SECOURS A VICTIME – OHDN : de l’oxygène dans l’AR

Nombre de pathologies sont responsables d’une baisse du taux d’oxygène disponible dans le sang, on parle alors d’hypoxémie. Pour y faire face, l’une des solutions peut être l’apport d’oxygène. Un dispositif ayant prouvé son efficacité en milieu hospitalier sera bientôt présent dans toutes les ambulances de réanimation de la BSPP : l’oxygénothérapie à haut débit nasal.

Avec un masque à haute concentration et un débit d’oxygène à 15 l/min, le patient respire avec un débit qui est supérieur à celui de l’oxygène administré. Ainsi, il se créé un mélange entre l’oxygène administré et l’air ambiant ne permettant pas d’atteindre une fraction inspirée en oxygène de 100 %, appelée scientifiquement FiO² à 1. Grâce à l’oxygénothérapie à haut débit nasal (OHDN), cet objectif est non seulement atteint, mais garantit en plus le confort du patient.

L’OHDN, comment ça marche ?
Les canules nasales à haut débit permettent l’administration d’oxygène réchauffé et humidifié à des débits très élevés (60, voire 70 l/ min), supérieurs au débit respiratoire du patient. À ces débits, il devient possible d’atteindre une FiO2 à 1 indépendamment du schéma respiratoire du patient. D’autres avantages ont été décrits avec l’OHDN : une baisse de l’espace mort ou une réduction des résistances pharyngées par exemple. Comme le patient expire contre un flux d’oxygène, il existe également un léger effet de pression expiratoire positive qui permet d’éviter que les alvéoles, les sacs qui contiennent l’air dans les poumons, ne s’effondrent en fin d’expiration. Ces petits sacs restent alors ouverts, il existe donc des capacités d’échange augmentées également lors de la phase expiratoire.

Par ailleurs, absolument essentiels à la réussite du traitement, l’humidification et le réchauffement des gaz inhalés permettent d’éviter la formation de dangereux bouchons par assèchement des sécrétions liés à l’inhalation d’un gaz froid et sec à haut débit. L’humidification et le réchauffement des gaz permettent un meilleur confort et une meilleure tolérance du traitement par le patient. Coté confort, l’interface entre la machine et le visage se fait via des lunettes nasales confortables, souvent mieux tolérées qu’un masque englobant le nez et la bouche. Ainsi, ces lunettes laissant la bouche libre, sont moins génératrices d’angoisse et permettent au patient de communiquer quand il le peut encore.

Le dispositif d’OHDN nécessite un appareil permettant l’humidification et le réchauffement des gaz encore très consommateur en énergie et branché sur le secteur. Il demande également des quantités importantes d’oxygène puisqu’une bouteille de 5 litres à 200 bar est vidée en 12 minutes à 60 l/min.

Bientôt à la BSPP
Depuis quelques mois, la division santé pense à la mise en œuvre de l’OHDN à la BSPP pour la prise en charge des intoxications au monoxyde de carbone. Il existe cependant des défis logistiques majeurs liés à un usage extra hospitalier. Le premier enjeu pour la division santé consiste à continuer d’évaluer les différents dispositifs existants sur le marché afin de sélectionner le plus compatible avec l’activité spécifique au domicile des patients et pendant toute la phase d’évacuation vers l’hôpital. Ensuite, il deviendra possible d’envisager tout un panel d’études afin de mieux préciser les indications pertinentes d’utilisation en pré-hospitalier, les critères d’éligibilité à cette technique, les contre-indications…

Face au COVID-19
Si fort heureusement la majorité des cas de COVID-19 n’est pas grave et ne nécessite pas de supplémentation en oxygène, les équipes médicales ont pu observer une désaturation très importante de certains patients. La baisse de l’oxygène dans le sang n’étant pas suffisamment compensée par l’administration d’oxygène à 15 l/min, il fallait donc potentiellement les intuber pour administrer l’oxygène à une FiO2 1 avec un respirateur. Très vite, s’est donc posée la question de la disponibilité des respirateurs à l’hôpital en cas d’afflux massif de victimes comme cela a été le cas en Ile-de-France. Par ailleurs, l’intubation des patients n’est pas dénuée de risques ni de complications à court ou moyen terme. Ainsi, disposer d’une alternative à l’intubation et aux respirateurs s’est avéré essentiel que ce soit d’un point de vue individuel ou collectif. Plusieurs services hospitaliers franciliens ont ainsi utilisé l’OHDN avec succès chez des patients atteints du COVID-19.

D’autres techniques, jadis réservées aux réanimateurs à l’hôpital, sont maintenant possibles en dehors de l’hôpital, comme la défibrillation. C’est d’ailleurs bien l’idée sous-jacente au concept de la médecine d’urgence pré-hospitalière : amener l’hôpital à la maison et dans la rue au plus près des patients sans pour autant retarder leur évacuation vers les services spécialisés.

LE SAVIEZ-VOUS ?

Les ambulances de réanimation sont nées à la BSPP. Sous l’impulsion du professeur René Noto, officiant dans les années 70, les AR sont les premiers engins capables d’intervenir en urgence en pré-hospitalière. Juste avant la création des SAMU.
Une innovation fondamentale dont vous pouvez retrouver le témoignage raconté par son créateur
sur allo18-lemag.fr : WEB-SERIE – GÉNÉRAL NOTO par le MC PRUNET (épisode 1/4) : la naissance des AR

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CRÉDITS

Texte : 1CL Myriam Jaballah

Photos : DR et BSPP

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