MUSIQUE DE LA BSPP – Le sens de la mesure

La Musique des sapeurs-pompiers de Paris donne le La à toutes les cérémonies de la Brigade. En parfaite harmonie entre tradition, solennité, puissance et émotion, le groupe s’attache dans ses choix musicaux à concilier, selon l’occasion, thèmes militaires traditionnels et musiques populaires. La rédaction d’ALLO DIX-HUIT a choisi de braquer les projecteurs sur ce groupe qui porte l’image de la BSPP sur le devant de la scène.

L’histoire de la Musique des sapeurs-pompiers de Paris

Dès la création du bataillon de sapeurs-pompiers de Paris en 1811, deux tambours sont répartis par compagnie d’incendie. Leur mission consiste à exécuter les sonneries réglementaires qui rythment la vie des casernes du réveil au couvre-feu. Avec l’ordonnance royale du 15 octobre 1840, portant sur la création d’une cinquième compagnie, le bataillon dispose rapidement de dix tambours.

Lors de la réorganisation du bataillon, les tambours sont remplacés par trois clairons par unité opérationnelle. Le corps compte ainsi quinze sapeurs-clairons et un caporal-clairon, affectés à l’état-major. Après la création de la sixième compagnie et le rattachement de l’ex-armée d’Orient en tant que septième compagnie, le bataillon dispose de 30 sapeurs-clairons et d’un sergent-clairon à la fin de l’année 1855. Par décret impérial du 5 décembre 1866, le corps des sapeurs-pompiers de Paris devient un régiment de deux bataillons de six compagnies chacun. Le corps dénombre alors 36 sapeurs-clairons auxquels s’ajoutent un sergent désigné chef de fanfare et un caporal-clairon affectés à l’état-major. Le commandement décide alors de regrouper régulièrement les clairons répartis dans les compagnies d’incendie, pour des séances d’instruction mais aussi pour procéder au contrôle de leurs connaissances en matière de sonneries et de marches réglementaires. Le terrain de manœuvre du Champs-de-Mars est désigné comme le premier lieu de répétition.

Pendant la seconde guerre mondiale, sous l’occupation, d’autres instrumentistes viennent se joindre peu à peu à cette formation. L’apport des bois et des cuivres aboutit à la constitution d’une fanfare régimentaire qui comptera plus de 60 exécutants. Dès 1943, la formation participe aux manifestations internes du régiment ainsi qu’aux fêtes de la Libération. En 1945, les musiciens sont regroupés deux fois par semaine pour les répétitions. Cinq ans plus tard, la fanfare régimentaire devient musique du Régiment de sapeurs-pompiers de Paris.

En 2005, la reconnaissance du domaine de spécialité « musique » à la Brigade entraîne la professionnalisation de la formation musicale du corps. Les musiciens sapeurs-pompiers quittent définitivement le service incendie et de secours pour se consacrer principalement aux activités musicales.

La Musique aujourd’hui

Aujourd’hui, nommé “Musique des sapeurs-pompiers de Paris”, le groupe est constitué de quatre sous-officiers et 51 engagés volontaires spécialistes « musique ». Partie intégrante de la Brigade, il est attaché administrativement au groupement de formation d’instruction et de secours au sein de la compagnie de commandement et de logistique n°6.

Il comprend deux formations distinctes :

–  l’orchestre d’harmonie : ensemble musical réunissant trois familles d’instruments : les bois (piccolo, flûte, hautbois, cor anglais, basson, clarinette, saxophone), les cuivres (trompette, cornet, bugle, cor, trombone, euphonium, tuba) et les percussions. Une contrebasse à cordes complète l’ensemble ;

–  la batterie : ensemble musical réunissant les instruments d’ordonnance (tambour, clairon et trompette de cavalerie).

La polyvalence des membres qui la composent permet également la constitution de divers petits ensembles (quintette à vent, quintette de cuivres, quatuor de saxophones, quatuors de clarinettes, etc.).

Si la Musique est positionnée à la caserne Masséna depuis le 1er août 2010, où elle dispose de bureaux, d’espaces de stockage des instruments et de matériels, ses séances de travail se tiennent au théâtre Firmin Gémier – La Piscine à Chatenay-Malabry (92). Elle est placée sous la direction du major Dominique Fiaudrin, chef de musique, du sergent Mehdi Lougraïda, adjoint au chef de musique, du sergent-chef Julien Voisin, tambour-major et du sergent Pierre-Alexandre Faré, adjoint au tambour-major.

Juste après le confinement, la Musique a lancé #ADLIBITUM, une série de concert en ligne.... Voici Carmen Fantaisie (BIZET/ Adpt. DE SARASATE / arr. BALDEYROU)

À la Brigade et au-delà

Tout en assurant sa mission dévolue au cérémonial militaire, la Musique contribue au rayonnement et à l’image des sapeurs-pompiers de Paris au travers de prestations musicales. Qu’il s’agisse du cadre militaire comme du cadre civil, elle entretient des échanges avec les milieux culturels et pédagogiques. Elle est un maillon du lien armée-nation et l’un des éléments représentatifs de la BSPP en France comme à l’étranger.

La Musique participe en priorité à toutes les cérémonies et activités internes qui jalonnent la vie du corps et celle de ses unités. Elle s’applique à maintenir toute la solennité des prises d’armes et honneurs militaires rendus aux hautes autorités civiles et militaires. En 2019, si la majorité des 188 prestations a concerné des cérémonies Brigade, un quart d’entre elles a été commandité par d’autres organismes militaires et principalement par le Gouverneur militaire de Paris.

