UN GRADE ‑UNE FONCTION (4) : Mes respects, Major !

Web-série — Dans l’armée de Terre, il y a certains grades particuliers. Celui de major en unité opérationnelle en est un. Il est le grade le plus élevé parmi la catégorie des sous-officiers. En compagnie d’incendie et de secours (CIS), son rôle est essentiel : il est le gardien du temps, celui qui « sait », celui qui naturellement par son ancienneté, impose le respect. Le major Christophe L., de la 15e compagnie, nous enseigne les spécificités de cette fonction si particulière. Entretien.

Jean Flye —  — Modi­fiée le 10 juin 2021 à 05 h 48 

Le major Chris­tophe L., 55 ans dont 34 à ser­vir à la Bri­gade, nous reçoit dans le bureau des offi­ciers de la caserne de Cham­pi­gny. Cer­tains l’ap­pellent « le sarce » ou encore « le chi­ba­ni », il fait par­tie des murs de la Bri­gade. Son matri­cule en dit long : 47 807 (ndr : aujourd’hui, nous en sommes à 105 000). Jeune, il découvre les valeurs mili­taires aux côtés de son père, alors sous-offi­cier du génie maté­riel de l’armée de Terre. Né à Nia­mey au Niger, c’est au gré des muta­tions de son pater­nel qu’il découvre chaque région de France, « étant jeune, je connais­sais déjà le devoir de dis­po­ni­bi­li­té et de dis­ci­pline » évoque-t-il. Dési­reux d’intégrer la BSPP pour sa conscrip­tion, c’est dans un régi­ment de chars qu’il est ame­né à ser­vir pour toute la durée de son ser­vice militaire.

Des­ti­né à ser­vir sous les dra­peaux, le jeune Chris­tophe L. décide à son tour de s’engager dans l’armée de Terre, au sein du génie, mais dans une autre ins­ti­tu­tion : la BSPP. Une ambi­tion l’anime : deve­nir offi­cier. L’histoire d’amour débute alors en 1987. Nous ne rela­te­rons pas aujourd’hui toute la car­rière du major Chris­tophe L., sim­ple­ment par manque de pages dans ce maga­zine ! Il gra­vit les éche­lons de la Bri­gade rapi­de­ment. Il débute au 3e grou­pe­ment d’incendie et de secours à la 3e com­pa­gnie puis, après quelques pas­sages ci-et-là dans les com­pa­gnies voi­sines, il devient chef de garde à six ans de ser­vice, chef du centre de secours Auteuil à seize ans de ser­vice, et enfin adju­dant d’unité de la 6e com­pa­gnie d’incendie et de secours après 20 ans de bons et loyaux services.

La car­rière opé­ra­tion­nelle en com­pa­gnie d’incendie et de secours du Major L. aurait pu s’ar­rê­ter là, en 2007, à la fin de sa der­nière affec­ta­tion. Mais son ambi­tion demeure intacte. Alors adju­dant-chef et res­sen­tant le besoin de se relan­cer, il décide de s’accorder une deuxième par­tie de car­rière en pré­pa­rant les concours des majors. « J’ai pré­pa­ré le concours une pre­mière fois en 2009 mais, mal pré­pa­ré, j’ai eu une note éli­mi­na­toire lors des épreuves écrites. Je me suis ensuite pré­sen­té aux épreuves de sélec­tion pro­fes­sion­nelle (ESP) en 2014 alors que j’étais en poste au bureau opé­ra­tion pré­pa­ra­tion opé­ra­tion­nelle. Cette fois-ci, mieux pré­pa­ré et pla­cé dans les meilleures condi­tions, j’ai réus­si brillam­ment les épreuves en ter­mi­nant major de pro­mo­tion » raconte-t-il fièrement. 

Le 1er jan­vier 2017, l’adjudant-chef Chris­tophe L. est pro­mu au grade de major. Cette fonc­tion lui rouvre les portes des uni­tés opé­ra­tion­nelles. C’est une deuxième par­tie de car­rière qui se pro­file pour lui. La fonc­tion de major en com­pa­gnie d’incendie et de secours est particulière.

« J’ai fait le choix de retour­ner en com­pa­gnie d’incendie, car c’est là le cœur du métier ».

