RÉSEAU RADIO DU FUTUR — Une expérimentation pour prendre le relais

CNE Flo­rian Loin­tier —  — Modi­fiée le 24 juin 2021 à 04 h 33 

#BrigadeInside — Mobile, prioritaire, interopérable ou encore sécurisé. En quelques mots, les contours du réseau radio du futur (RRF) sont dessinés. Le système de communication actuel des services de secours ANTARES vieillit et les coûts d’entretien et de maintenance sont colossaux. Cette nouvelle technologie numérique se veut être la réponse proportionnée pour les pompiers de Paris et les acteurs de la sécurité civile. #Allo18 a assisté à la présentation au 1er groupement d’incendie et de secours.

L’enjeu est de taille. Dès 2017, le pro­gramme RRF est lan­cé par le Pré­sident de la Répu­blique en per­sonne, à l’occasion de son dis­cours aux forces de sécu­ri­té. Ima­gi­né par un poly­tech­ni­cien un an aupa­ra­vant, le compte à rebours est désor­mais lan­cé. À son habi­tude, M. Emma­nuel Macron a défi­ni une date de déploie­ment en pre­mier objec­tif : ce sera 2022. C’est-à-dire demain.

Le sys­tème actuel ANTARES sera frap­pé d’obsolescence dans les années à venir. Son arrêt défi­ni­tif est pré­vu en 2030. Il y a donc urgence à trou­ver une solu­tion en accord avec les besoins des sapeurs-pom­piers de Paris.

Une sécu­ri­té connectée

Actuel­le­ment, les réseaux radio, uti­li­sés par les forces de sécu­ri­té au sens large, s’appuient sur une tech­no­lo­gie de bas débit (2G) et dont l’interopérabilité est absente. Alors que de nou­velles menaces ont émer­gées ou se sont ren­for­cées ces der­nières années (ter­ro­risme, évè­ne­ments cli­ma­tiques, pan­dé­mies, etc.), la sol­li­ci­ta­tion des ser­vices de secours a for­te­ment aug­men­té. Un outil de com­mu­ni­ca­tion adap­té et moderne est néces­saire afin de res­ter en accord avec l’évolution tech­no­lo­gique de la socié­té. La connec­ti­vi­té offerte devra donc inclure l’accès à la 4G dans un pre­mier temps (puis à la 5G) ain­si que des fonc­tion­na­li­tés en ligne dont on ne peut plus se pas­ser (accès inter­net, mes­sa­ge­rie ins­tan­ta­née, docu­men­ta­tion numé­rique, etc.).

Aujourd’hui, les infra­struc­tures sont de plus en plus com­plexes et dimen­sion­nantes, les réseaux se font plus nom­breux et le besoin tout sim­ple­ment de com­mu­ni­quer est une attente forte de tous les acteurs. Le tour­nant numé­rique dans le domaine de la com­mu­ni­ca­tion, visible depuis quelques années, n’est pas à man­quer. Ce réseau doit donc embras­ser le terme de rési­lience, fort de sens pour une ins­ti­tu­tion militaire.

“Je demande…” 

La Coupe du monde de rug­by en 2023 mais sur­tout les Jeux olym­piques en 2024 sont les deux évè­ne­ments majeurs qui fixent un cap d’opérabilité de RRF. C’est un impé­ra­tif. C’est pour­quoi un pre­mière expé­ri­men­ta­tion a été lan­cée en avril 2021 auprès de deux com­pa­gnies du 1er grou­pe­ment d’incendie et de secours (quatre centres de secours au total) : la 9e CIS (Montmartre/​Boursault) et la 26e CIS (Saint-Denis/­Pier­re­fitte). Cette pre­mière étape appelle deux objec­tifs principaux. 

Tout d’abord, il s’agit d’identifier la répar­ti­tion la plus judi­cieuse des équi­pe­ments afin d’exprimer un besoin quan­ti­ta­tif. En d’autres termes, faut-il un smart­phone, une tablette, un ordi­na­teur ? Qui devrait en bénéficier ?

