SPORT (4/4) & HISTOIRE – Sapeurs-pompiers de Paris, champions du monde

Du lutteur Henri Deglane au cycliste Robert Marchand, découvrez en conclusion de notre mois du sport, quelques pompiers de Paris qui ont marché sur les toits… du monde en décrochant des médailles olympiques et des titres mondiaux depuis les années 20.

Les Champions

Henri Deglane : 1924 & 1931

Photo henri Deglane

Henri Deglane est le premier de nos grands champions du monde. Il s’engage chez les pompiers de Paris en 1921, où il resta jusqu’en 1925. Doté d’une force inouïe dès l’enfance, il met à profit ses aptitudes pour le Régiment, mais également en menant une carrière de lutteur. Ce colosse de 104 kg pour 1 m 73, aux mensurations phénoménales, remporte la médaille d’or aux JO de 1924 à Paris après 26 minutes de combat. Il obtient même un titre de champion du monde en 1931. Après avoir mené sa carrière sportive professionnelle outre-manche, « au-delà de la mer aux harengs » comme il le disait lui-même, Deglane introduit la pratique du catch en France, et termine sa vie sur la côte méditerranéenne dans les années 1960. Bizarrement ce restaurateur du Cap d’Agde ne déplora aucun cas de « resto-basket » (clients partis sans payer l’addition) !

Roger François : 1922 & 1928

L’imposant Roger François est le deuxième grand champion au sein du corps des Pompiers de Paris. Multiple recordman en poids et haltères, il totalise plusieurs titres de champion de France (6), ainsi qu’un titre de champion du monde en 1922. Après une sixième place aux JO de 1924 à Paris, sa force herculéenne écrase ses opposants en 1928 à Amsterdam où il remporte la médaille d’or. L’édition suivante de 1932, il se contenta de la quatrième place. Capable d’un arraché à 100 kg à deux bras, nul doute que ce gaillard tirait aisément les dévidoirs !

Roger Michelot : 1936

Le boxeur Roger Michelot, déçu de sa quatrième place sous le soleil écrasant de Los Angeles en 1932 où il refuse par orgueil de monter sur le ring pour la troisième place. Il obtient sa revanche et décroche la médaille d’or quatre ans plus tard à Berlin sur les terres de son adversaire, l’Allemand Richard Vogt, par une victoire aux points. Comme qui dirait : « tout vient à point à qui sait taper des poings » !

Henri Caron : 1949, 1953, 1955, 1959 & 1962

Henri Caron ne s’est pas illustré en courant mais en marchant ! Et c’est au club du CO Aubervilliers qu’il découvre la compétition de haut-niveau. Multiple champion de France, d’Europe, du monde, il est également finaliste aux JO de 1948 en Suisse. Avec de nombreux exploits sur route comme sur piste, il fut cinq fois champion du monde (1949, 1953, 1955, 1959 et 1962) et détiendra bon nombre de records. Ainsi, sur le parcours Sion-Lausanne, il réalise les 100 km en 9 h 33, soit une vitesse moyenne de 10,7 km/h. Sa carrière qu’il conclut à 39 ans, fût jonchée de nombreuses brûlures au pieds au point d’en avoir plein les bottes…

L'essentiel, c'est de participer...

Maurice Degrelle : 1924

Avec son allure longiligne qui sévit sur les pistes d’athlétisme, Maurice Degrelle a le profil du parfait sprinteur de l’entre-deux guerre. Avec André Mourlon, son rival de toujours, il aura marqué le sprint français des années 20 par trois titres de champion de France et deux participations aux JO. A Paris en 1924, il arrive jusqu’en demi-finale du 100 m, en quart de finale du 200 m et participe même à la finale du relais 4 × 100 m. Puis en 1928 à Amsterdam, il est de nouveau quart de finaliste sur 200. Non ce n’est pas Usain Bolt et ses 9”58  sur 100 m, mais Degrelle aura réalisé un chrono record honorable de 10”8 (chrono manuel). Durant sa carrière de sapeur-pompier, il aura été certainement le plus rapide à se présenter au départ des véhicules de secours !

Raymond Mulinghausen : 1948 & 1952

Le plongeur Raymond Mulinghausen fut au Régiment entre 1940 et 1945 à la 8e cie. Tel un ange, il a illuminé les bassins de France de ses plongeons en remportant vingt titres de champion. Ce séraphin déploya ses ailes et réalisa ses pirouettes jusqu’en finale des JO de 1948 et 1952. Aujourd’hui de nombreuses piscines portent son nom.

Michel Maquet : 1956, 1960 & 1964

Surnommé « Bras de fer », Michel Macquet a été sapeur-pompier de 1950 à 1953. Il possède onze titres de champion de France de javelot et ainsi que trois participations aux JO en 1956, 1960 et 1964 (où il fût le porte-drapeau de la délégation française). Recordman français en 1961 avec un lancer pointant à 83,36 m, il échoue à quelques mètres du record du monde détenu par l’américain Al Cantello (86,04 m) ; record qu’il aurait d’ailleurs battu lors d’un entrainement sur le vieux stade olympique d’Athènes. Reste à savoir s’il déroulait les tuyaux aussi facilement !

Hors concours...

Robert Marchand : 2012, 2014 et 2017

Enfin, Robert Marchand est peut-être le contemporain le plus connu de nos jours. Né en 1911, il fût pompier de Paris de 1932 à 1936. D’abord gymnaste, il conquiert rapidement le monde du cyclisme. En 2012, Robert Marchand établit à Lyon le record des 100 kilomètres, en 4 h 17 min, après avoir battu quelques mois plus tôt, le mythique record de l’heure sur piste dans la catégorie des… plus de 100 ans ! Il effectue ce jour-là le tour d’horloge en parcourant 24.1 km. Non content de cet exploit, il remet ça deux ans plus pour atteindre la distance de 26,927 km. En 2017, il bat (ou plutôt établit) le record des plus de… 105 ans !

Aujourd’hui cet homme centenaire est incomparable dans une catégorie qui compte peu de membres. Cela n’enlève rien à son incroyable condition physique pour son âge avancé.

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CRÉDITS

Texte

Ltn Damien Grénèche

Images

DR

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