Pompiers de paris pendant les manifestations

MANIFESTATIONS : L’adaptation permanente des sapeurs-pompiers de Paris

Après deux samedis d’exactions avec un bon nombre de feux sur la voie publique, les troisièmes et quatrièmes actes des manifestations des Gilets Jaunes dans la capitale, ont obligé les hommes de la BSPP à réaliser leur mission dans un contexte urbain très dégradé. Avec la nécessité de s’intégrer dans un dispositif police-gendarmerie statique ou mobile et faire preuve d’une faculté d’adaptation. Retour sur deux journées qui resteront dans les annales.

Fort des enseignements du 17 et 24 novembre, les réunions préparatoires aux manifestations prévues les 1er et 8 décembre, ont permis de mettre en place une tactique innovante pour répondre à la problématique des casseurs venus en découdre avec les forces de l’ordre.

La nécessité d’intervenir au plus vite a conduit à adapter la réponse opérationnelle en centralisant le commandement des opérations au centre opérationnel (CO) de l’état-major.  Les centres de suivi opérationnels (CSO) habituellement acteur principaux sur les secteurs concernés par la manifestation ont eu un rôle de déconfliction. Le but étant de pouvoir guider directement les engins de façon plus rapide et plus réactive en évitant des doublons. En lieu et place de la posture sectorielle habituelle, des zones de déploiement initiales (ZDI) sont établies en fonction du plan de manœuvre de la DOPC.

Le 1er décembre, deux zones sont définies au nord et au sud des Champs-Élysées. Mais le 8, quatre zones vont être créées afin de défendre les secteurs critiques.

Adapter la réponse opérationnelle en centralisant le commandement des opérations au CO de l’état-major.

Ces deux samedis se sont déroulés en trois phases principales.

Dans un premier temps, la Brigade se prépare dès le matin en procédure renforcée. Une anticipation qui a été efficace le 1erdécembre, les heurts entre manifestants et forces de l’ordre ayant débutés plus tôt que prévus.

Ensuite lors du déclenchement et la montée en puissance des hostilités, les pompiers encadrés par la police se déplacent au gré des événements, quitte à parfois être pris à partie par des manifestants. Le 1er décembre, la ZDI Nord devra même se déplacer pour mettre le personnel en sécurité relative. En outre, le 8, l’ajout des deux ZDI supplémentaires permettra de profiter d’une plus grande mobilité plus favorable à l’action. Mobilité en parfait syllogisme avec la tactique employée par les forces de l’ordre.

Pendant ces moments forts, il convient de noter que la BSPP a fait appel aux associatifs (Croix-Rouge Française, Ordre de Malte, Protection civile, …) pour gérer les blessés dans une procédure de double noria afin de traiter et évacuer les victimes.

De plus, au plus fort de « la bataille », la Brigade s’est vu contrainte d’abandonner les interventions ayant pour motifs la « carence d’ambulance » vers le SAMU sur la plaque parisienne. Et ceci afin de ne pas dégrader la réponse opérationnelle des manifestations et garder son efficacité sur les urgences du secteur entier.

Dans le même ordre d’idées, le commandement a demandé à la zone de défense, un renforcement d’engins-pompe (dix pour le 1er décembre), afin de les injecter en banlieue dans l’éventualité d’avoir à traiter un autre événement majeur de longue durée (à caractère terroriste ou accidentel).

Pendant toutes les hostilités, les sapeurs-pompiers de Paris font preuve d’initiatives diverses pour s’adapter au terrain en permanence, en essuyant malgré tout plusieurs agressions, heureusement sans grandes conséquences.

Enfin dans tous les épisodes de cette crise, le retour à la phase opérationnelle normale s’est déroulé dans un délai assez bref.

Ces opérations ont été menées en marge des troubles créés par les lycéens. Un élément significatif qui démontre là aussi toute la faculté de la Brigade à prendre en compte tous les événements.

 

Harry Couvin

Les événements depuis le CO

Bilan chiffré du 19/11 au 16/12

  • Interventions : 1 366
  • 1 226 feux dont 38 feux de contenants, 448 de véhicules, 740 de barricades et mobilier urbains. 
  • 331 victimes dont 6 en UA.
  • 51 actes agressifs contre les secours ayant engendrés des dégâts sur les engins de secours. 

Le ressenti des acteurs sur le terrain

4 commentaires

  1. Bravo ;belle réactivité ,vous avez été à la hauteur comme toujours .J’ai quand meme vu sur un reportage les planches voler . Des gens se sont interposes pour arréter ce caillassage .

  2. Reportage très instructif. Bravo pour ce que vous faites. Bon courage à tous

  3. La capacité à s’adapter et la définition de l’intelligence. C’est sans nul doute une des raisons pour laquelle la BSPP est toujours une référence!

  4. Bravo et bon courage à vous. Vous êtes l’élite des Pompiers. ( un ancien SPV 15ANS de botte )

CRÉDITS

Images photos et vidéo : BSPP BCom

allo18

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