UN GRADE, UNE FONCTION (9) : Adjudant & chef de centre

Lau­ra Bou­vier —  — Modi­fiée le 4 novembre 2021 à 11 h 38 

Web-série — Du service de garde à la gestion des logements, en passant par les séances de sport et l’action sur intervention, le chef de centre est celui qui définit le service courant et maintient la parfaite organisation du centre de secours (CS). Pour en savoir plus, l’adjudant Patier nous ouvre les portes du CS Choisy.

Ori­gi­naire de Joze en Auvergne, l’adjudant Cédric Patier est le sep­tième du vil­lage à entrer à la BSPP. « C’est une pas­sion trans­mise par mon père mais sur­tout par mon oncle, qui par­tage mon carac­tère », confie avec émo­tion l’adjudant. Après son incor­po­ra­tion en mars 2000, Cédric Patier se dirige vite vers l’avancement et ain­si, le 1er jan­vier 2018, il reçoit son galon d’adjudant.

Une vie à 360°
En juin 2020, il devient chef de centre du CS Choi­sy. Au quo­ti­dien, le sous-offi­cier se charge du ser­vice de garde, d’organiser des manœuvres et des séances de sport afin de main­te­nir au plus haut le poten­tiel de ses hommes. L’adjudant par­ti­cipe aus­si : « il faut mon­trer l’exemple, affirme le mili­taire. Ce n’est pas pos­sible de lan­cer une séance et de res­ter dans son bureau à faire de l’administratif ». Son rôle auprès de ses sol­dats ne se limite pas à la ges­tion et à l’opérationnel, il donne aus­si des outils et des clés à son adjoint afin de l’aider à évo­luer. Il peut éga­le­ment être ame­né à accom­pa­gner des pom­piers, de leur incor­po­ra­tion à leur fin de contrat. Actuel­le­ment, son CS est à effec­tif com­plet. L’adjudant Patier dirige donc qua­rante-sept sapeurs et gra­dés ain­si que sept sous-offi­ciers.
Un chef de centre ne gère pas seule­ment l’humain mais aus­si le maté­riel, notam­ment avec l’infrastructure que repré­sente la caserne. L’adjudant se charge de la par­tie loge­ments, des pro­blèmes qui peuvent sur­ve­nir, des emmé­na­ge­ments et des démé­na­ge­ments, de la sécu­ri­té et de la réno­va­tion lorsque c’est nécessaire.

À ces obli­ga­tions s’ajoute une par­ti­cu­la­ri­té, pour le CS Choi­sy : « notre caserne a une archi­tec­ture aty­pique, aux cou­leurs du bicen­te­naire, bleu, blanc et rouge parce qu’elle a été inau­gu­rée à cette occa­sion, explique le sous-offi­cier. C’est pour cette rai­son que notre tour d’instruction a un gra­phisme si par­ti­cu­lier, qui nous inter­dit une quel­conque modi­fi­ca­tion. Si nous réno­vons, c’est à l’identique ».

Déci­sions rai­son­nées
Pour l’adjudant Patier, cette fonc­tion à haute res­pon­sa­bi­li­té est une belle recon­nais­sance de son chef de corps et de son com­man­dant d’unité, qui lui témoignent leur confiance. Une telle direc­tion exige une dis­po­ni­bi­li­té sans faille, qu’il faut savoir conci­lier avec sa vie de famille et d’éventuels loi­sirs. « On aime son métier et on donne sans comp­ter. C’est pareil pour la famille : on aime et on donne sans comp­ter », témoigne le papa de Gabrielle, une petite fille de sept ans. Il s’agit donc de trou­ver un juste équilibre.

L’adjudant consi­dère que l’ambition de deve­nir chef de centre s’acquiert natu­rel­le­ment, avec l’expérience. « Un sapeur ne peut pas aspi­rer à deve­nir chef de centre, explique le sous-offi­cier. C’est une idée qui s’installe dans la durée, et se confirme ou s’infirme selon les ren­contres. Se voir chef de centre ne suf­fit pas à le deve­nir, même si cela est un rêve, il se peut que cer­taines per­son­na­li­tés ne collent pas avec cette fonction. »

tou­jours dans le feu de l’action
Le CS de l’adjudant Patier pos­sède une autre par­ti­cu­la­ri­té : il s’étend sur six com­munes du Val-de-Marne. Son sec­teur d’intervention com­prend Choi­sy-le-Roi, avec neuf kilo­mètres de Seine, une rive droite et une rive gauche, Ablon-sur-Seine, Vil­le­neuve-le-roi, une par­tie de Thiais, une par­tie d’Orly et le parc inter­dé­par­te­men­tal des sports de Créteil.

Le chef de centre prend des gardes, comme les autres, et l’adjudant Patier est sys­té­ma­ti­que­ment chef de garde. Sur inter­ven­tion, le sous-offi­cier a le rôle de pre­mier COS, c’est donc lui qui com­mande, donne, engage et demande des ren­forts en cas de besoin. Que ce soit sur le ter­rain ou à la caserne, le sous-chef de centre et le chef de centre tra­vaillent rare­ment en même temps car ils doivent diri­ger le CS en alternance.

Pour l’adjudant Patier, la fonc­tion de chef de centre est un poste clé dans la vie d’un homme : « cette fonc­tion, sans égal, m’apporte autant d’épanouissement au niveau pro­fes­sion­nel qu’humain » affirme l’adjudant. Aujourd’hui, il ne lui reste plus que deux ans de chef de centre et, même s’il aime­rait occu­per cette place plus long­temps, il a des idées pour la suite. Mais pour l’instant, il vit plei­ne­ment l’aventure !

DANS LA LIGNÉE DES FRÈRES PATIER

Le père et l’oncle de l’adjudant étaient res­pec­ti­ve­ment le capo­ral-chef Claude Patier et le ser­gent-chef Ber­nard Patier, des jumeaux, pom­piers de Paris à Par­men­tier. Ces deux sapeurs-pom­piers ont mar­qué leur temps : l’un en sau­vant la fille d’un ministre d’un immeuble en flammes à l’aide de l’échelle à cro­chets et l’autre en réa­li­sant le sau­ve­tage d’une femme de plus de 100 kg au moyen du har­nais à l’échelle aérienne de Parmentier.


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Photo : 1CL Maxime Grimaud

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