PARIS – LA DÉFENSE : La sécurité en priorité

Le quartier de la Défense, plus grand centre d’affaires européen accueille plus de 43 millions de visiteurs chaque année, et 450 000 personnes y passent chaque jour. Pour sécuriser cet ensemble en trois dimensions quelques 130 postes de sécurité incendie surveillent les lieux, nuit et jour.

La réponse historique à des enjeux stratégiques

La defense

« La Défense de Paris », au rond-point de Courbevoie

Ce quartier a été baptisé ainsi au début des années soixante, en mémoire de la défense héroïque de Paris contre les Prussiens lors de la guerre de 1870. Résistant plus de 6 mois à l’avancée de l’armée Prussienne, les troupes françaises tentent le 19 janvier 1871, une ultime sortie lors de la célèbre bataille de Buzenval qui se soldera par une défaite. Afin de commémorer les milliers de victimes décédées lors du siège de paris, la préfecture de la Seine (ancien nom du Département de Paris) inaugure une statue de bronze dénommée « la Défense de Paris » (Louis-Ernest Barrias) le 12 août 1883. Déplacée à plusieurs reprises, elle peut aujourd’hui être admirée sur le parvis de la Défense.

Le Monument de nos jours

Situé en banlieue nord-ouest de Paris dans le département des Hauts-de-Seine sur les communes de Puteaux, Courbevoie, Nanterre et la Garenne-Colombes, il comporte près de 60 immeubles de grande hauteur, en majorité à usage de bureaux. Issue d’une décision stratégique prise au début des années 60, il constitue le plus grand quartier d’affaires européen.

Un boulevard circulaire à sens unique ceinture les quelques 160 hectares de cette opération d’aménagement d’intérêt national (OIN). La dernière extension de ce périmètre a été fixée par décret n° 2018-665 daté du 27 juillet 2018.

Périmètre EPADESA

Le quartier de la Défense, ce sont également 600 000 m² de logements, un centre commercial emblématique, « les Quatre Temps », accueillant 43 millions de visiteurs chaque année, et le Centre des Nouvelles Industries et Technologies (CNIT), premier bâtiment d’ampleur du quartier inauguré le 12 septembre 1958 par le général de Gaulle. Il reçoit de nos jours 14 millions de visiteurs par an.

Le CNIT dans les années soixante

La Défense intègre enfin un dédale de sous-sols qui s’articulent autour d’infrastructures de transport : RER A, ligne 1 du métro, voies de transit et de desserte, terminal autoroutier international et national « Jules Verne », etc. En 1958, il s’agissait pour l’Etablissement public d’aménagement de la Défense Seine Arche (EPADESA) de séparer les flux piétons et les flux de transport. Une vision urbanistique innovante qui a fait émerger une vaste esplanade de 31 hectares surélevée par rapport au niveau naturel du sol.

Afin de poursuivre l’évolution de ce quartier et suivant la logique de transfert de la gouvernance de l’Etat aux collectivités locales, l’établissement public [1]« Paris La Défense », fusion de l’EPADESA et de DEFACTO, a été créé le 1er janvier 2018. Il réunit les compétences de gestion et d’aménagement sur l’ensemble des périmètres de l’OIN du quartier d’affaires de la Défense, de Nanterre et la Garenne-Colombes soit près de 564 hectares.

 

parvis défense

Une gestion centralisée et décentralisée de la sécurité incendie

130, c’est le nombre de postes de commandement (PC) liés à la sécurité incendie du site. Ce chiffre s’explique à la fois par des obligations réglementaires et des contraintes d’exploitation qui ont structuré au fil du temps les choix d’organisation. Ainsi, la réglementation des immeubles de grande hauteur impose la présence d’un PC de sécurité par entité. Plusieurs particularités peuvent être citées :

  • l’immeuble La Grande Arche compte 3 PC ;
  • la Société Générale dispose d’un PC qui supervise les informations de plusieurs immeubles ;
  • un unique PC supervise 14 parcs de stationnement publics ;
  • 2 hôtels (IBIS NOVOTEL et FRASER SUITES HARMONIE) ont un PC commun ;
  • 3 immeubles d’habitation du quartier Saisons disposent d’un PC commun ;
  • la RATP arme un unique PC au niveau de la gare multimodale (ligne 1, RER A, lignes du tramway T2, L et U) ;
  • le terminal autoroutier Jules Verne dispose d’un PC armé la journée. La nuit, la surveillance est assurée par le PC de Paris la Défense, le plus dimensionnant en terme de sites surveillés et de missions à assurer.

Au début des années 90, afin de pouvoir gérer de façon globale l’exploitation du site (droits d’accès, traitement du courrier, sécurité, etc.), un premier PC de sécurité général est créé. Il s’agit alors notamment de surveiller quelque 14 kilomètres de galeries techniques présentes dans le quartier. Il déménage dans les années 2010 pour rejoindre de nouveaux locaux et trouve finalement sa configuration la plus aboutie en décembre 2017. Il s’agit, par une ergonomie et des équipements modernes, de faire face aux nouveaux enjeux du quartier.

