RETOUR D’INTER — Rue Erlanger un an après, l’opération “sauvetages”

Feu de la rue Erlanger (Paris XVIe)

Retour d’inter — 64 sauvetages. Jamais aucune intervention des sapeurs-pompiers de Paris n’avait atteint un tel niveau. Dans la nuit du 4 au 5 février 2019, il y a un an, 300 sapeurs-pompiers ont lutté contre un incendie d’une rare intensité dans un immeuble enclavé, rue Erlanger (Paris XVIe). L’accès aux façades étant impossible pour les échelles aériennes, les soldats du feu ont dû utiliser des échelles à main pour aller sauver d’une mort certaine des occupants affolés. Appelés depuis les fenêtres, le toit et parfois même les corniches, il a fallu toute l’agilité, le courage et le dévouement des pompiers pour réussir cette mission au péril de leur vie. Ce feu se place dans la lignée des interventions exceptionnelles de l’histoire de la Brigade, comme celui de la rue de Provence en 2005. Et l’utilisation des échelles à crochets, mythiques agrès du corps, renforce l’émotion. Nous vous proposons de découvrir en vidéo le témoignage de quelques intervenants et de lire le récit des événements presque minute par minute.

La rédac­tion Allo18 —  — Modi­fiée le 30 avril 2021 à 11 h 44 

Témoignages…

Focus sur l’intervention

Le départ nor­mal (DN) com-posé du pre­mier secours (PSE) et de l’échelle pivo­tante auto­ma­tique à nacelle (EPAN) du centre de secours Bou­logne (BOUL), ain­si que du pre­mier secours éva­cua­tion et du véhi­cule de liai­son du chef de garde du centre de secours Auteuil (AUTE) est son­né à 00 h 38 pour un incen­die situé au 17 bis rue Erlan­ger à Paris. « Lorsque le DN reten­tit, nous sommes déjà en tenue », explique le ser­gent Bap­tiste Leduc, chef d’agrès du PSE d’Auteuil. « Nous reve­nons d’un feu de pou­belles. Mes hommes roulent quelques tuyaux devant la remise, nous par­tons donc très vite. Peu de temps avant notre arri­vée sur les lieux, le centre opé­ra­tion­nel m’informe de la pré­sence pro­bable d’une bou­teille de gaz dans la cage d’escalier. Je fais sta­tion­ner mon engin en pre­nant soin de bien dépas­ser l’adresse, afin de lais­ser la place à une, voire deux échelles auto­mo­trices. Quelques habi­tants nous attendent sur le trot­toir, dans un calme abso­lu. À cet ins­tant, aucune flamme, aucune fumée, aucune odeur n’est per­cep­tible, bref cela s’apparente à une inter­ven­tion banale. »
Pour accé­der à l’adresse concer­née, le sous-offi­cier et ses deux équipes doivent tra­ver­ser un cou­loir étroit long de dix-huit mètres. Ce der­nier marque une fron­tière entre le calme de la rue et l’ambiance chao­tique d’une cou­rette inté­rieure. La situa­tion est cri­tique. Près de vingt per­sonnes pani­quées ont déjà enjam­bé leur fenêtre. D’autres sont réfu­giées sur des cor­niches ou sur les toits. « Les habi­tants de cet immeuble hurlent en nous sup­pliant de venir les sau­ver », pré­cise le chef d’agrès du pre­mier engin arri­vé sur les lieux. « Nous sommes face à un bâti­ment en forme de « U ». Sur chaque face et à chaque étage, de la fumée noire prête à s’enflammer sort par sur­pres­sion. Nous ne pour­rons pas aller cher­cher tout le monde, c’est mathé­ma­ti­que­ment impos­sible… »
Le ser­gent Bap­tiste Leduc charge sa deuxième équipe d’effectuer les sau­ve­tages à l’aide des deux seules échelles dis­po­nibles sur son PSE. Les pre­mières per­sonnes à sau­ver sont situées au qua­trième étage, les autres aux niveaux du des­sus. Pour cha­cune d’entre-elles, il faut déployer l’échelle à cou­lisse, puis la pro­lon­ger par l’échelle à cro­chets. « Je m’apprête à mon­ter les éche­lons lorsqu’une femme se défe­nestre du sep­tième étage, tom­bant à moins d’un mètre de moi » raconte encore ému le capo­ral Auré­lien Cla­ret, qui réa­li­se­ra une dizaine de sau­ve­tages sur cette inter­ven­tion, la plu­part dans des condi­tions périlleuses.

