RECRUTEMENT : Comment devenir sapeur-pompier de Paris ?

Nicho­las Bady —  — Modi­fiée le 30 juin 2021 à 03 h 08 

Grands formats — D’un côté, pour de nombreux jeunes gens, le métier de pompiers de Paris est un emploi qui fait rêver. De l’autre, pour assurer ses missions de secours et de lutte contre l’incendie, la Brigade a besoin non seulement d’engins, de centres de secours et de matériel mais aussi… de sapeurs-pompiers. Un recrutement efficace et judicieux est donc essentiel au bon fonctionnement et à la pérennité de l’Institution. ALLO DIX-HUIT a rencontré quatre jeunes recrues qui ont franchi la voûte de l’école de Villeneuve Saint-Georges (94) pour rejoindre nos rangs.

Troi­sième corps de sapeurs-pom­piers au monde, pre­mier d’Europe et Ins­ti­tu­tion unique en France, la Bri­gade défend quatre dépar­te­ments sur 800 km². 8 500 femmes et hommes pro­tègent plus de sept mil­lions d’habitants. Pour conser­ver le même niveau opé­ra­tion­nel, le recru­te­ment joue un rôle pri­mor­dial.
« Aujourd’hui, les condi­tions d’admission pour deve­nir sapeur-pom­pier de Paris sont au nombre de six, détaille le capi­taine Chris­tophe Pie­mon­te­si, chef de la sec­tion recru­te­ment du bureau orga­ni­sa­tion res­sources humaines (BORH). D’abord, il faut avoir la natio­na­li­té fran­çaise et un casier judi­ciaire vierge. Ensuite, avoir entre 18 et 25 ans — jusqu’à 27 ans dans le domaine du sou­tien — et être en bonne condi­tion phy­sique. Enfin, il faut déte­nir a mini­ma le diplôme natio­nal du bre­vet (DNB) et être titu­laire du per­mis de conduire de la caté­go­rie B. »

Rassemblement Pompiers à VSG

ICI TOUT COMMENCE
Lorsqu’un can­di­dat rem­plit les condi­tions d’admission, les dif­fé­rentes étapes de son recru­te­ment s’étalent sur « quatre à six mois, pour­suit le capi­taine Pie­mon­te­si. Le can­di­dat doit dans un pre­mier temps se rendre dans un des 105 centres d’information et de recru­te­ment des forces armées (CIRFA) et ouvrir un dos­sier auprès d’un conseiller ». Le CIRFA est donc le pre­mier pas du can­di­dat sur le che­min de l’incorporation. « Dans un second temps, le can­di­dat doit pas­ser les tests de sélec­tion de l’armée de Terre dans un des cinq centres de sélec­tion et d’orientation (CSO). »

Ces tests se com­posent d’une séance d’information sur l’engagement mili­taire, d’une visite médi­cale com­plète, d’épreuves spor­tives, d’une éva­lua­tion psy­cho­tech­nique et d’un entre­tien indi­vi­duel avec un éva­lua­teur de l’armée de Terre. « La troi­sième étape, ajoute le capi­taine, est l’agrément tech­nique des pom­piers de Paris. Il s’agit d’une immer­sion de 24 heures répar­ties sur deux jours qui se déroule au sein même de la Bri­gade. » En effet, les can­di­dats sont accueillis à la pis­cine de Mas­sé­na (Paris XIIIe) puis à l’école de Vil­le­neuve-Saint-Georges (94) afin de se fami­lia­ri­ser avec l’Institution, com­plé­ter les éva­lua­tions de l’armée de Terre et confir­mer leur volon­té de rejoindre la Bri­gade. « Nos futures recrues découvrent éga­le­ment le lieu où se dérou­le­ra leur for­ma­tion ini­tiale, aujourd’hui au fort de Vil­le­neuve-Saint-Georges mais, demain, à la toute nou­velle école des pom­piers de Paris, dont la construc­tion se ter­mine très bien­tôt. » Après l’agrément tech­nique, « la toute der­nière étape du recru­te­ment, c’est l’incorporation à la BSPP », conclut le capi­taine Pie­mon­te­si. La fin du recru­te­ment marque ain­si le début d’une autre aven­ture : celle de la for­ma­tion ini­tiale puis de l’admission dans un centre de secours de la bri­gade de sapeurs-pom­piers de Paris.