Ensuite, cette expé­ri­men­ta­tion per­met de véri­fier la cou­ver­ture radio 4G, aus­si bien en indoor (infra­struc­tures, parcs de sta­tion­ne­ment cou­verts, tun­nels, sous-sols, etc.) qu’en out­door. Il faut pro­fi­ter de cette période pour détec­ter les dif­fi­cul­tés de trans­mis­sion et de cou­ver­ture sur les sec­teurs concernés.

Des­sine-moi un réseau radio du futur

Les capa­ci­tés du RRF sont bien supé­rieures au pré­cé­dent et devraient trans­for­mer l’approche de la com­mu­ni­ca­tion entre les ser­vices de secours et de sécu­ri­té. On peut ain­si s’appuyer sur six points-clés que le lieu­te­nant-colo­nel Alain Alba­rez de la DGSCGC et l’ingénieur Alain Domin­guez nous ont com­men­tés dans la vidéo ci-des­sous.

Le pre­mier est la robus­tesse du maté­riel. Les inter­ven­tions quo­ti­diennes mettent à rude épreuve les ter­mi­naux (télé­phones et tablettes) et les acces­soires asso­ciés. L’exigence des uti­li­sa­teurs doit per­mettre de répondre aux contraintes exer­cées par le ter­rain, l’autonomie liée à un usage inten­sif ou encore concer­nant la connec­ti­vi­té assez étendue.

Le deuxième est la rési­lience. En effet, ce réseau de com­mu­ni­ca­tion opé­ra­tion­nelle en conti­nu, dans un envi­ron­ne­ment où les inter­ven­tions sur l’ensemble du sec­teur de la BSPP sont sou­vent au-des­sus de 1200 par jour, doit être garan­ti sans cou­pure et ce, quelles que soient les condi­tions du ter­rain. Le fait de pas­ser à l’avenir par les quatre grands opé­ra­teurs natio­naux, et de manière prio­ri­taire, est un gage de force du pro­jet. Un contre­pied à d’autres pays étran­gers ayant un peu d’avance dans ce domaine, ne fonc­tion­nant que sur un seul opé­ra­teur, n’est pas pour déplaire à l’efficience du RRF.

Le troi­sième point-clé est l’interopérabilité. De fait, les dif­fé­rents ser­vices doivent aujourd’hui davan­tage com­mu­ni­quer, notam­ment dans le cadre d’interventions d’envergure. Leur coor­di­na­tion, à tous les niveaux, est une nécessité.

Le qua­trième point touche à l’environnement mul­ti­mé­dia. Il s’agit ici d’enrichir le par­tage d’informations par le biais de fonc­tion­na­li­tés de com­mu­ni­ca­tion modernes (mes­sa­ge­rie, géo­lo­ca­li­sa­tion, docu­men­ta­tion, etc.).

Le cin­quième élé­ment se carac­té­rise par sa capa­ci­té à évo­luer tech­no­lo­gi­que­ment. Et on pense imman­qua­ble­ment à l’accès à des réseaux de nou­velle géné­ra­tion, comme la 5G. Ce réseau étant ame­né prio­ri­tai­re­ment aux entre­prises et grands acteurs natio­naux afin d’intégrer toute l’intelligence arti­fi­cielle actuelle et à venir.

Enfin, le der­nier point-clé per­met à lui seul de résu­mer les cinq pré­cé­dents : un sys­tème tout en un. Une solu­tion unique de réseau de com­mu­ni­ca­tion cri­tique, un réseau mobile et un accès, via inter­net, aux appli­ca­tions métiers sur un seul terminal.

Une logique utilisateur

Cette expé­ri­men­ta­tion est char­gée de répondre aux défis opé­ra­tion­nels. La démarche conduite est ain­si cen­trée sur l’utilisateur final, à savoir le sapeur-pom­pier de Paris dans le cas pré­sent. C’est pour­quoi cette pre­mière phase revêt une impor­tance capi­tale afin d’exprimer les besoins pré­cis. Le retour d’expérience prend ici toute sa place afin de déter­mi­ner les pra­tiques récur­rentes mais aus­si les cas d’usage spécifiques.

La mise en place du RRF s’appuie sur un calen­drier certes ambi­tieux mais cohé­rent avec la pers­pec­tive de com­pé­ti­tions spor­tives inter­na­tio­nales sur la capi­tale à par­tir de 2023. En quelque sorte, la fin jus­ti­fie plei­ne­ment les moyens…

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