PERSPECTIVES : La Brigade face aux enjeux de demain

Quels sont les risques, quelles sont les menaces qui pèseront demain sur la sécurité des personnes et des biens auxquels devra faire face la BSPP ? Pour répondre à cette question, le schéma interdépartemental d’analyse et de couverture des risques (SIDACR) est élaboré et révisé, sous l’autorité du préfet de Police, par le général commandant la brigade de sapeurs-pompiers de Paris. Il détermine les objectifs de couverture de ces risques, en définissant les enjeux et leurs lignes directrices pour aujourd’hui et pour demain.

L’environnement et le contexte

Ce SIDACR représente la traduction adaptée à la BSPP, de l’article L1424-7 du Code général des collectivités territoriales, qui définit le schéma départemental d’analyse et de couverture des risques (SDACR).
N’échappant pas à la règle s’appliquant aux autres services d’incendie et de secours, la BSPP doit cependant intégrer une spécificité supplémentaire : sa compétence s’étend sur quatre départements et sur les plateformes aéroportuaires de Roissy-Charles-de-Gaulle, d’Orly et du Bourget, situées en partie hors de la zone de compétence traditionnelle. Rédigé pour la première fois en 2007, ce SIDACR planifie sur cinq ans, la réponse opérationnelle de la BSPP sur ses zones d’actions. Ce document doit permettre à la Brigade de décrire et d’expliquer l’organisation de sa réponse, ainsi que la nature de sa réflexion stratégique, perpétuellement renouvelée.

Le contexte du SIDACR 2017-2022
Seul service interdépartemental d’incendie et de secours de France, la BSPP défend un secteur d’une superficie de 800 km², au profit d’une population forte de près de sept millions d’habitants, auxquels viennent s’ajouter quotidiennement deux millions de Franciliens, et chaque année, vingt-cinq millions de touristes.
Avec 8 555 hommes et femmes, dont 557 travaillant en affectation temporaire auprès d’autres organismes dans le cadre de conventions, la Brigade est le plus grand corps de sapeurs-pompiers en Europe et le troisième dans le monde, derrière New-York et Tokyo.
Dans une conjoncture économique difficile, où l’exigence de rationalisation des dépenses est omniprésente, et dans un contexte social dégradé, la BSPP s’attache, sous les ordres du préfet de police, à répondre au besoin légitime de sécurité. Pour cela, elle optimise l’ensemble de ses procédures et de ses ressources, tant en personnel qu’en équipements et en infrastructures. La ressource humaine doit être consolidée pour l’ensemble de ses fonctions d’appuis et de soutiens opérationnels afin de se préparer à affronter les défis annoncés :

  •  l’accroissement des activités liées au secours à personne ;
  •  la relative stabilité numérique des incendies ;
  •  les enjeux du Grand Paris ;
  •  la menace durablement prégnante des attentats terroristes.

Confrontée à une permanente évolution de son secteur d’opérations, la BSPP actualise chaque année sa réponse opérationnelle. Le présent SIDACR a pour objectif principal de décrire le modèle actuellement en place, en soulignant sa juste suffisance qui légitime le développement dans les années à venir des outils permettant de concevoir une base innovante, afin de tenir compte des défis futurs, tels que le Grand Paris et les JO de 2024.

L’analyse des risques

Les risques courants

L’étude des risques courants se base essentiellement sur une analyse statistique de l’activité opérationnelle de la BSPP. Elle permet d’ajuster les moyens opérationnels courants (localisation, nature et nombre) en fonction d’objectifs de couverture clairement définis. Les risques courants sont caractérisés par une probabilité d’occurrence élevée et de faible gravité.