Accom­pa­gné de sa pre­mière équipe, le ser­gent Leduc se rend au pied de la cage d’escalier. Une pre­mière lance est éta­blie sur une divi­sion ali­men­tée. « La cage d’escalier est com­plé­te­ment embra­sée du deuxième au sep­tième étage », explique le sous-offi­cier. « Aidés par l’action de la pre­mière lance, nous effec­tuons quelques sau­ve­tages par les com­mu­ni­ca­tions exis­tantes. Des habi­tants tentent d’évacuer l’immeuble, mais ces der­niers sont com­plè­te­ment per­dus dans les cou­loirs, à la limite de l’évanouissement. En for­çant des portes, nous récu­pé­rons éga­le­ment des per­sonnes pros­trées au sein même de leur loge­ment ».
Lorsque l’adjudant Jérôme Jeanne, chef de garde du centre de secours Auteuil arrive rue Erlan­ger, il a déjà une notion d’urgence… « Au 3e grou­pe­ment d’incendie et de secours, nous avons déve­lop­pé une tech­nique par­ti­cu­lière pour aver­tir toute la chaîne de com­man­de­ment lorsque l’intervention est impor­tante. Le chef d’agrès du PSE se pré­sente deux fois de suite à un inter­valle très rap­pro­ché* », explique-t-il. « Au moment où je sors de ce fameux cou­loir, j’entends énor­mé­ment de cris. Je croise des per­sonnes qui courent en tous­sant, d’autres qui regardent en l’air, impuis­santes, face à leurs voi­sins pris au piège. »
Pour le sous-offi­cier expé­ri­men­té, c’est un cas d’école ! Ce scé­na­rio maintes et maintes fois répé­té lors des stages pour deve­nir chef de garde, mais aus­si lors des manœuvres jour­na­lières pra­ti­quées au sein de son centre de secours, impose l’envoi rapide et mas­sif d’un volume d’engins sup­plé­men­taire. L’urgence est de pou­voir effec­tuer simul­ta­né­ment les opé­ra­tions de recon­nais­sances, d’extinction et de sau­ve­tage. Seule­ment une minute après sa pré­sen­ta­tion, il passe ses pre­miers mes­sages à la radio : « Je demande un ren­fort habi­ta­tion au 17 bis rue Erlan­ger. Feu d’immeuble dans un bâti­ment à usage d’habitation R+7. De nom­breux sau­ve­tages sont en cours, une lance est en manœuvre. Nous pour­sui­vons les reconnaissances. »

Au fur et à mesure de l’arrivée des engins-pompe, l’utilisation des échelles à mains est ordon­née par le com­man­dant des opé­ra­tions de secours. C’est à ce moment que le capi­taine Kilian Bechu, offi­cier de garde de la 6e com­pa­gnie d’incendie et de secours, se pré­sente. Il com­prend très vite l’ampleur de l’intervention. « La situa­tion est com­plexe et par­ti­cu­liè­re­ment cri­tique », explique-t-il. « À tous les étages, des per­sonnes sont réfu­giées sur des rebords de fenêtre. Elles menacent de se jeter dans le vide. Sur plu­sieurs niveaux, des fenêtres s’enflamment de façon anar­chique. Le hui­tième étage menace de s’embraser inté­gra­le­ment. Je dois immé­dia­te­ment faire le tour du feu, prendre le COS* et ren­sei­gner le com­man­de­ment quant à cette situa­tion ».
L’officier passe suc­ces­si­ve­ment plu­sieurs mes­sages à la radio : « Je prends le com­man­de­ment des opé­ra­tions de secours et je demande un « groupe médi­cal », un « groupe secours à per­sonnes » et deux engins-pompe. Nous sommes confron­tés à un violent feu de cage d’escalier sur sept étages avec une pro­pa­ga­tion à la toi­ture-ter­rasse. L’intervention se situe en fond de cou­rette, dans un bâti­ment à usage d’habitation de construc­tion moderne. Les per­sonnes se mani­festent aux fenêtres à tous les niveaux. Le feu n’est pas maî­tri­sé et com­plique les opé­ra­tions de sau­ve­tage. Les recon­nais­sances n’ont pas été menées, de nom­breuses per­sonnes viennent de se défe­nes­trer… ».
Le tour du feu per­met à l’officier de décou­vrir une deuxième cou­rette inté­rieure, acces­sible par une porte fer­mée à clef. Au sein de cette der­nière, la situa­tion est tout aus­si cri­tique : des fenêtres allu­mées, des per­sonnes à sau­ver et d’autres qui ont déjà sau­té. L’intervention est orga­ni­sée en quatre sec­teurs. « La pre­mière cou­rette devient le sec­teur alpha, tan­dis que la seconde est nom­mée bra­vo. La cage d’escalier devient éga­le­ment un sec­teur à part entière », pré­cise le capi­taine Bechu. « Les actions de la marche géné­rale des opé­ra­tions (MGO) s’enchaînent, en com­men­çant par les recon­nais­sances, les sau­ve­tages et les éta­blis­se­ments d’attaque. Le der­nier sec­teur concerne quant à lui le poste médi­cal avan­cé (PMA). Il est situé dans des locaux appro­priés à la prise en charge mas­sive des victimes. »

