UN GRADE, UNE FONCTION (11) — Caporal & chef d’agrès BEA

Lau­ra Bou­vier —  — Modi­fiée le 14 jan­vier 2022 à 11 h 24 

Web-série — Chef d’agrès de la mythique grande échelle, le caporal est un pilier de la compagnie d’incendie. Il montre l’exemple aux plus jeunes et les emmène vers le haut ! Lors d’un incendie, c’est souvent lui qui est à la lance ou qui effectue les sauvetages. Le caporal Ludovic C. nous explique avec fierté les spécificités de sa fonction. Portrait.

Ori­gi­naire d’Indre-et-Loire (37), le jeune Ludo­vic C. découvre le métier de sapeur-pom­pier grâce à un ami. Ensemble, ils deviennent jeunes sapeurs-pom­piers puis pom­piers volon­taires. En 2003, à 18 ans, Ludo­vic passe la voûte de Vil­le­neuve- Saint-Georges. Aujourd’hui, le voi­là capo­ral à la Brigade !

De 1re classe à capo­ral
Après une semaine d’immersion à Cham­per­ret durant son incor­po­ra­tion, Ludo­vic est affec­té au centre de secours Leval­lois. Il devient conduc­teur et intègre la remise. Au fil du temps et des inter­ven­tions, il se fami­lia­rise et s’intègre à la BSPP. Son expé­rience gran­dit et il devient un homme de confiance, sur qui ses chefs peuvent compter.

Il a la chance de par­tir en opé­ra­tion exté­rieure au Koso­vo sur la période 2008 – 2009 : « c’était vrai­ment une magni­fique expé­rience. Avec des pom­piers de Mar­seille, nous avons été en ren­fort sur des feux et nous avons même aidé lors d’un ébou­le­ment, se sou­vient Ludo­vic. Si je pou­vais le refaire ce serait avec plai­sir et je le recom­mande à tous ». À son retour, chan­ge­ment de caserne. Il redé­couvre alors le poste de com­man­de­ment de la cin­quième com­pa­gnie à Champerret.

Lors d’une nota­tion, au vu de son ancien­ne­té et de son expé­rience, son com­man­dant d’unité lui pro­pose de deve­nir capo­ral. Pour obte­nir ce grade, il intègre le pelo­ton des élèves capo­raux par la recon­nais­sance interne des com­pé­tences (RIC PEC). Sur la période de sep­tembre à juin, en plus de son affec­ta­tion à la remise, il donne des cours et encadre ses cadets tout en étant noté par ses chefs. Ain­si, le 1er juillet 2016, le sapeur de pre­mière classe Ludo­vic C. devient caporal.

Prise de res­pon­sa­bi­li­tés, chef d’équipe
Pour Ludo­vic, ce grade est un nou­veau départ. « Deve­nir capo­ral a été un chan­ge­ment qui m’a fait sor­tir de ma zone de confort. J’étais conduc­teur BEA (bras élé­va­teur aérien) depuis trop long­temps, se sou­vient le mili­taire du rang. Il fal­lait que je me renou­velle. » Bien qu’il soit fier de son par­cours, il regrette de ne pas être deve­nu capo­ral avant : « j’ai mis du temps à aller à l’avancement. J’aurais dû évo­luer plus tôt ». Mal­gré cela, « il ne faut pas vivre avec des regrets, rap­pelle-t-il. J’ai fait de belles choses en tant que sapeur de pre­mière classe ». Son dévoue­ment au ser­vice de la Bri­gade a dépas­sé quinze ans, et désor­mais Ludo­vic C. a une bar­rette jaune sur son galon.

En deve­nant capo­ral, le gra­dé expé­ri­men­té s’est vu attri­buer le rôle de chef d’agrès BEA, une fonc­tion qui en fait rêver plus d’un. Affec­té à cet engin mythique, l’intérêt du mili­taire du rang pour cette fonc­tion est né de la prise de res­pon­sa­bi­li­tés qui l’accompagne. « Être chef d’équipe me per­met d’avoir un binôme et de gui­der les plus jeunes lors d’un incendie. »

Une odeur de brû­lé jusqu’entre les murs de la caserne
Le 6 juillet 2017 se déroule l’intervention la plus mar­quante du capo­ral C. en tant que chef d’agrès BEA. « C’était au petit matin. Nous des­cen­dions avec nos tenues à la main, nous étions dans la cour lorsque l’alarme a son­né pour feu. Je me sou­viens de la date parce que c’est le jour où nous devions chan­ger nos tenues de feu bleues pour des tenues de feu rouges » explique le mili­taire du rang.

L’incendie était à cinq minutes à pied de la caserne, à Porte de Cham­per­ret. « Ça sen­tait le brû­lé jusque dans la cour parce que le feu était vrai­ment tout près, raconte Ludo­vic. En été, tout le monde dort les fenêtres ouvertes, donc la pro­pa­ga­tion du feu a été plus rapide. » Ce jour-là, le capo­ral C. a sau­vé une femme et sa fille des flammes. En mon­tant avec le BEA, pour ce double-sau­ve­tage, il ras­sure la mère, puis la récu­père avec sa fille afin qu’elles échappent aux flammes. Ce sau­ve­tage lui a valu un témoi­gnage de satisfaction.

De retour en caserne
Les res­pon­sa­bi­li­tés du capo­ral sont moins évi­dentes au caser­ne­ment. En tant que moni­teur per­ma­nent des sapeurs et des sapeurs de pre­mière classe, son rôle est de mon­trer l’exemple. « Je m’assure du réveil le matin, je rédige la liste des TIG et veille à son res­pect au sein du CS. Le soir, je forme et j’instruis les plus jeunes en ser­vice », révèle le capo­ral C..

En tant que mili­taire du rang, Ludo­vic pour­suit les tra­vaux d’intérêt géné­ral au sein de sa caserne. « Je ne vou­lais pas pour­suivre mon tra­vail à la remise, je sou­hai­tais chan­ger. Main­te­nant capo­ral, je suis affec­té au bri­co­lage, tout ce qui concerne l’entretien et la réno­va­tion de la caserne, pré­cise Ludo­vic. Comme j’aime le bri­co­lage en dehors du tra­vail, cela me plaît. »

Après presque 20 ans au sein de la BSPP, le capo­ral C. est à la fin de son der­nier contrat. Il quit­te­ra l’Institution l’année pro­chaine et ren­tre­ra en Indre-et-Loire afin de pro­fi­ter de sa famille. Nous lui sou­hai­tons une belle reconversion.

Un super sauveteur

Le CPL C. a fait beau­coup de sau­ve­tages au cours de sa car­rière, aus­si bien en tant que sapeur de pre­mière classe que pre­mier gra­dé des mili­taires du rang. Il a réa­li­sé sept sau­ve­tages dont les deux au BEA cités pré­cé­dem­ment, deux à l’échelle de réserve, deux par les com­mu­ni­ca­tions exis­tantes et un à l’EPA.


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