Repartition des interventions BSPP

L’incendie

Le nombre d’incendies reste particulièrement stable, aux alentours de 13 500 par an. Parmi eux 48 % concernent la voie publique, et plus précisément des véhicules, des poubelles ou du mobilier urbain. L’analyse doit donc pondérer ce type d’incendies. Caractéristique : ces feux sont peu consommateurs en personnel et en matériel, contrairement à ceux touchant les bâtiments. Les efforts conduits en matière de réglementation contre les risques d’incendie et de panique en habitation et en ERP ont sans nul doute des effets sur la nature des incendies, ou encore la limitation des dégâts occasionnés. Mais finalement ils impactent assez peu le nombre global et l’occurrence.
La mise aux normes des bâtiments sera progressive et étroitement dépendante de l’activité économique. De plus, les moyens consacrés au contrôle de l’application de cette réglementation restent limités. Enfin, le nombre d’incendies majeurs ou importants, c’est-à-dire ceux qui nécessitent des moyens supérieurs à l’engagement nominal de deux engins-pompe, d’un moyen élévateur aérien et de la ventilation opérationnelle, reste également stable.
Ce caractère relativement homogène des incendies permet de construire une couverture opérationnelle relativement pérenne et sans rupture majeure en matière de techniques d’attaque. Toutefois, les changements susceptibles d’intervenir dans la réglementation, notamment sur le temps de travail et la sécurité des équipes engagées, pourraient conduire à un redimensionnement des moyens à y consacrer.

Le secours à victime

L’analyse du SIDACR implique toute intervention sur laquelle une victime est présente, que la cause de la détresse soit exogène (accident) ou endogène (maladie). Ces interventions, médicalisées ou non, représentent, tant en nombre qu’en temps consacré à l’opération, le cœur de l’activité. À la différence des incendies, la tendance est à la hausse (plus de 2 % par an). Elle nécessite donc un suivi particulier et une adaptation permanente de la couverture opérationnelle, en étroite collaboration avec d’autres acteurs comme l’Agence régionale de santé (ARS), les services d’aide médicale urgente (SAMU) ou la permanence des soins (hôpitaux, médecins de ville, transports sanitaires, etc).
Si les mécanismes qui prévalent à cette évolution ne sont pas encore parfaitement connus, certains doivent cependant faire l’objet d’une attention particulière :

  •  le rapport entre la population défendue (résidente ou non) et le nombre d’interventions ;
  •  le niveau de vie et la sollicitation des services d’incendie et de secours (de préférence aux acteurs privés de la permanence des soins) ;
  •  les conséquences de l’implantation de zones commerciales ou de bureaux sur l’activité opérationnelle dans ce domaine ;
  •  les modes de transport.

Il convient en outre de souligner que certaines de ces interventions sont structurelles : elles reflètent la traduction statistique de l’évolution d’une intervention classique vers une intervention relevant d’un autre service public :

  •  les assistances à personne ;
  •  les faits d’animaux ;
  •  la protection des biens et les pollutions ;
  •  les interventions concernant l’eau, le gaz et l’électricité.
Secours à personne à la Gare de Lyon

Les risques particuliers

L’étude des risques particuliers se base sur une approche déterministe, consistant à recenser les événements pouvant conduire à un accident grave touchant l’environnement. Cette approche doit permettre de maintenir les risques à des niveaux acceptables, grâce à la performance des équipements choisis et à l’optimisation des décisions organisationnelles. Contrairement aux risques courants, les risques particuliers sont caractérisés par une probabilité d’occurrence faible mais aux effets importants. Qu’ils soient à effets limités ou majeurs, ils recouvrent quatre grands domaines.

Les risques naturels portent principalement sur les inondations, les mouvements géologiques et les accidents climatiques.

Les risques technologiques sont uniquement engendrés par l’homme, en particulier à travers la production industrielle directe, la domestication des ressources énergétiques naturelles, leur transformation ou encore leur transport. Les conséquences en sont les risques d’incendie, d’explosion et de pollution, chimique ou radiologique.

Les risques sanitaires, extrêmement sensibles sur le plan médiatique, imposent une mise en œuvre du principe de précaution. Qu’il s’agisse d’une pandémie grippale ou d’une pollution des eaux de consommation, le phénomène dépasse largement le domaine de compétence de la BSPP, qui ne peut inscrire son action que dans celle initiée par le ministère en charge de la santé.