Feu de la rue Erlanger (Paris XVIe)
Illus­tra­tion : René Dosne (Toute repro­duc­tion interdite)
Feu de la rue Erlanger (Paris XVIe)

L’ECHELLE À CROCHETS, L’AGRES MYTHIQUE

Sym­bole du sau­ve­tage par excel­lence, l’échelle à cro­chets tra­verse les siècles avec tou­jours la même ambi­tion : mon­ter vite et haut.
L’échelle à cro­chets, appe­lée aus­si échelle pom­pier, est une échelle de sau­ve­tage uti­li­sée en extrême urgence. Elle sert à pro­gres­ser d’étage en étage par la façade de l’immeuble, lorsque l’accès par l’intérieur est impos­sible. Son manie­ment doit être par­fai­te­ment maî­tri­sé car elle est mise en place sur les espaces res­treints de la façade (bal­cons et rebords de fenêtre).
Sa pre­mière appa­ri­tion date de 1405. L’échelle à cro­chets était un moyen d’assaut des châ­teaux-forts, les cro­chets per­met­tant alors de s’agripper sur les cré­neaux des murs d’enceinte. Elle sera mise aux oubliettes durant plu­sieurs siècles. Au XVIIIe siècle, le déve­lop­pe­ment d’unités de lutte contre l’incendie va remettre cette échelle au goût du jour.
A Paris, en 1802 un méca­ni­cien pro­pose une échelle à cro­chets qui sera l’archétype de celle des­ti­née aux pom­piers. Pour­tant, elle ne sera pas rete­nue et tombe à nou­veau dans l’oubli.
C’est fina­le­ment en 1824 qu’un autre méca­ni­cien pro­pose à son tour une échelle à cro­chets qui sera adop­tée par les sapeurs-pom­piers de Paris. Cette échelle néces­site force, adresse et sang-froid, pré­ci­sé­ment les qua­li­tés déve­lop­pées par la gym­nas­tique ensei­gnée à cette époque.
De 1824 à 1830, les cro­chets sont modi­fiés. Entre 1830 et 1840 le capi­taine-ingé­nieur May­niel la rend plus solide et plus légère. Il crée éga­le­ment une échelle pliante pour la ran­ger plus faci­le­ment sous le cha­riot de la pompe. En quelques années, elle devient un outil incon­tour­nable.
En 1868, le sau­ve­tage héroïque du capo­ral Thi­bault la fait pas­ser à la pos­té­ri­té. Si elle subit de nom­breuses trans­for­ma­tions au XIXe siècle, elle n’est que très peu modi­fiée au XXe. C’est au début des années 1980 que l’échelle en bois est rem­pla­cée par l’échelle en alu­mi­nium.
Loin d’avoir détrô­né les échelles aériennes modernes, l’échelle à cro­chets reste le moyen de sau­ve­tage rapide et effi­cace pour accé­der aux étages par l’extérieur. Elle peut éga­le­ment être uti­li­sée pour le pro­lon­ge­ment des échelles à cou­lisses et aériennes.

En paral­lèle, un centre d’accueil des impli­qués (CAI) est orga­ni­sé afin de prendre en charge une cin­quan­taine de per­sonnes épar­gnées. Pour la plu­part, des solu­tions de relo­ge­ment sont pro­po­sées par les ser­vices de la mai­rie de Paris.
Les six der­niers niveaux du bâti­ment, ain­si que la cage d’escalier sont désor­mais la proie des flammes. La confi­gu­ra­tion des lieux, édi­fiés avec seule­ment un seul accès, puis une gaine d’ascenseur ouverte sur toute sa lon­gueur agit comme une véri­table che­mi­née d’appel. Toutes ces carac­té­ris­tiques per­mettent au feu, par­fai­te­ment ven­ti­lé, de se pro­pa­ger hori­zon­ta­le­ment et ver­ti­ca­le­ment à l’intérieur du bâti­ment, mais aus­si par les façades, d’étage en étage. Au plus fort de l’opération six lances, dont la lance haute pres­sion, sont en manœuvre. Il fau­dra attendre 6 h 58 pour entendre sur les ondes « feu éteint ».
Les opé­ra­tions de sau­ve­tages quant à elles, s’étalent sur plus de deux heures. Au total, 64 sau­ve­tages sont effec­tués par les hommes et les femmes de la Bri­gade, au moyen des échelles à mains mais aus­si par les com­mu­ni­ca­tions exis­tantes.
Le bilan final est aus­si impres­sion­nant que dra­ma­tique : dix per­sonnes dont un enfant ont per­du la vie, une vic­time est caté­go­ri­sée en urgence abso­lue et trente en urgence rela­tive, dont six sol­dats du feu. Le plan Rouge a per­mis la prise en charge d’un grand nombre de vic­times et l’évacuation de vingt-et-une d’entre-elles vers des struc­tures hospitalières.