Conditions d'incorporation à la BSPP

••• 10 jours de service !


Sapeur Evan S.
PRÊT À GRAVIR LES ÉCHELONS !

Nous avons ren­con­tré le sapeur Evan S. le 15 jan­vier 2021, dix jours exac­te­ment après son incor­po­ra­tion. Spé­cia­liste en main­te­nance indus­trielle, il se confie pour ALLO DIX-HUIT sur sa moti­va­tion à rejoindre les rangs de la Brigade.

Les traits légè­re­ment tirés par les pre­miers jours de sa for­ma­tion ini­tiale, le sapeur S., 22 ans et pas­sion­né de sport depuis ses années lycée, a quelques cour­ba­tures aux cuisses : « cette nuit, avec ma sec­tion, nous avons effec­tué notre ral­lye de for­ma­tion mili­taire géné­rale (FMG), explique-t-il. En treillis mili­taire, nous avons réa­li­sé de nom­breux ate­liers spor­tifs et théo­riques. C’était mon pre­mier vrai moment de cohé­sion. J’ai ado­ré ça ! ».

SPÉCIALISTE DE LA MAINTENANCE
Avant d’intégrer l’école des sapeurs-pom­piers de Paris, Evan a sui­vi un cur­sus sco­laire remar­quable. « D’abord, indique le sapeur S., j’ai obte­nu mon bac­ca­lau­réat pro­fes­sion­nel en main­te­nance des équi­pe­ments indus­triels (MEI) et sa suite logique, le bre­vet de tech­ni­cien supé­rieur en main­te­nance indus­trielle. Ensuite, j’ai com­plé­té ma for­ma­tion par l’obtention d’une licence pro­fes­sion­nelle en main­te­nance indus­trielle et sûre­té des pro­cess (MISP). » Evan a fait toute sa sco­la­ri­té « en alter­nance, dans une grande entre­prise de tra­vaux publics. J’ai appris la main­te­nance indus­trielle sur des gros engins du bâti­ment et en usine de pro­duc­tion, notam­ment dans des cen­trales d’enrobage (NDLR : une cen­trale d’en­ro­bage est une ins­tal­la­tion indus­trielle où l’on pro­duit de l’en­ro­bé, ser­vant à consti­tuer la sur­face de rou­le­ment des routes). En fait, j’ai com­men­cé ma for­ma­tion avec la pelle et la pioche et j’ai ter­mi­né mes études supé­rieures devant un ordinateur ! ».

MON OBJECTIF :

OBTENIR LE MÊME GRADE QUE MON GRAND-PÈRE !


