NAPOLÉON 1er, des sapeurs de la Garde Impériale à la caserne Masséna

Damien Gre­nèche —  — Modi­fiée le 12 mai 2021 à 03 h 05 

Histoire — 2021 marque le bicentenaire de la mort de l’Empereur (le 5 mai 1821). Outre la création du bataillon des sapeurs-pompiers de Paris, son héritage a profondément modifié notre société et l’urbanisme parisien. Voici six histoires sur Napoléon 1er à (re)découvrir !

Fondateur des pompiers militaires

Après le ter­rible incen­die du bal don­né à l’ambassade d’Autriche, le 1er juillet 1810, pour célé­brer les noces de Napo­léon et Marie-Louise, l’Empereur : licen­cie Le Doux com­man­dant les gardes-pompes de Paris, sou­met ce corps à une enquête diri­gée par le ministre de l’Intérieur, et exige un pro­jet de réorganisation.

Paral­lè­le­ment, il décide de créer une uni­té par­ti­cu­lière qui sera char­gée de sa sécu­ri­té contre les incen­die. Par décret du 16 juillet, une com­pa­gnie de sapeurs de la Garde Impé­riale se voit attri­buée des mis­sions de pom­piers. A par­tir de ce moment, on parle de sapeurs-pom­piers pour dési­gner des pom­piers mili­taires. Et c’est sur ce modèle, qu’un an plus tard, le 18 sep­tembre 1811 est créé le bataillon de sapeurs-pom­piers de Paris, qui fête cette année ses 210 ans.

Néan­moins, il fau­dra attendre 1821 pour que la mili­ta­ri­sa­tion du corps soit effec­tive. Vous pou­vez trou­ver dans ALLO DIX-HUIT n°769 de mai-juin 2021, un article com­plet consa­cré à ce mécanisme.

À la tête d’une bataille… de boules de neige

Scene de boule de neige avec Napoléon

Quit­tant la Corse enfant, « Napo­lione » arrive à Brienne-le-Châ­teau, petit col­lège mili­taire de pro­vince à côté de Troyes, pour faire ses études. Ori­gi­naire d’une région loin­taine et mécon­nue, et d’une famille de la petite noblesse, il subit les moque­ries de ses cama­rades et se retrouve iso­lé. Répar­tis en bataillon, les élèves se voient attri­bués des grades. Le jeune Bona­parte est alors capi­taine. Mais, ces der­niers lui infligent l’humiliation de le dégra­der. Sa revanche, il va l’obtenir un jour d’hiver 1780.

Alors que l’on demande aux élèves de déblayer la cour tota­le­ment ennei­gée, Bona­parte pro­pose de créer des tran­chées, para­pets ; et de simu­ler un siège. C’est alors que la célèbre bataille de boules de neige débute… et Bona­parte dirige les assauts.

Cette anec­dote, enjo­li­vée par son ami Bour­rienne, contri­bue à l’édification du mythe entou­rant la figure de Napoléon.

Un caporal pas si petit

Vous avez sur­ement déjà enten­du le sobri­quet de « Petit Capo­ral » attri­bué à Napo­léon. Mais com­ment un géné­ral peut-il être capo­ral ? En 1796, le géné­ral Bona­parte com­mande l’armée d’Italie. Une armée mal ravi­taillée, sous équi­pée. Et pour­tant, à la tête de cette troupe dis­cré­di­tée, il va rem­por­ter des vic­toires aus­si pres­ti­gieuses les unes que les autres sur un enne­mi autri­chien plus nom­breux. C’est Mon­te­notte, Lodi, Arcole, Cas­ti­glione, Rivo­li, etc. Il va asso­cier la gloire et l’armée d’Italie.

Le 10 mai, à Lodi, les troupes fran­çaises fran­chissent l’Adda. La prise du pont relève de l’exploit mili­taire. Dans la soi­rée, Bona­parte se repo­sant à son bivouac reçoit un groupe de sol­dats qui dési­rent lui par­ler. Un vieux sol­dat s’approche et lui offre des galons de capo­ral. Ceci exprime toute la gra­ti­tude d’une armée pour son jeune et talen­tueux commandant.