* Golf 3, le pre­mier secours éva­cua­tion A d’Auteuil se pré­sente, se présente.

* La fonc­tion de com­man­dant des opé­ra­tions de secours est ensuite endos­sée à tour de rôle à 1 h 19 par le lieu­te­nant-colo­nel Xavier Gues­don, offi­cier supé­rieur de garde du 3e GIS, puis à 2 h 40 par le colo­nel Richard Morel, colo­nel de garde sur le sec­teur de la Brigade.


TROIS QUESTIONS À…

Lieutenant-colonel Xavier Guesdon

Cette nuit-là, le LCL Gues­don est l’of­fi­cier supé­rieur de garde du 3e Grou­pe­ment d’in­cen­die et de secours. Quelques jours après l’in­ter­ven­tion, il répond à nos questions.

Quelle est la situa­tion à votre arri­vée ?
J’ai enten­du la prise de COS du capi­taine Bechu, ses deux mes­sages d’ambiance, puis ses deux demandes de moyens. Je m’attends à une situa­tion com­pli­quée, mais bizar­re­ment rien n’est per­cep­tible dans la rue. Je m’engage avec lui dans le long cou­loir d’accès qui donne sur le sinistre pen­dant qu’il me rend compte de la situa­tion. Nous nous trou­vons à contre-cou­rant de la sor­tie des bran­cards, nous obli­geant à nous pla­quer au mur pour lais­ser le pas­sage libre. Quand je sors du cou­loir et que j’arrive dans la pre­mière cou­rette, la vision est cata­clys­mique. Le pire, c’est que la même scène se répète dans la deuxième courette.

Pour­quoi avez-vous déci­dé de prendre le COS ?
D’emblée, c’était une évi­dence au regard des élé­ments en ma pos­ses­sion : les mes­sages pas­sés, l’absence de façade acces­sible aux échelles aériennes, l’unique accès par un long tun­nel étroit, le nombre de vic­times, l’intensité des sau­ve­tages, l’importance de l’incendie qui ne pou­vait que prendre de l’ampleur, la confi­gu­ra­tion des lieux, l’impact politico-médiatique…

Quelles ont été vos prio­ri­tés ?
Tout d’abord, confir­mer les trois sec­teurs géo­gra­phiques mis en place par l’officier de garde com­pa­gnie (alpha, bra­vo, esca­lier) en ajou­tant un sec­teur « façades aveugles ». Ensuite, por­ter les efforts sur les très nom­breux sau­ve­tages encore à réa­li­ser en pri­vi­lé­giant la sécu­ri­té de notre per­son­nel et en relan­çant l’attaque par les com­mu­ni­ca­tions exis­tantes. Au regard de l’évolution très défa­vo­rable de la situa­tion, j’estimais les moyens « san­té » insuf­fi­sants. La struc­ture de com­man­de­ment devait éga­le­ment être ren­for­cée pour par­faire l’organisation de l’intervention. Ce sont les rai­sons pour les­quelles lors de ma prise de COS, j’ai deman­dé plan Rouge et ren­fort commandement.

Que per­met plus pré­ci­sé­ment le ren­fort com­man­de­ment ?
Avec ses experts, ses cel­lules de mise en œuvre APPUI et SANTE et ses chefs de sec­teur sup­plé­men­taires, il per­met de ren­for­cer la struc­ture de com­man­de­ment et d’aide au com­man­de­ment pour faci­li­ter l’organisation d’une opé­ra­tion com­plexe comme celle de la rue Erlan­ger qui repré­sente envi­ron 330 sapeurs-pom­piers enga­gés et une cen­taine de véhi­cules à posi­tion­ner dans des rues étroites. Il faci­lite éga­le­ment la ges­tion du réseau de com­mu­ni­ca­tion et a per­mis de mettre en place un poste de com­man­de­ment avan­cé au pro­fit du DSIS ain­si qu’un pool de ges­tion des recon­nais­sances ren­for­cé et un pool de ges­tion de notre capa­ci­té hydrau­lique. Il per­met éga­le­ment de faci­li­ter l’accueil des auto­ri­tés et la coor­di­na­tion de tous les acteurs exté­rieurs : archi­tecte, police, PJ, SAMU, ville de Paris, LCPP, etc.

À LIRE AUSSI…

RETOUR D’INTER – Rue Erlan­ger, l’itw d’un sauveteur

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1 réflexion sur “RETOUR D’INTER — Rue Erlanger un an après, l’opération “sauvetages””

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