SOLIDARITE — Les secrets du mythique calendrier des pompiers de Paris

Associatif — 50 ans d’existence et toujours le même objectif solidaire ! Vous connaissez le calendrier des pompiers de Paris mais connaissez-vous ses secrets ? De sa création en 1970 à l’édition 2021, de sa conception à sa distribution, en passant par l’utilité des dons récoltés, nous vous dévoilons tous les détails qui font de ce calendrier un calendrier pas comme les autres.

La rédac­tion Allo18 —  — Modi­fiée le 27 avril 2021 à 05 h 55 

Petite his­toire d’un objet deve­nu culte
Pour mieux com­prendre com­ment ce calen­drier est deve­nu un objet atten­du en fin d’année, il faut remon­ter le temps jusqu’en 1970… Accom­pa­gnés de M. Serge Sap­pa, ancien du régi­ment puis de la Bri­gade (1965 – 1993) et membre de l’ADOSSPP depuis 1965, nous sommes par­tis à la décou­verte de l’histoire des calen­driers à la BSPP.

Bien qu’il y ait eu quelques calen­driers avant, c’est au début des années 70 que l’aventure a vrai­ment com­men­cé. Le com­man­de­ment cher­chait un moyen d’acquérir un éta­blis­se­ment pour accueillir les sol­dats du feu et leurs familles. L’idée de l’offrande reçue en échange d’un calen­drier a ger­mé dans l’esprit de plu­sieurs pom­piers de Paris. « Le calen­drier est né de la déter­mi­na­tion farouche de cer­tains hommes, dont le CDT Ernest Lasalle, chef du ser­vice social de l’époque, et de l’ADC Lucien Schmit, chef de l’imprimerie » nous explique Serge Sap­pa. Ils vou­laient créer, impri­mer et offrir ce pré­sent en échange de dons entiè­re­ment des­ti­nés à l’action sociale. Mais la dif­fi­cul­té rési­dait dans la charge de tra­vail qui les atten­dait car, à l’époque, le calen­drier était entiè­re­ment réa­li­sé en interne : maquette, concep­tion, impres­sion, assem­blage, etc. « Et les moyens étaient beau­coup plus archaïques que de nos jours ! » nous rap­pelle Serge Sap­pa. Il faut dire que le tra­vail à l’imprimerie de la Bri­gade n’était pas de tout repos : « je me sou­viens de l’assemblage qui se fai­sait à la main, feuille à feuille. Autour d’une grande table, nous encol­lions manuel­le­ment des lots de 150 calen­driers avant de les déta­cher un par un avec un petit couteau ».

La pre­mière édi­tion est très favo­ra­ble­ment accueillie par la popu­la­tion et voit s’écouler 18 000 exem­plaires. Ce qui incite à pour­suivre cette aven­ture naissante !

Rapi­de­ment, le calen­drier prend de l’ampleur. L’impression est fina­le­ment réa­li­sée à l’imprimerie de la Pré­fec­ture de police de Paris et per­met de pas­ser de 24 000 à 75 000 exem­plaires. Pour réa­li­ser ces mis­sions tech­niques et déli­cates, les mili­taires dési­gnés étaient des hommes sérieux et capables d’une rigueur sans faille. « huit sapeurs-pom­piers de Paris étaient déta­chés à l’imprimerie pour la manu­ten­tion, et cela neuf mois par an, tout en assu­rant leurs gardes incen­die en CIS. » De bons sou­ve­nirs mal­gré tout pour l’ancien mili­taire du rang qui se remé­more avec plai­sir ces moments, pas­sés notam­ment aux côtés de ses adjoints le CCH Armel Monier et le CPL Daniel Char­bon­nier. « Par­mi les per­son­nages clés de cette aven­ture, il ne faut pas oublier René Dosne, qui a long­temps contri­bué aux des­sins des calen­driers ! » Et qui conti­nue aujourd’hui encore à col­la­bo­rer avec le maga­zine ALLO DIX-HUIT…

Dans les années 80, la col­la­bo­ra­tion ami­cale avec l’imprimerie de la Pré­fec­ture de police de Paris s’arrête brus­que­ment et l’impression des futurs calen­driers est confiée à une impri­me­rie civile. Aujourd’hui encore, le calen­drier est réa­li­sé par l’ADOSSPP et la Bri­gade mais impri­mé par un pro­fes­sion­nel exté­rieur.
Depuis des années, les pho­to­graphes de la Bri­gade per­mettent, grâce à leurs cli­chés, d’illustrer par­fai­te­ment les actions des sol­dats du feu dans les pages de notre calen­drier, qui se retrouve dans des mil­liers de foyers fran­çais. Pour l’édition 2021, nous avons vou­lu mettre en avant les mul­tiples facettes du métier de sapeur-pom­pier de Paris à tra­vers des por­traits ou des scènes du quo­ti­dien de ces militaires.