SAPEUR-POMPIER DE PARIS
« Après mes études, pour­suit le sapeur S., mon entou­rage pro­fes­sion­nel m’apprend que la bri­gade de sapeurs-pom­piers de Paris recrute des spé­cia­listes dans de nom­breux domaines… » Piqué de curio­si­té, Evan se ren­seigne sur Inter­net, puis se rend à l’état-major de la Bri­gade et passe éga­le­ment un entre­tien aux ate­liers de main­te­nance. « Tout a été très vite ! Des pro­cé­dures admi­nis­tra­tives au CIRFA à mon incor­po­ra­tion, il ne s’est pas­sé que quelques mois. C’était juste le temps néces­saire pour me pré­pa­rer phy­si­que­ment en vue de mon incor­po­ra­tion… Et aujourd’­hui, je suis pom­pier de Paris, spé­cia­liste de la filière main­te­nance mobi­li­té ter­restre (voir enca­dré) ! » Après sa for­ma­tion ini­tiale, le sapeur S. sera affec­té à la com­pa­gnie de main­te­nance (CMAI) et aura pour mis­sion de main­te­nir en condi­tion opé­ra­tion­nelle l’ensemble des échelles de la Bri­gade. « La théo­rie de la main­te­nance échelle est rela­ti­ve­ment simple, pour­suit le spé­cia­liste. Hydrau­lique, pneu­ma­tique, pro­gram­ma­tion : j’ai déjà tra­vaillé sur ce type de maté­riel dans le cadre de ma sco­la­ri­té. Main­te­nant, il faut sim­ple­ment que je m’adapte aux spé­ci­fi­ci­tés des engins de la BSPP. »
Le sapeur S. est par­ti­cu­liè­re­ment moti­vé à l’idée de ser­vir l’Institution : « c’est un milieu que je vais décou­vrir avec plai­sir, parce que je rends en quelque sorte hom­mage à mon grand-père, le capi­taine Claude Mathis. Il était com­man­dant d’unité à Colom­bier (3e GIS) au milieu des années 70 ». Bien­ve­nue au sapeur S., nous lui sou­hai­tons une belle car­rière au sein de la BSPP.

Dans quelques mois, les recrues ne pas­se­ront plus la célèbre voûte, la for­ma­tion ini­tiale aura lieu dans la toute nou­velle école des sapeurs-pom­piers de Paris à Limeil-Brévannes.

••• 4 mois de service !


Sapeur Chloé D.
EN QUÊTE D’ACTION

Elle ter­mine sa for­ma­tion ini­tiale à tout juste 21 ans. Le sapeur Chloé D. a d’ailleurs pas­sé son anni­ver­saire au fort de Vil­le­neuve-Saint-Georges (94). Son cadeau ? Une admis­sion en com­pa­gnie d’incendie et de secours.

« Je suis ori­gi­naire de Basse-Nor­man­die, indique le sapeur D.. J’ai gran­di près de la mer, du côté de Cou­tances (50), avec mon frère jumeau et ma petite sœur. Je suis très famille. » Chloé a jus­te­ment rejoint la grande famille de la BSPP il y a quelques mois, après avoir décou­vert le milieu des pom­piers… à la télé­vi­sion : « quand j’étais plus jeune, ce sont les repor­tages d’immersion qui m’ont vrai­ment don­né envie de deve­nir sapeur-pompier ! ».

MÉTIERS DE LA SÉCURITÉ
Au col­lège, Chloé se pas­sionne pour le sport, pra­tique la course à pied et sur­tout la nata­tion. « Aujourd’hui, ce sont mes points forts » affirme le sapeur D.. Au lycée, Chloé fait de l’exercice « tous les jours, dans le cadre de mon bac­ca­lau­réat pro­fes­sion­nel métiers de la sécu­ri­té (MS). Mais au-delà de la pré­pa­ra­tion phy­sique, le lycée m’a éga­le­ment appor­té les bases pour réus­sir la for­ma­tion ini­tiale de la BSPP sans trop de dif­fi­cul­tés. Par exemple, le lot de sau­ve­tage et de pro­tec­tion contre les chutes, le LSPCC, est quelque chose que l’on voit déjà en bac pro MS. On apprend aus­si du secou­risme, c’est vrai­ment un avan­tage pour la for­ma­tion ini­tiale ». En effet, le cur­sus sco­laire de Chloé a posé les fon­da­tions de son enga­ge­ment au sein de la bri­gade de sapeurs-pom­piers de Paris. « Pen­dant mes trois ans de lycée pro­fes­sion­nel, je por­tais un uni­forme, explique le sapeur D.. Comme à Vil­le­neuve, donc c’est assez facile de se créer de nou­veaux repères. D’ailleurs, c’est durant le lycée que j’ai déci­dé d’intégrer la Bri­gade, moti­vée par le dis­cours d’anciens élèves qui ont rejoint la BSPP. »

LA CURIOSITÉ EST LA PREMIÈRE DES QUALITÉS DU SAPEUR-POMPIER.