S’efforçant de maintenir le prestige et la renommée de la Brigade, la Musique est aussi sollicitée pour des concerts au profit de municipalités, d’associations et d’organismes divers.

En outre, elle contribue à la préservation d’un patrimoine musical abordant tous les styles et élargit son répertoire vers des œuvres originales composées spécifiquement pour orchestre d’harmonie.

Comment devenir musicien ?

Lorsqu’un poste est vacant à la Musique, un concours de recrutement est organisé. Les candidats doivent alors présenter un programme musical imposé relevant d’un niveau d’études supérieures de conservatoire. Articulé en plusieurs étapes sélectives derrière paravent, le concours se termine par un entretien avec le jury. Le musicien retenu est orienté vers le centre d’information et de recrutement des forces armées (CIRFA) le plus proche de son lieu de résidence pour y ouvrir un dossier de recrutement d’engagé volontaire de l’armée de terre (EVAT) « spécialiste musicien », au titre de la BSPP.

Si sa candidature est retenue, le musicien est incorporé à l’école de formation des sapeurs-pompiers de Paris, au Fort de Villeneuve-Saint-Georges. Il suit alors sa formation initiale (militaire, secourisme, sport), pendant une durée de six semaines, qui est sanctionnée, sous réserve de réussite, par l’attribution du certificat pratique de sapeur-pompier spécialiste.

À noter que le musicien participe à toutes les activités musicales de préparation comme de représentation. Il concourt aux missions du service intérieur et a le souci permanent de sa condition physique. Responsable de la qualité de son interprétation musicale, il doit entretenir ses acquis et poursuivre sa progression sur le plan technique.

Portrait

“Participer au rayonnement de la BSPP en musique...”
Sapeur de première classe Clotilde Vancina

“ Après une licence, une préparation littéraire, une maîtrise d’histoire, un master 2 Droit et Science Po, et tout juste rentrée d’un stage à Beyrouth, je cherchais ma voie professionnelle. Je n’avais que 22 ans et douze années de pratique du hautbois dernière moi. J’ai décidé de poursuivre ma passion pour la musique en intégrant le centre de formation des enseignants de la musique à Rouen. Durant cette période, j’ai continué de pratiquer la musique par le biais de petits concerts avec mon groupe. Puis un ami musicien m’a parlé de la Brigade et de ses musiciens. Ce fut une évidence : vivre de ma passion, tout en étant au service de l’armée ! J’ai deux grands frères militaires, alors forcément, je savais où je mettais les pieds. J’ai passé les tests de recrutement au mois de septembre et, deux mois plus tard, j’enfilais mes bottes et apprenais à marcher au pas au fort de Villeneuve-Saint-Georges. Après dix jours de formation militaire générale et un mois de formation en secours à victime, j’ai rejoint la Musique. Alors que je n’avais avant jamais pensé au secourisme, me voilà en uniforme et prête à jouer ! Je fais aujourd’hui partie de l’orchestre d’harmonie en tant que deuxième hautbois, cor anglais solo. J’ai le sentiment d’appartenir à une famille et de faire quelque chose de bien plus grand que simplement jouer de mon instrument. Participer au rayonnement de la Brigade en musique, perpétuer son histoire et ses traditions, est un honneur. J’arrive au milieu de mon premier contrat et je compte bien en signer un second… ! ”

#ADLIBITUM 2 : Suite americana d'Enrique CRESPO

Le solo du chef de musique

Major Dominique Fiaudrin

“La musique des sapeurs-pompiers de Paris est un vecteur majeur de rayonnement pour le Corps, un ciment identitaire pour nos frères d’armes tout autant qu’un lien primordial avec la Nation. C’est un patrimoine culturel vivant qui porte un label d’excellence, servi par des musiciennes et musiciens de très haut niveau qui ont la passion pour ce métier très prenant. Toutes et tous révèlent une richesse humaine et musicale fabuleuses et font de cette formation, dont je mesure l’immense privilège qu’il m’est donné d’avoir à commander, un joyau unique, qui tient une place toute particulière dans mon cœur.

Je souhaiterais saisir l’occasion que m’offre ALLO DIX-HUIT pour rendre hommage à tous nos anciens qui ont servi la fanfare régimentaire, la Musique du régiment puis celle de la Brigade… Je voudrais exprimer, aux musiciennes et musiciens, ma plus grande reconnaissance pour le sens du devoir et le goût de l’engagement dont ils font preuve dans le seul but de servir la prestigieuse brigade de sapeurs-pompiers de Paris.”

#ADLIBITUM 3 : Danses norvégiennes d'Edward GRIEG

#ADLIBITUM 4 : My Favorite Things de Richard RODGERS

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Un commentaire

  1. Quel souvenir mon passage à la musique de la BSPP en 1984, mon meilleur souvenir de musicien, tromboniste aux ordre de l’Adjudant Chef Pierre, de l’Adjudant Charles Vasseur et du Tambour Major Jean Michel Baillon et ses grandes bacchantes!! Les cérémonies officielles, les nuit du feu au palais des congrès etc… J’ai encore en mémoire chaque détail! La musique a toujours été un pôle d’excellence qui a tout mon respect et ma reconnaissance.

CRÉDITS

Texte : 1CL Myriam Jaballah

Photos : BSPP

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