Les risques sociaux sont comme toutes les grandes villes qui accueillent des centres de pouvoir importants, Paris est le siège de nombreuses manifestations spontanées ou programmées (Saint-Sylvestre, défilé du 14 juillet, Tour de France…).

Paris et sa banlieue : des risques à tous les étages

La menace terroriste

Le niveau de menace reste significativement élevé. Le recours à des modes d’actions de plus en plus variés et violents, en application d’une doctrine globale de conquête, font du terrorisme international une menace difficile à contrer. Cette évolution de la menace, qui induit des effets potentiels de déstabilisation extrêmement grave sur la société, doit être prise en compte dès maintenant, dans la réponse opérationnelle.
Sur le secteur qu’elle défend, les cibles potentielles sont multiples telles les zones de grandes affluences (gares, aéroports, centres commerciaux, stades, musées…), les lieux symboliques (bâtiments institutionnels, ambassades, hôpitaux, sièges sociaux des grandes entreprises…), ou encore les sites stratégiques (infrastructures de transports, d’énergie, de communication…). Indépendamment de sa cause (conventionnelle ou de type NRBC), les conséquences d’un attentat terroriste sont similaires à celle d’un événement catastrophique générant de nombreuses victimes, ou d’un accident technologique. L’attentat se distingue cependant par ses impacts en termes sociétaux (psychose) et par la menace qu’il continue de faire peser pour les services de secours (risque de sur-attentat). Il impose donc une réponse adaptée et préparée (planification et préparation opérationnelle).

Adapter les moyens de couverture aux risques

Le secteur de compétence de la Brigade offre une diversité des risques comparable à celle des autres départements français.
Les risques courants et particuliers se confondent géographiquement mais ne s’analysent pas selon les mêmes méthodes : statistique pour l’une, déterministe pour l’autre.
Dans un cadre économique contraint, il devient essentiel d’élaborer une réponse opérationnelle cohérente et adaptée, apte à engager les moyens nécessaires dans les délais compatibles avec l’urgence réelle.
Par ailleurs, si le statut général des militaires n’intègre pas la notion du temps de travail, ni la gestion comptable de celui-ci, il convient, pour la sécurité des victimes et des sauveteurs, de préserver les capacités physiologiques d’engagement du sapeur-pompier de Paris. Ainsi, à une analyse strictement numérique des sorties de véhicules, doit se substituer, dans les années à venir, un dispositif construit sur les durées d’engagement des équipages. Gage de cohérence et de sécurité, cela démontrera la nécessité de répartir la charge opérationnelle sur l’ensemble des acteurs de secours, tout en permettant une grande réactivité face aux événements particuliers.
Bien entendu, outre l’adéquation des moyens de couverture des risques courants et particuliers, le principe de couverture des risques s’appuie sur des piliers fondamentaux, caractérisés par :

  •  la prévention ;
  •  la prévision opérationnelle ;
  •  la planification ;
  •  les statistiques d’intervention ;
  •  le retour d’expérience (RETEX).
La BSPP a assuré plus de 500 000 interventions en 2017, dont 81,6 % de SUAP.

Les enjeux futurs pour la BSPP

L’approche conjoncturelle

La lutte contre l’inexorable tendance à la hausse du secours d’urgence à personnes
On constate une hausse exponentielle des secours d’urgence à personnes (SUAP) sur la zone défendue par la BSPP qui aura immanquablement dans les années à venir des incidences sur la couverture opérationnelle.
La BSPP a assuré plus de 500 000 interventions en 2017, dont 81,6 % de SUAP. La lutte contre le feu (2,8 %) reste la mission « exclusive » du sapeur-pompier de Paris, mais ce cœur de métier historique est aujourd’hui relayé à un second plan qui quantitativement par le SAV, qui constitue désormais l’activité essentielle.