SAPEUR-POMPIER DE PARIS
Bien déci­dée à rejoindre les rangs de l’Institution, Chloé com­mence par s’abonner à l’ensemble des réseaux sociaux de la Bri­gade : « je regar­dais tout, s’exclame-t-elle fiè­re­ment. Je me suis éga­le­ment beau­coup ren­sei­gnée sur Inter­net et je lisais même… ALLO DIX-HUIT, car mon beau-père est un ancien de la BSPP et reçoit tou­jours le maga­zine chez lui. Ensuite, j’ai pas­sé mon per­mis de conduire et je me suis ren­du au CIRFA fin 2019 pour mon­ter mon dos­sier d’incorporation ». Quelques mois plus tard, et mal­gré un report en rai­son de la crise sani­taire, Chloé intègre la BSPP et devient, en octobre 2020, le sapeur D.. « La for­ma­tion ini­tiale à la Bri­gade, résume-t-elle, c’est comme mon bac pro, mais “puis­sance dix” ! La for­ma­tion est mili­taire, mais les ins­truc­teurs sont à la fois exi­geants et bien­veillants. En fait, la for­ma­tion est vrai­ment géniale. Humai­ne­ment aus­si, on apprend la cohé­sion et l’entraide. On apprend à ne jamais lais­ser per­sonne en difficulté. »

Fière de son par­cours, Chloé conseille vive­ment à ceux qui veulent se pré­pa­rer pour la Bri­gade « de faire un bac pro métiers de la sécu­ri­té ». Atta­chée à sa région natale et à sa famille, elle res­te­ra habi­ter en Nor­man­die et se ren­dra à la capi­tale pour prendre ses gardes, auprès de sa deuxième famille, la bri­gade de sapeurs-pom­piers de Paris.


••• 2 mois de service !


Sapeur Joël-Chad P.
FORMÉ POUR SAUVER

Au fort de Vil­le­neuve-Saint-Georges (94), les condi­tions de vie sont rudes mais le sapeur Joël-Chad P. savoure la for­ma­tion ini­tiale des pom­piers de Paris. Deux mois après son incor­po­ra­tion, sa moti­va­tion est au plus haut ! Voi­ci son parcours.

« Je suis né à Fort-de-France, annonce le sapeur P. Avec ma famille, nous avons pas­sé quelque temps en Mar­ti­nique mais j’ai gran­di à Gous­sain­ville (95), en région pari­sienne. » Après une enfance pai­sible dans le dépar­te­ment du Val‑d’Oise, au nord de la capi­tale, le jeune Gous­sain­vil­lois se pas­sionne pour le sport et oriente dès l’adolescence sa sco­la­ri­té en conséquence.

DU SPORT ET DES ÉTUDES
« Au lycée d’Enghien-les-Bains (95), j’ai inté­gré une sec­tion spor­tive sco­laire afin de conci­lier mes études avec la pra­tique du hand­ball » explique le sapeur P. En effet, ces sec­tions par­ti­cu­liè­re­ment sélec­tives per­mettent de suivre une sco­la­ri­té nor­male tout en pra­ti­quant un sport de façon ren­for­cée, à rai­son de plu­sieurs heures d’entraînement par semaine. « Mais en fin de compte, j’ai choi­si de faire du hand­ball ma pas­sion plus que mon métier, pour­suit le sapeur. Après le bac, j’ai ten­té la pre­mière année de méde­cine, dans l’idée de deve­nir kiné­si­thé­ra­peute spor­tif, mais cela n’a pas abou­ti. Ensuite, j’ai étu­dié la bio­lo­gie pen­dant un an, mais après réflexion, les débou­chés ne me plai­saient pas vrai­ment… alors j’ai sui­vi une pre­mière année de BTS dié­té­tique ! » Cepen­dant, et bien que pas­sion­né, les pers­pec­tives d’avenir qu’il consi­dère limi­tées poussent Joël-Chad à arrê­ter ses études supérieures.