Ce fait serait à l’origine du grade de capo­ral d’honneur. C’est une simple manière de rendre hom­mage à un indi­vi­du, et de témoi­gner un atta­che­ment mutuel.

Quant à sa taille, peut-on vrai­ment dire que Napo­léon était petit ? Avec ses 1m68, il était dans la moyenne des hommes euro­péens de son époque. En com­pa­rai­son, Robes­pierre ne fai­sait “que” 1m61 !

Un retour audacieux !

Après avoir quit­té l’exil de l’île d’Elbe, Napo­léon part à la recon­quête de la France. Il débarque le 1er mars 1815 à Golfe-Juan. C’est le début de la période dite des « Cent-Jours ». Appre­nant cette nou­velle, le roi Louis XVIII, alors au pou­voir, charge le maré­chal Ney de rame­ner l’Empereur « dans une cage de fer ». Napo­léon et ses fidèles gre­na­diers ren­contrent, non loin de Gre­noble, les troupes du géné­ral Mar­chand. Un des offi­ciers ordonne d’ouvrir le feu. C’est alors qu’une scène invrai­sem­blable se pro­duit. Napo­léon ouvre sa redin­gote, s’avance vers ceux qui le tiennent en joug, et pro­nonce cette phrase : « sol­dats du 5e, je suis votre empe­reur. Recon­nais­sez-moi. S’il est par­mi vous un sol­dat qui veuille tuer son empe­reur, me voi­là ! »… Les sol­dats baissent leurs fusils, et se pré­ci­pitent vers Napo­léon en l’acclamant.

Les “vieux de la vieille”

A pre­mière vue, cette expres­sion désigne une per­sonne âgée. Pour la déchif­frer uti­li­sons un dic­tion­naire de la langue verte (argot). Serait-ce les parents ou les amants d’une femme non mariée ? Vous n’y êtes pas. La « vieille » désigne la Vieille Garde, le corps d’élite de l’armée impé­riale. Cette Garde qui « meurt mais ne se rend pas », comme l’affirme le géné­ral Cam­bronne lors de la bataille de Water­loo en 1815. Donc les « vieux de la vieille » sont les vété­rans, les sol­dats les plus expérimentés.

Napoléon et Paris

Colonne Vendome

Il a fait éri­ger dans la capi­tale de nom­breux monu­ments à la gloire de la Grande Armée : ce sont les arcs du Triomphe et du Car­rou­sel, la colonne de la place Ven­dôme sur­mon­tée d’une sta­tue de l’Empereur, et l’église de la Made­leine conçue comme le temple de ses victoires.

De nom­breux lieux de la capi­tale, édi­fiés pen­dant son règne, porte encore aujourd’hui le nom de ses batailles. On recense des ponts sur la Seine (Aus­ter­litz, Iéna), des rues-ave­nues-bou­le­vards et places : Abou­kir, Arcole, Aus­ter­litz, Cam­po-For­mio, Cas­ti­glione, Dant­zig, Eylau, Fried­land, Iéna, Lübeck, Mag­de­bourg, Maren­go, Mon­te­notte, des Pyra­mides, Rivo­li, Ulm, Wagram.

En 1805, les voies de Paris sont renu­mé­ro­tées sui­vant cette règle : les numé­ros pairs à droite, impairs à gauche. Le sens d’une voie est déter­mi­né selon le sens du cours de la Seine.

Aujourd’hui, Paris est entou­ré par son périph’ ; autre­fois, ce péri­mètre était déli­mi­té par un ensemble de bou­le­vards por­tant les noms des maré­chaux de l’Empire : Ponia­tows­ki, Soult, Davout, Mor­tier, Séru­rier, McDo­nald, Ney, Bes­sières, Ber­thier, Gou­vion St Cyr, Lannes, Suchet, Murat, Vic­tor, Lefebvre, Brune, Jour­dan, Kel­ler­man, et Mas­sé­na … tiens … comme la caserne !


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