Les facteurs explicatifs de la hausse du SUAP
L’augmentation de la population ces dernières années permet d’expliquer en partie cette hausse continue. De plus, selon une étude de l’INSEE, d’ici 2030, 600 000 résidents supplémentaires sont attendus sur le secteur de la BSPP. Cette hausse prévisible entraînera un surplus corrélé d’interventions proche des 50 000 à l’horizon 2030-2035.
Mais d’autres facteurs exogènes peuvent expliquer la hausse constante des SUAP

  •  le vieillissement de la population ;
  •  le développement des soins ambulatoires et du maintien à domicile, qui génère mécaniquement une hausse des transports vers les urgences, lorsqu’une complication intervient à domicile plutôt qu’à l’hôpital ;
  •  une moindre résilience de la population qui recourt aux soins dès la première inquiétude ;
  •  la recherche du risque zéro et du zéro contentieux par le corps médical qui amène à préférer la réponse maximale ;
  •  la hausse de la précarité et un mauvais accès aux soins ;
  • la hausse de la population en transit.
tableau du nombre d'interventions depuis 1978

Tableau du nombre d'interventions depuis 1978 par catégories

Le Grand Paris
Le Grand Paris traduit un projet visant à transformer l’agglomération parisienne en une grande métropole moderne à l’image du XXIe siècle. Il doit permettre à la région de rivaliser notamment avec New York, Londres et Tokyo, en améliorant le cadre de vie des habitants, en corrigeant les inégalités territoriales et en construisant une ville durable. La métropole du Grand Paris (MGP) se subdivise en onze structures administratives ayant le statut d’établissement public de coopération intercommunale, dénommé « établissement public territorial » (EPT). Ces onze EPT regroupent les 123 communes des trois départements des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne, ainsi que sept communes des départements limitrophes de l’Essonne (Athis-Mons, Juvisy-sur-Orge, Morangis, Paray-Vieille-Poste, Savigny-sur-Orge, Viry-Châtillon) et du Val d’Oise (Argenteuil), soit au total sept millions d’habitants.
Directement liés, les transports en commun représentent un volet essentiel du Grand Paris. Avec 8,5 millions de voyageurs chaque jour en Île-de-France, la modernisation et l’extension du réseau apparaissent indispensables pour répondre aux besoins de mobilité des Franciliens. Ce chantier, piloté par la Société du Grand Paris, devrait s’achever à l’horizon 2030.
Cette évolution, doublée de vastes projets urbains autour des nouvelles gares du Grand Paris Express, aura immanquablement des incidences sur la couverture opérationnelle de la BSPP.

Bertrand Masselin, responsable de la sécurité et de la sûreté du Grand Paris répond à nos questions.

La crise migratoire
La France, directement touchée par cette crise migratoire, a vu se développer ces dernières années de nombreux campements aux conditions de vie très précaires, notamment sur la zone défendue par la BSPP. De par leur ampleur et leur persistance, ces camps auront, eux aussi immanquablement, des incidences sur la couverture opérationnelle.

Les quartiers en difficulté
La zone défendue par la BSPP compte 146 quartiers prioritaires. Aujourd’hui, 992 000 habitants du secteur Brigade vivent dans un « quartier prioritaire de la ville » (QPV), soit 14,7 % de la population totale de Paris et des trois départements de la petite couronne (contre 13 % au niveau national et 8 % en France métropolitaine).
Les interventions de la BSPP dans les QPV sont récurrentes pour les feux de poubelles, de mobiliers urbains et les feux de véhicules sur la voie publique. De plus, à l’instar des événements de 2005, des flambées de violence peuvent survenir périodiquement dans ces quartiers, mettant les moyens de la BSPP à rude épreuve.

Aéroport Roissy- Charles de Gaulle

Aéroport Paris-Charles de Gaulle

L’extension des aéroports de Paris
La société Aéroports de Paris (ADP) est l’unique gestionnaire des trois aéroports d’Île-de-France. Dans son plan Connect 2020, elle envisage une croissance du trafic passager de 2,5 % en moyenne par an entre 2016 et 2020. L’objectif est de faire de Paris-Charles de Gaulle (PCDG) le premier aéroport international d’Europe, tout en continuant à développer Orly, pour atteindre 107,5 millions de passagers en 2020 contre 101,5 en 2017.