BESOIN DE SERVIR
Joël-Chad cherche alors son ave­nir… dans une grande enseigne de vente d’articles de sport. « Car dans tout ce que j’ai fait, ana­lyse le sapeur P., il y a tou­jours eu le rap­port au sport et à la per­sonne… Fina­le­ment, au hasard d’une dis­cus­sion avec un client gen­darme, j’ai réa­li­sé que l’armée pou­vait m’apporter ce qu’il me man­quait : des pers­pec­tives d’avenir. » L’envie de ser­vir se déve­loppe alors peu à peu dans l’esprit du jeune homme, qui a quit­té le Val‑d’Oise de son enfance pour l’effervescence du Paris intra-muros. « Je vou­lais construire ma vie en me ren­dant utile au contact des gens ou en res­tant dans le domaine du sport… Habi­tant la capi­tale, deve­nir sapeur-pom­pier de Paris est à ce moment de ma vie deve­nu une évi­dence. »
Déci­dé, Joël-Chad se ren­seigne auprès du CIRFA de sa région, et com­mence son entraî­ne­ment en vue des tests spor­tifs qui l’attendent. Au centre de sélec­tion et d’orientation (CSO) de Vin­cennes (94), le can­di­dat P. passe avec suc­cès les dif­fé­rentes épreuves d’évaluation de l’endurance et de la force phy­sique, ain­si que le par­cours d’obstacles. La visite médi­cale et les tests psy­cho­tech­niques confirment ensuite son apti­tude à ser­vir sous les dra­peaux. Fort de sa réus­site au CSO, Joël-Chad se pré­pare alors spé­ci­fi­que­ment pour l’étape sui­vante : l’agrément tech­nique de la BSPP. « Je ne suis pas bon nageur, confie le sapeur P. C’est mon point faible, alors je l’ai tra­vaillé pour ne pas com­pro­mettre mon incor­po­ra­tion. » En effet, la pre­mière étape de l’agrément tech­nique, qui se déroule sur deux jours pour une période de 24 heures, est un test de nata­tion. « Lorsque l’épreuve de la pis­cine est pas­sée, j’étais sou­la­gé, recon­naît le sapeur. Ensuite, nous sommes allés au fort de Vil­le­neuve-Saint-Georges (94) pour d’autres éva­lua­tions spor­tives : des trac­tions et un par­cours “pom­pier” chro­no­mé­tré. Nous avons dor­mi au fort et avons pas­sé un der­nier entre­tien le len­de­main matin. En ce qui me concerne, l’agrément tech­nique m’a vrai­ment confor­té dans mon choix d’intégrer la Brigade. »

JE VEUX ÊTRE CAPORAL-CHEF… ET POURQUOI PAS

SOUS-OFFICIER !

SAPEUR-POMPIER DE PARIS
Le sapeur P. a été incor­po­ré « un mois après avoir pas­sé l’agrément tech­nique. C’est pas­sé vite ! » Et depuis son incor­po­ra­tion, tout va bien. « Por­ter l’uniforme, c’est vrai­ment valo­ri­sant. La for­ma­tion mili­taire géné­rale (FMG), c’était super… même si en décembre il fai­sait un peu froid dehors, iro­nise le sapeur. D’ailleurs, j’ai mon­té la pre­mière planche de ma vie pen­dant la FMG : une bonne trac­tion et ça passe ! » Ensuite, les sapeurs sont for­més au secours à vic­time (SAV) pen­dant plu­sieurs semaines. « C’est sûr, mon année de méde­cine m’a un peu aidé en ana­to­mie mais avec du tra­vail, les cours de secou­risme sont à la por­tée de tous. Et les cas concrets per­mettent d’appliquer la théo­rie, observe le sapeur Piquionne. J’ai véri­ta­ble­ment décou­vert et appris le secou­risme à la BSPP et c’est une réelle fier­té. Je suis fier de deve­nir pom­pier de Paris et j’ai hâte de pour­suivre ma for­ma­tion. D’ailleurs, nous avons com­men­cé la théo­rie incen­die avec les éta­blis­se­ments de lances et je crois que cet après-midi, nous allons por­ter l’ARI (appa­reil res­pi­ra­toire iso­lant) ! Pour moi, ce sera la pre­mière fois ! »