 

PC historique au niveau du quartier Boieldieu

Aujourd’hui, avec près de 320 caméras et quelques 13 000 capteurs d’informations (intrusion, téléphonie ascenseur, interphonie des tunnels et des parkings souterrains, incendie, etc.), le PC de sécurité de Paris la défense présente des caractéristiques uniques. Organisé autour de trois pôles (incendie, sûreté et sécurité tunnels) il est armé 24h/24 par trois opérateurs et un superviseur faisant office de chef de salle. Afin de compléter le dispositif, des binômes patrouillent à l’extérieur le jour et la nuit.

Il dispose essentiellement de deux applications métiers lui permettant d’assurer ses missions :

  • une première application baptisée VIAPPEL développée par la société CEDRALIS au profit des services de l’Etat mais également des grandes entreprises. Cet outil permet de diffuser des messages d’information aux personnes circulant sur le parvis, aux usagers des tunnels et aux différents PC de sécurité du quartier. Il permet également dans le cadre du Plan de Mise en Sécurité de la Défense (PMSD 92) de transmettre immédiatement des consignes d’évacuation ou de mise à l’abri, notamment sur demande de la préfecture et/ou des services d’urgence. Cet outil utilise des panneaux à messages variables (PMV) et des automates d’appel via des messages vocaux, des SMS et des courriels.
  • une deuxième application baptisée HSAE (hyper superviseur d’aide à l’exploitation) assure la gestion de tout le système d’information. Une société prestataire prend en charge les opérations de Maintien en Condition Opérationnelle (MCO) et de Tierce Maintenance Applicative (TMA) nécessaires pour maintenir et faire évoluer les systèmes informatiques assurant la sécurité et la sûreté de cet outil.

PC actuel de Paris La Défense

Après à peine un an d’existence, il s’agit désormais de développer tous les savoir-faire spécifiques à la gestion de crises majeures. L’infrastructure ad hoc mise en place, notamment une salle de crise moderne, permet d’optimiser toutes les fonctions attendues.

 

Un objectif : répondre aux enjeux majeurs de sécurité

Les menaces protéiformes (attentats, actes de malveillances, etc.) imposent aux gestionnaires d’anticiper des mesures techniques et organisationnelles conséquentes, d’autant plus que le quartier poursuit son développement : huit nouveaux IGH devraient être exploités d’ici 2022 et le premier projet d’immeuble de très grande hauteur (tours Hermitage) est toujours en suspens. Ces bâtiments feront l’objet de protections balistiques et d’installations d’alarmes attentat spécifiques. Au regard des enjeux de sécurité publique, la coexistence des fonctions de sureté et de sécurité devient impérative et doit s’inscrire dans une réflexion globale dès la phase de conception des projets (mesures de confinement et/ou d’évacuation partielle ou généralisée en IGH).

 

Dans ce contexte et à une échelle macroscopique, la gestion des mesures organisationnelles des différents sites de la Défense est à mettre en cohérence, notamment en raison d’une densité de fréquentation hors norme (en moyenne 450 000 personnes transitent tous les jours par le pôle de transport multimodal du quartier). Ainsi, en cas de sinistre, le centre commercial « Les Quatre Temps » applique une stratégie d’évacuation par zone via en simultané des sorties débouchant directement en surface et d’autres donnant sur des rues intérieures situées sous la dalle de la Défense. Dans un IGH, seul le niveau sinistré est évacué, dans un premier temps vers un niveau inférieur, puis, dans un deuxième temps, vers l’extérieur. Ces concepts issues d’une longue culture de la sécurité doivent être mis en perspective du risque attentat qui peut prendre de multiples formes et intégrer notamment l’incendie. En particulier, il est évident que le regroupement massif d’usagers aux abords des bâtiments constitue une vulnérabilité significative.

Enfin, la concentration grandissante des immeubles de grande hauteur et des gares sur le quartier de la Défense soulève une dualité qui oppose la faible disponibilité du foncier et la difficulté grandissante du site. Les isolements entre structures sont difficiles à respecter. Les établissements se superposent en infrastructure, rendant les cheminements d’évacuation et d’accès des secours tortueux. Les chantiers constituent des phases délicates à conduire tant les espaces sont contraints. Le défi de demain est donc de construire pour répondre aux besoins économiques sans dégrader le niveau de sécurité. Il faudra rester simple et pragmatique, car en situation d’urgence, la complexité est un très mauvais allié.

 

[1] L’établissement public EPADESA créé le 2 juillet 2010 a disparu le 1er janvier 2018 avec la création de l’établissement public Paris La Défense

2 commentaires

  1. Très bon article de synthèse

  2. Très bon article,très bien fait.

CRÉDITS

Texte : BSPP (BPrev)- Photos : DR

allo18

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