L’aéroport Paris-Charles de Gaulle
Dans ce plan ADP 2016-2020, le but est de développer le hub international pour accueillir plus de passagers. De faire du terminal 1, une liaison inter-satellitaire, de modifier le terminal 2B et la liaison de bus directs pour accueillir 80 millions de passagers. Cependant pour 2024 et les JO, le CDG EXPRESS sera en liaison directe avec Paris-CDG. Le chantier suivant sera le développement par étape d’un futur terminal 4. à plus long terme, avec le terminal 4 et le CDG express, le Cargo Rail EXpress (CAREX) devrait voir le jour avec pour objectif de structurer un transport de fret par TGV entre métropoles et aéroports européens.

L’aéroport Paris-Orly
Situé à dix kilomètres au sud de Paris, l’aéroport de Paris-Orly est implanté sur 1 540 hectares. Il est spécialisé dans le trafic « point à point » sur les destinations métropolitaines, l’Europe, la Méditerranée et l’Outre-mer. Il est doté de deux aérogares de passagers dont la fréquentation a atteint 31,3 millions de passagers en 2016 (hausse de 5,3 %). La plateforme d’Orly représente le deuxième aéroport français et le douzième aéroport européen. Il contribue à la création de près de 25 000 emplois directs.
Afin de moderniser et de restructurer l’aéroport de Paris-Orly, des travaux sont en cours :

  •  agrandissement du Terminal Sud (bâtiment de 50 000 m² dont l’instruction est en cours, livraison prévue 2019) ;
  •  extension de la jetée Est de l’aérogare Sud Orly ;
  •  création d’un bâtiment de jonction entre les deux aérogares (25 000 m² sur quatre niveaux, 1 600 mètres de long, commerces, salons, salles d’embarquement ;
  • développement de « cœur d’Orly » (40 boutiques, trois hôtels, bureaux, livraison prévue 2020).

L’aéroport Paris-Le Bourget
Implanté sur 553 hectares à sept kilomètres au nord de Paris, l’aéroport de Paris-Le Bourget est le premier aéroport d’affaires en Europe. Avec ses trois pistes et ses aires de stationnement, il peut accueillir tous types d’avions, jusqu’à l’Airbus A380. Ainsi, une trentaine de bâtiments y accueillent près de 100 entreprises de maintenance, d’équipements, d’aménagements d’avions et de services aéroportuaires.

La base aérienne d’Issy-les-Moulineaux
Située aux abords du périphérique à Issy-les-Moulineaux (92), l’héliport sert de base hélicoptère pour la Sécurité Civile de Paris. Deux Eurocopter EC145 opèrent sur Paris, ses trois départements limitrophes, et parfois en Seine-et-Marne. On y trouve également les bureaux et la salle de commandement des hélicoptères de la Sécurité Civile.
Le contexte actuel de montée en puissance significative des plateformes aéroportuaires parisiennes, mais également le contexte de menace durable, ainsi que la perspective d’accueillir les JO 2024 devraient engendrer une progression de l’activité opérationnelle.
À la suite de la mise en place d’une nouvelle gouvernance régalienne, avec l’extension des pouvoirs du préfet de police sur les trois plateformes, la consolidation de la réponse opérationnelle de la BSPP permettant d’assurer la couverture des risques et des menaces propres à l’espace aéroportuaire, représente un enjeu stratégique majeur pour la Brigade.

Les JO vont engendrer un certain nombre de risques auxquels la Brigade devra faire face.