La moti­va­tion du sapeur Joël-Chad P. ne fait aucun doute. Comme sa place et son ave­nir au sein de la bri­gade de sapeurs-pom­piers de Paris. Bonne conti­nua­tion à lui.


Qui sont les nouvelles recrues ? 

Les chiffres du recrutement BSPP


••• 1 an de service !


Sapeur de première classe Mathis S..
LA BRIGADE COMME FIL ROUGE

Fort de huit mois de ser­vice au centre de secours de Mas­sé­na (XIIIe arron­dis­se­ment de Paris) et du haut de ses 22 ans, le sapeur de pre­mière classe Mathis S. nous raconte, non sans fier­té, les étapes qui ont mar­qué son arri­vée à la Bri­gade. Une his­toire qu’il compte bien faire durer. Portrait.

« J’ai tou­jours vou­lu être pom­pier, affirme le pre­mière classe S.. C’est la rai­son pour laquelle je suis très vite deve­nu jeune sapeur-pom­pier, dès l’âge de 14 ans. » En dis­cu­tant avec le pre­mière classe S., il ne faut pas long­temps pour com­prendre que la Bri­gade façonne son quo­ti­dien. Pas­sé par les sapeurs-pom­piers volon­taires du Loir-et-Cher (41), son dépar­te­ment d’origine, il décide d’intégrer par la suite la BSPP.

L’INCORPORATION
Le pre­mière classe fait par­tie de ceux qui ont vu leur incor­po­ra­tion à la Bri­gade cham­bou­lée par la crise sani­taire. Inté­grés en mars 2020 au fort de Vil­le­neuve-Saint-Georges (94), la Covid-19 leur impose un retour dans les com­pa­gnies, un chan­ge­ment qui a modi­fié leurs nou­velles habi­tudes. « Après la réus­site du SAV, on a été envoyé en com­pa­gnie d’incendie. Là-bas, on a com­men­cé une for­ma­tion qui a duré un mois et qui nous a pré­pa­ré aux tech­niques de ter­rain », raconte le pre­mière classe S.. Durant cette période, ce der­nier retient les avan­tages de cette for­ma­tion un peu par­ti­cu­lière. « On a eu cette chance de “goû­ter” direc­te­ment à la com­pa­gnie, ce qui nous a per­mis d’avoir une vision plus concrète de son fonc­tion­ne­ment. On nous a for­mé à être opé­ra­tion­nels pour notre retour à Vil­le­neuve-Saint-Georges et je pense que ça s’est res­sen­ti là-bas. ». Une chance sup­plé­men­taire pour Mathis qui est déjà arri­vé avec un bon bagage de connaissances.