Un sou­rire qui en dit long
Le calen­drier 2021 met en avant les plus belles pho­tos prises par les pho­to­graphes de la Bri­gade, avec un point com­mun : l’humain. Dans les atti­tudes ou dans les actions sous-jacentes, chaque pho­to a pour objec­tif de pro­mou­voir les sol­dats du feu de la capi­tale et leurs valeurs. Sur la cou­ver­ture du pro­chain calen­drier, le ser­gent-chef Alexandre arbore un sou­rire com­mu­ni­ca­tif. Mais cette pho­to révèle bien plus…

35 ans, pac­sé et père de deux enfants, le ser­gent-chef Alexandre est pom­pier de Paris depuis plus de 16 ans. Affec­té depuis deux ans au centre de secours Blanc-Mes­nil, il a sou­hai­té deve­nir spé­cia­liste en explo­ra­tion longue durée (ELD) car « cette spé­cia­li­té allie beau­coup de qua­li­tés et me per­met de conser­ver des mis­sions clas­siques tout en inter­ve­nant de manière dif­fé­rente ». De son propre aveu, il appré­cie « l’esprit d’équipe qui res­sort de cette spé­cia­li­té hors du com­mun ». Prise lors d’une inter­ven­tion pour feu de ter­rasse au Blanc-Mes­nil, cette pho­to de cou­ver­ture du calen­drier 2021 est le témoin de cet atta­che­ment au groupe qui anime le chef.
Sep­tembre 2019. Une fois arri­vé sur le lieu d’un incen­die de chan­tier, et après avoir véri­fié l’absence de vic­times et d’ouvriers, le chef d’agrès prend connais­sance de la pré­sence de bou­teille de gaz sur le site du sinistre. « La recherche de ces élé­ments dan­ge­reux devient ma prio­ri­té. » À peine les bou­teilles loca­li­sées, il a juste le temps de mettre le res­pon­sable des tra­vaux et son équipe à l’abri lorsqu’une explo­sion se pro­duit avant qu’il ne se pro­tège lui-même. Souf­flé et pro­je­té au sol, il reste néan­moins conscient. « Ma prin­ci­pale pré­oc­cu­pa­tion après cette défla­gra­tion était de m’assurer que mes hommes allaient bien. »

Ils sont ensuite désen­ga­gés par la relève d’attaque et diri­gés vers la zone de remise en condi­tion du per­son­nel. C’est à ce moment que la ten­sion redes­cend et que la fier­té d’être tous sains et saufs res­sur­git. Et les sou­rires réap­pa­raissent… Le capo­ral Romain Creu­sot, pho­to­graphe du BCOM, était là pour sai­sir l’instant.
Un moment impor­tant dans la car­rière du chef Alexandre mais plus lar­ge­ment un ins­tant trans­po­sable dans la vie de chaque sol­dat du feu : la satis­fac­tion d’une inter­ven­tion qui s’est humai­ne­ment et maté­riel­le­ment bien terminée.

1 don = 1 calendrier

La cam­pagne d’offrande des calen­driers s’a­dapte au contexte sani­taire actuel et ne se dérou­le­ra pas comme ini­tia­le­ment pré­vue en novembre 2020.
Mais pour per­mettre à nos conci­toyens de faire un don aux œuvres sociales et obte­nir le calen­drier 2021, nous pro­po­sons trois options : le don en direct dans les casernes de 14h à 16h, le don par chèque (envoi pos­tal) et le don en ligne sur https://oeuvresocialepompiersparis.fr/

Les dons tra­di­tion­nel­le­ment récol­tés lors de la cam­pagne calen­driers consti­tuent une majeure par­tie des res­sources de l’association. Chaque don compte, mer­ci pour votre soutien !

1 réflexion sur “SOLIDARITE — Les secrets du mythique calendrier des pompiers de Paris”

  1. Jean-Claude JAVILLIER

    Le calen­drier de la BSPP est tou­jours un évè­ne­ment pour mani­fes­ter modes­te­ment notre recon­nais­sance et notre soli­da­ri­té avec la Brigade.Par ces temps de grande pan­dé­mie mon­diale, il nous contri­bue à notre rési­lience col­lec­tive tout autant qu’in­di­vi­duelle. Et cette année, j’ai l’im­pres­sion d’une renou­vel­le­ment et d’une nou­velle dynamique !
    Bra­vo à la ADOSSPP ain­si qu’à la BSPP !
    Bonne année à toutes et tous.
    San­té, Suc­cès et Rési­lience à cha­cune et chacun.

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