L’accueil des Jeux-Olympiques en 2024
Le mercredi 13 septembre 2017, la ville de Paris a été désignée comme l’hôte des Jeux-Olympiques 2024. Notre capitale profite déjà d’équipements performants mais a également anticipé la construction d’infrastructures sportives nouvelles. Il conviendra encore de bâtir le village olympique et le centre nautique. La BSPP devra alors se préparer à l’arrivée massive de visiteurs sur sa zone de compétence et envisager la mise en place de dispositifs prudentiels exceptionnels.
Le 3e GIS accueillera le plus grand nombre de sites de compétitions, avec dix complexes différents. Suivi par le 1er GIS avec six emprises, dont le village olympique et le stade de France (lieu de la cérémonie d’ouverture). Le 2e GIS aura quant à lui à défendre uniquement le complexe Bercy Arena.
Le nombre important de sites nécessaires au déroulement des JO et la mise en place de fan-zones vont entraîner des difficultés de circulation et d’accès à certaines zones, pour les engins de la BSPP notamment. Cela aura immanquablement des répercutions sur sa couverture et sa réponse opérationnelle.
La tenue de ces JO va également engendrer un certain nombre de risques auxquels la Brigade devra faire face :

  •  la concentration de population et mouvements de foule autour des lieux des activités prévues dans le cadre des festivités ;
  •  l’augmentation de l’activité SUAP ;
  •  les rassemblements spontanés et localisés ;
  •  la menace attentat ;
  •  la menace NRBC.
    Afin de gérer au mieux ces risques liés à cet événement sans précédent depuis la naissance de la BSPP, tant par l’afflux de population, que par la durée de la compétition, la Brigade devra disposer d’une couverture courante renforcée, éventuellement aggravée, mais jamais affaiblie. Les centres de secours avoisinants les sites de compétition devront être densifiés.
Logo Paris 2024

Une approche structurelle

Nouveau VSAV

L’amélioration de la qualité du service rendu (QSR)
Sur la base de ces missions, et soucieuse d’améliorer encore son efficacité, la Brigade souhaite initier une démarche qui doit lui permettre de mesurer sa performance en terme de qualité de service rendu au profit des personnes qu’elle prend en charge sur son secteur de compétences.
Dans le secteur public et particulièrement à la BSPP, même si la victime n’est pas à proprement parler un usager, l’intérêt d’une démarche « qualité » est qu’elle oriente l’action sur les résultats à atteindre plus que sur les moyens à mettre en œuvre.
Le challenge est d’importance car la difficulté majeure consistera à fixer le niveau de qualité de service, dans les domaines suivants :

  •  une meilleure réponse quant aux besoins et attentes des victimes (mise en place de questionnaires de satisfaction) ;
  •  la garantie du niveau de préparation opérationnelle ;
  •  la poursuite du travail visant à ancrer les comportements dans le respect des principes éthiques ;
  •  la gestion des dysfonctionnements et des situations à risques ;
  •  la valorisation du professionnalisme en externe (campagne d’information à destination de la population) et le renforcement des relations avec les divers partenaires.

L’optimisation de la couverture opérationnelle
Une analyse précise des risques sur le secteur de la BSPP doit être réalisée afin que le SIDACR puisse répondre à son objectif d’optimisation de répartition des secours, en tenant compte d’une double nécessité : la mise en adéquation des moyens de secours et des risques répertoriés sur le secteur Brigade et la possibilité pour les décideurs de faire des choix dans la stratégie d’acquisition de ces moyens.
Le modèle du SIDACR précédent, pour 2012-2016, n’étant plus en conformité avec la sursollicitation actuelle dans le domaine du SUAP, la couverture opérationnelle de la Brigade a progressivement fait l’objet d’évolutions majeures. Elle se traduit principalement par la mise en place de trois vecteurs :

  •  le principe de modularité, visant à utiliser des engins-pompe, en lieu et place des VSAV, afin d’effectuer une mission SUAP, lorsque ces derniers sont tous mobilisés. L’équipage de l’engin-pompe, normalement armé par six sapeurs-pompiers sera alors scindé en deux équipes de trois, permettant à un instant T, de doubler sa capacité de réponse opérationnelle, en secours à victime.
  •  La création de secteurs thématiques, permettant pour un motif SUAP, de mobiliser un VSAV d’un lieu de casernement voisin et ainsi, préserver l’engin-pompe du secteur concerné par le sinistre.
  • Les modifications constantes de l’organisation opérationnelle, en fonction des risques courants et particuliers.