L’ENVIE D’ÊTRE UN BON CITOYEN ET D’AIDER MON PROCHAIN


SAPEUR-POMPIER DE PARIS
Depuis huit mois, le pre­mière classe vit son emploi du temps char­gé en com­pa­gnie entre deux longs tra­jets en TGV. Un quo­ti­dien qui dénote d’un enga­ge­ment sans faille ain­si que d’une force de carac­tère qu’il a déjà démon­trés au cours de son par­cours dans l’Institution. Entre ras­sem­ble­ments, séances de sport, manœuvres et ins­truc­tion, le Loir-et-Ché­rien se sent très bien dans cet envi­ron­ne­ment qui lui cor­res­pond à bien des égards. « Le métier de pom­pier est tel­le­ment riche, avance le jeune sapeur-pom­pier. On apprend tel­le­ment de choses que je suis donc très heu­reux de pou­voir réa­li­ser aujourd’hui ce que j’ai tou­jours vou­lu faire ». Par­ti­cu­liè­re­ment à l’aise donc, le pre­mière classe doit son inté­gra­tion réus­sie à « une bonne pré­pa­ra­tion aus­si bien phy­sique que men­tale » et grâce éga­le­ment à une recon­nais­sance en amont de cet envi­ron­ne­ment qu’il a étu­dié pour pou­voir être opé­ra­tion­nel en temps vou­lu. « Se ren­sei­gner et savoir où l’on met les pieds est une base impor­tante si l’on veut être per­for­mant chez les pom­piers de Paris. » Un conseil pré­cieux pour les futurs postulants.

Concer­nant son futur à la Bri­gade, Mathis a pour objec­tif de gra­vir tran­quille­ment les éche­lons tout en lais­sant l’expérience le gui­der dans ses pers­pec­tives d’avenir. Pour l’heure, nous lui sou­hai­tons une bonne conti­nua­tion à la BSPP et espé­rons que son enga­ge­ment sera florissant.

Texte et Pho­to : Clé­ment Boudon

LIEUTENANT-COLONEL JÉRÔME RIBEROT

CHEF DU BUREAU ORGANISATION RESSOURCES HUMAINES (BORH) DE LA BSPP

” LA BRIGADE RECRUTE ! ”

QUELS SONT LES ENJEUX DU RECRUTEMENT DE LA BRIGADE ?
Comme pour n’importe quelle entre­prise, il s’agit de four­nir une res­source, en qua­li­té et en quan­ti­té, qui per­mette de rem­plir les mis­sions de l’organisation. Cepen­dant, une par­ti­cu­la­ri­té de la Bri­gade par rap­port à la fonc­tion publique, en tant qu’unité mili­taire, est que 70 % de nos sapeurs-pom­piers sont contrac­tuels. Il est néces­saire d’en tenir compte en termes de recrutement.

Pour bien recru­ter, la BSPP doit faire preuve d’attractivité, de lisi­bi­li­té et de dif­fé­ren­cia­tion. La Bri­gade est attrac­tive, car il est pos­sible d’y évo­luer avec ou sans diplôme et de gra­vir l’escalier social à la seule force de l’investissement per­son­nel. La lisi­bi­li­té consiste à mon­trer toutes les pers­pec­tives qui s’offrent aux can­di­dats. Vous pou­vez deve­nir sapeur-pom­pier, chef d’agrès ou chef de centre, mais aus­si expert NRBC ou spé­cia­liste en méca­nique, en infra­struc­ture, etc. Il existe plus de 50 métiers à la Bri­gade, offrant ain­si un large panel de pos­si­bi­li­tés de car­rière. Enfin, la dif­fé­ren­cia­tion est l’obligation d’honnêteté de la Bri­gade quant aux pers­pec­tives de cha­cun au regard de son niveau d’étude. Indé­nia­ble­ment, des études supé­rieures peuvent favo­ri­ser l’avancement, notam­ment parce qu’il sera plus facile pour ce can­di­dat d’assimiler un grand nombre de connaissances.

QUELLES SONT LES PRINCIPALES ÉVOLUTIONS RÉCENTES DU RECRUTEMENT ?

Tout d’abord, nous axons de plus en plus notre stra­té­gie de recru­te­ment sur les moyens de com­mu­ni­ca­tion modernes. L’objectif étant évi­dem­ment de tou­cher les jeunes. Par exemple, la publi­ca­tion sur les réseaux sociaux de por­traits vidéos ou les par­te­na­riats avec cer­tains influen­ceurs per­mettent de tou­cher direc­te­ment la bonne tranche d’âge et éven­tuel­le­ment de sus­ci­ter des vocations.