« J’ai fait le choix de retour­ner en com­pa­gnie d’incendie, car c’est là le cœur du métier ». Pour son retour, le jeune major Chris­tophe L. est affec­té à Cham­pi­gny-sur-Marne au PC de la 15e com­pa­gnie. En uni­té opé­ra­tion­nelle, les majors peuvent tenir des fonc­tions dévo­lues aux offi­ciers et notam­ment celles d’officier de garde com­pa­gnie. « Aujourd’hui, à 55 ans, ma satis­fac­tion est là ! Je ne suis pas offi­cier, mais j’en occupe les mêmes fonc­tions, dit-il fiè­re­ment. Lorsque l’on arrive à la fonc­tion d’OGC, c’est que l’on a déjà une forte expé­rience en tant que chef de garde. Deve­nir com­man­dant des opé­ra­tions de secours en tant que sous-offi­cier est valo­ri­sant et très enri­chis­sant. »

« La pré­vi­sion et la pré­ven­tion consti­tuent l’essentiel de mon tra­vail » conti­nue-t-il. En prio­ri­té, les majors rem­plissent des fonc­tions par­ti­cu­lières, propres au ser­vice spé­cial des com­pa­gnies d’incendie : com­mis­sions com­mu­nales de sécu­ri­té, groupes de visite, réunions de chan­tiers. « Ma mis­sion prin­ci­pale consiste en la mise à jour des plans, par­cel­laires, dos­siers d’établissements réper­to­riés et la créa­tion de fiches opé­ra­tion­nelles dont celles rela­tives aux chan­tiers du Grand Paris Express (GPE). Ces élé­ments per­mettent aux secours de mieux connaître leur envi­ron­ne­ment opé­ra­tion­nel. Ce tra­vail-là per­met de pré­ve­nir tout départ de feu et éga­le­ment de maî­tri­ser l’environnement opé­ra­tion­nel dans lequel les secours de la Bri­gade sont ame­nés à inter­ve­nir. Il s’agit de prendre toutes les mesures néces­saires empê­chant la sur­ve­nue d’un drame » conclut-il.

Enfin, une autre de ses mis­sions est celle d’ad­joint du com­man­de­ment : « mon rôle est de mettre du liant entre les offi­ciers, les sous-offi­ciers et les mili­taires du rang. De par mon ancien­ne­té, je détiens une par­tie de la mémoire de la Bri­gade, mon devoir est d’apporter aux jeunes cette expé­rience et les valeurs qui feront d’eux des pom­piers de qua­li­té ».

L’année pro­chaine, le major L. quit­te­ra, cette fois-ci défi­ni­ti­ve­ment, la com­pa­gnie d’incendie, pour appor­ter son exper­tise au bureau pré­ven­tion du 2e grou­pe­ment d’incendie et de secours. Nous lui sou­hai­tons une belle continuation.

Mes chers adjudants-chefs

« N’hé­si­tez pas à pré­sen­ter le concours des majors ! Ce poste est valo­ri­sant et enri­chis­sant ! Aujourd’hui, vous êtes des sous-offi­ciers expé­ri­men­tés ayant acquis de nom­breuses connais­sances tech­niques, vous êtes au top de vos qua­li­fi­ca­tions alors conti­nuez à appor­ter à l’Institution. Vous êtes essen­tiels. Foncez ! » 

L’INFO EN PLUS

Les épreuves de sélec­tion pro­fes­sion­nelle (ESP) per­mettent d’ac­cé­der au grade de major. Les ESP sont com­po­sées d’é­preuves d’ad­mis­si­bi­li­té et d’ad­mis­sion. Il existe autant d’ESP que de domaines de spé­cia­li­tés. Ces ESP sont ouvertes et orga­ni­sées une fois par an sauf situa­tion par­ti­cu­lière. Les condi­tions de pré­sen­ta­tion sont : 

  • être volon­taire ;
  • être en posi­tion d’ac­ti­vi­té ou de déta­che­ment d’office ;
  • avoir été pro­mu au grade d’ad­ju­dant-chef avant le 31 décembre de l’an­née pré­cé­dant celle de pré­sen­ta­tion aux ESP ;
  • sauf exemp­tion médi­cale, avoir effec­tué le contrôle spor­tif annuel au titre de l’an­née de pré­sen­ta­tion aux épreuves.

3 réflexions sur “UN GRADE ‑UNE FONCTION (4) : Mes respects, Major !”

  1. CARRON Jean-Paul

    Nous en serions au numé­ro de matri­cule 47807. Le mien, à mon incor­po­ra­tion était 3750 en 1960. Que de souvenirs.

  2. Bon­jour Au Maj Chris­tophe Larmé
    Je suis très fier de sont par­cours à la brigade
    Très beau témoi­gnage de sa part sur les fonc­tion de major
    J’étais à la 3ème CIE avec lui
    mon matri­cule 37544 ancien pré­sident des EVAT de la BSPP j’aimerai beau­coup pou­voir dire bon­jour à Christophe
    Si toute fois cela est possible
    Mer­ci de faire pas­ser le message
    Bien cordialement
    Jean bap­tiste Dupont
    0761391283

  3. bra­vo et grand res­pect . pour mon gar­çon pom­pier de paris a colombe pour l’en­cou­ra­ger a conti­nuer a mon­ter en grade et gar­der son immense humilité

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