Ne se limitant pas aux thématiques citées précédemment et afin d’optimiser sa réponse, le commandement de la Brigade prend également en compte de nombreux autres critères, tels que la valorisation des délais d’intervention, l’évolution des capacités d’accueil des services d’urgence en milieu hospitalier, la gestion du temps d’activité de son personnel et le développement des moyens matériels et des installations hydrauliques.

La plateforme des appels unifiés
L’actuel système de gestion des opérations a été mis en service en janvier 2011. Le besoin de satisfaire aux nouveaux enjeux et d’améliorer la qualité de service rendu auprès de la population a conduit à mettre en place la plateforme des appels d’urgence (PFAU) pour permettre le traitement conjoint des appels d’urgence 17, 18 et 112, par la BSPP et la direction de la sécurité publique de l’agglomération parisienne (DSPAP) de la préfecture de police de Paris. Des travaux sont actuellement en cours pour unifier l’ensemble des systèmes de gestion des opérations des sapeurs-pompiers en France, en un seul plus performant, plus robuste et interopérable avec l’ensemble des acteurs de secours (projet NexSIS).

La couverture nautique
Avec un trafic fluvial de plus en plus important et le développement d’installations fixes ou mobiles en bord de Seine, de Marne ou des canaux, le SIDACR prévoit là encore, le développement d’un grand nombre de risques et précise les futurs besoins et procédures de la Brigade en conséquence.

L’organisation du domaine Sauvetage-Déblaiement (SD)
Les risques d’éboulement et d’effondrement sur le secteur Brigade n’ont pas diminué depuis l’après-guerre et pourraient être en constante augmentation dans les années à venir, au regard de l’imbrication des réseaux du tissu urbain de la plaque parisienne (voir infographie).
Forte de son expérience dans le domaine SD, la Brigade met en exergue à travers le SIDACR, les évolutions indispensables à prendre en compte dans les années futures.
Dans les cinq prochaines années, les contributeurs seront donc sollicités sur un nécessaire effort financier, permettant à la BSPP de faire évoluer son modèle et s’adapter ainsi aux défis prévisibles, décrits précédemment. Son budget d’investissement devra pour cela augmenter, afin de préserver le niveau de la qualité de la réponse opérationnelle et résorber les difficultés logistiques.
L’acquisition de fonciers supplémentaires doit enfin être anticipée dès à présent, pour préparer le SIDACR 2022-2027, qui permettra de décrire un modèle repensé en profondeur et adapté aux enjeux considérables annoncés.

Intervention sur la Seine

4 commentaires

  1. Bravo pour cet article qui confirme une nouvelle fois les grands Savoir et Savoir-faire de la Brigade dans une grande dimension.
    Une approche stratégique de prévision qui pose les bases d’une déclinaison justement planifiée dans le détail avec pour objectif une réponse opérationnelle efficiente et pérenne.
    Colonel Pierre MASSON
    Directeur de la protection civile
    Haut-commissariat de la République
    98715 PAPEETE

  2. Très bonne prospective, mais il faut trouver des solutions pour les secours par VSAV car les sapeurs-pompiers ne sont pas des “bonnes à tout faire”. Il est urgent de revoir cette organisation afin que seules les urgences vitales, en cas de défaillance des autres services (ambulanciers privés, ambulances des SMUR).
    Revenir aux VSABR (Véhicule de secours aux asphyxiés et blessés de la route), même si on peut y ajouter d’autres blessés s’il y a urgence.

    Didier BURGGRAEVE, président du CAPSU
    Ancien de la Brigade.

  3. Est-ce que la BSPP s’intéresse aux apports de la numérisation (maquette numérique notamment) en termes de préparation d’intervention dans des infrastructures spécifiques, d’entraînement, de dessin opérationnel ou de retex ?

  4. Tout-à-fait. Ce sera, en partie, dans le prochain grand format et dans notre édition papier à paraître en janvier sur le thème de la formation.

CRÉDITS

Dossier réalisé par CCH Ludovic Rosenstein et 1Cl Myriam Jaballah.

allo18

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