charge du suivi des victimes. L’ensemble de ce matériel fonctionne sur un onduleur, leur procurant une autonomie de 45 minutes. En cas de panne électrique ou informatique, tout a été doublé par des tableaux blancs, des magnets, des jetons de présence, et autres outils…

Le centre de mise en œuvre santé fait partie intégrante du programme SYSCO pour système de commandement. Concrètement, à terme, il pourra communiquer avec le véhicule appui télécommunication(VAC), tous les VPC des groupements d’incendie et de secours mais également avec le centre opérationnel de Champerret.

Le rôle clef du DSM dans la chaîne médicale des secours

La BSPP et le DSM, un particularisme national

L’appellation « directeur des secours médicaux » apparaît avec l’arrivée des premiers plans de secours. « Depuis la création du plan rouge en 1978 par la brigade de sapeurs-pompiers de Paris, la fonction de DSM est exclusivement tenue par un médecin de la BSPP pour tout ce qui concerne l’organisation et la direction de la chaîne médicale pour Paris et sa petite couronne, assure le médecin-chef Michel Bignand, chef du bureau médical d’urgence de la Brigade. Aujourd’hui, la dernière directive du dispositif ORSEC interdépartemental 75-92-93-94 confirme ce particularisme national ». Du traitement de l’alerte jusqu’à la prise en charge du patient aux urgences hospitalières, la Brigade est présente à tous les échelons. C’est le seul corps de sapeurs-pompiers français qui possède une coordination médicale et des ambulances de réanimation offrant une cohérence dans l’engagement et plus de rapidité dans la prise en compte d’un événement. « Notre modèle est spécifique, il est même unique en France, continue le médecin-chef Michel Bignand. La pertinence de cette organisation a été confirmée lors des récents événements tragiques. Nous avons su nous adapter au rythme rapide imposé par des attaques multiples, Notamment par l’installation de PMA très allégés. De même, la Brigade peut fournir non seulement l’écrasante majorité des moyens d’évacuation non médicalisés dans la première heure, mais aussi un nombre conséquent d’ambulances de réanimation ».

Notre modèle est spécifique, il est même unique en France
Médecin-chef Bignand

Vu dans Allo Dix-Huit...

Dans le numéro de février 1986, le médecin-chef Noto détaille le fonctionnement du plan de secours qui va vite devenir le “Plan Rouge”.

Une parfaite cohérence

À la BSPP, une douzaine de médecins se relaient toutes les 24 heures pour armer la garde « DSM ». Ils sont désignés par le médecin-chef Brigade pour leur ancienneté dans l’Institution et leur expérience de terrain. « Pour devenir directeur des secours médicaux, il faut détenir des connaissances techniques permettant de venir en aide à un médecin qui serait en difficulté sur intervention. Posséder également des compétences de commandement est essentiel pour diriger l’ensemble de la chaîne médicale des secours sur une opération à forte dimension », confie le chef du BMU. Chaque année, la Brigade organise un stage COS/DSM dans le but de former les officiers supérieurs des groupements d’incendie et de secours et ceux des services médicaux à prendre respectivement les fonctions d’officier supérieur de garde et de directeur des secours médicaux. Sur opération, le DSM et le directeur des secours incendie sauvetage sont placés sous la seule direction du COS : trois acteurs formés lors d’un même stage pour une entente parfaite sur le terrain. La force du DSM BSPP est la cohérence complète des manœuvres de secours, de soins et d’évacuation sous l’autorité d’un chef unique. Cette doctrine permet une compréhension commune de tous les acteurs de la chaîne des secours : à l’état-major opérationnel (lors de la prise d’appel et la gestion de l’intervention), sur le terrain par l’extraction et la prise en charge des victimes jusqu’à l’évacuation des patients vers les hôpitaux.

CRÉDITS

Texte : SCH Guillaume Casada et Alban Sallé

Photos : BSPP

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