L’autre grande évo­lu­tion, c’est la mise en place des agré­ments tech­niques de la Bri­gade entre les sélec­tions de l’armée de Terre et l’incorporation. Cette étape tran­si­toire per­met de confir­mer non seule­ment la volon­té du can­di­dat à rejoindre nos rangs, mais éga­le­ment celle de la Bri­gade à l’accueillir. Ce dis­po­si­tif est par­ti­cu­liè­re­ment concluant.

Par ailleurs, le recru­te­ment a évo­lué ces der­nières années vers la recherche d’un pro­fil et d’un état d’esprit com­pa­tibles avec l’Institution et ses valeurs, plu­tôt que la simple per­for­mance dans le domaine spor­tif. Les qua­li­tés spor­tives sont essen­tielles, mais ne condi­tionnent plus à elles seules une incor­po­ra­tion à la BSPP. Nous consta­tons d’ailleurs que la quête de sens est deve­nue une véri­table pré­oc­cu­pa­tion des jeunes dans la recherche de leur emploi. C’est une chance pour la Bri­gade, qui pos­sède de nom­breux atouts per­met­tant de répondre aux aspi­ra­tions des jeunes talents qui se tournent vers nous. Il existe aujourd’hui un bon équi­libre entre l’Institution et les can­di­dats, ce qui rend la séduc­tion mutuelle.

QUELS SONT LES OBJECTIFS POUR LES ANNÉES À VENIR ?

Nous sommes enga­gés dans le cadre du plan de moder­ni­sa­tion de la Bri­gade vers une aug­men­ta­tion de nos effec­tifs. L’enjeu sera donc de main­te­nir notre volume de recru­te­ment puis de l’augmenter dans les années à venir pour répondre au besoin.

Enfin, j’ajouterais que la BSPP est une uni­té recon­nue, mais mécon­nue en termes de recru­te­ment. Par exemple, beau­coup pensent qu’il faut avoir été jeune sapeur-pom­pier (JSP) ou sapeur-pom­pier volon­taire (SPV) pour deve­nir pom­pier de Paris. Ce n’est pas le cas. À vous, jeunes talents de tous hori­zons : la Bri­gade recrute !

Le BAC PRO à l’heure du choix

Autre filière inté­res­sante pour bien pré­pa­rer une inté­gra­tion dans les rangs de la BSPP, le Bac Pro Métiers de la sécu­ri­té est une for­ma­tion ini­tiale ou en alter­nance. Nous sommes allés au lycée Théo­phile Gau­tier à la ren­contre de pro­fes­seurs et d’élèves de cette sec­tion pour en savoir plus.


Le lycée Théo­phile Gau­tier est un éta­blis­se­ment crée dans les années 70. Il dis­pose de deux sites sur Paris, rue de Cha­ren­ton (XIIe arr.) et place des Vosges (IVe arr.). La filière Métiers de la sécu­ri­té y est une option très pri­sée, car seuls 48 élèves sont sélec­tion­nés sur lettre de moti­va­tion et entre­tien indi­vi­duel pour entrer en seconde à chaque année sco­laire.
Les cur­sus se déroulent soit en for­ma­tion ini­tiale, soit en alter­nance. Cette for­ma­tion va bien­tôt être com­plé­té par un BTS mana­ge­ment opé­ra­tion­nel de la sécu­ri­té.
Pour aug­men­ter la por­tée de l’enseignement, des cours en co-inter­ven­tion per­mettent de sen­si­bi­li­ser les élèves sur l’ensemble des matières.
Cette filière dis­pense une for­ma­tion tout azi­mut en sécu­ri­té publique (police, gen­dar­me­rie), pri­vée (agent de sécu­ri­té) et civile (pom­piers pro et BSPP). Néan­moins, envi­ron un tiers des élèves rêvent de pas­ser la voute de Villeneuve-Saint-Georges.


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