Le SCH Mercier pose avec son prix du concours Lépine

Un pompier de Paris remporte le CONCOURS LEPINE

Cette année, pour sa 117e édition, le premier prix du concours Lépine 2018 « prix du président de la République » a été décerné au sergent-chef Samuel Mercier, infirmier au sein de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris. Créé en 1901 par Louis Lépine, alors préfet de Police, le concours français d’innovation a reconnu l’excellence du « Med pack ».

Une idée née d'un constat

« C’est pendant mon cursus de formation d’infirmier à l’école du personnel paramédical de l’Armée que cette idée est née, raconte le sergent-chef Samuel Mercier. Lors de mes stages successifs à la BSPP, j’interviens au sein des ambulances de réanimation. Pendant cette période, je me rends compte de la différence de prise en charge entre la médecine intra et extra hospitalière. Sur chaque intervention, que l’on soit sur le bord d’un trottoir un jour de pluie, dans une cage d’escalier non éclairée ou sur des rails de métro, il faut créer les conditions optimales pour diagnostiquer et techniquer le patient. Cette perte de temps est non négligeable pour la santé de la victime. Pendant de nombreuses années, départ après départ, ce constat ne cesse d’augmenter. Fort de cette expérience, j’imagine une mallette capable en tout temps, en tout lieu, de conditionner du matériel, d’éclairer une zone de travail, de supporter une perfusion, de tenir un parapluie ou même de récolter les déchets à risques infectieux. En septembre 2012, je donne les premiers coups de crayon de mon croquis…. »

Le SCH Samuel Mercier nous raconte son aventure... avant de savoir qu'il va remporter le "Lépine"

Le Med Pack. Comment ça fonctionne ?

Sur le bord d’un trottoir un jour de pluie, dans une cage d’escalier non éclairée ou sur des rails de métro, il faut créer les conditions optimales pour diagnostiquer et techniquer le patient.
SCH Mercier

Un peu d'histoire...

Chaque année, le fameux concours Lépine récompense des inventions au moment de la Foire de Paris. Ce concours est non seulement un tremplin, mais un véritable label pour l’innovation. Tout commence en 1900, les petits fabricants de jouets et d’articles de Paris, pourtant réputés internationalement pour leur qualité et leur inventivité, souffrent de la concurrence étrangère. Cet « artisanat en chambre » se concentre essentiellement dans le quartier du Temple et ses fabricants indépendants se mettent alors à vendre à la sauvette, différentes « babioles » dans les coins fréquentés de Paris, concurrençant de fait les boutiquiers. Cette contrebande provoque l’intervention croissante des agents de police en bicyclette. Le préfet de Police de l’époque, Louis Lépine, plutôt que de multiplier les rondes de policiers, met en place en 1901 un concours-exposition de jouets et de bibelots pour mieux faire découvrir le travail des fabricants de jouet et par contrecoup réglementer le commerce de rue. Il en rédige le règlement, fait passer des annonces dans la presse et publie des affiches pour attirer de nombreux candidats en octobre 1901. Aujourd’hui rebaptisé concours Lépine, il a fait au fil des années et de son succès, évoluer son image de leader incontournable d’innovation et a su appréhender certaines tendances en présentant des inventions dans les domaines des énergies alternatives, mais aussi des technologies médicales. C’est lors de ce concours que le sergent-chef Samuel Mercier a dévoilé sa création : Le Med Pack.

 

Lépine, un homme proche du Régiment

Louis Jean-Baptiste Lépine est un avocat et homme politique français. Préfet de police de 1893 à 1913, il entretient pendant cette période, une proximité bienveillante avec les hommes du régiment de sapeurs-pompiers de Paris qu’il a sous ses ordres (1). Le 1er juillet 1895, un grave incendie éclate aux établissements Godillot, rue Rochechouart. Cet important sinistre qui a terrifié Paris démontre la nécessité de moderniser le corps et ses moyens d’action. Cette date eut des impacts importants sur l’organisation des secours. Sous l’impulsion du commandement de l’époque, le préfet Lépine va largement aider à la modernisation de l’Institution en accordant les crédits nécessaires à l’achat de matériels supplémentaires, à la rénovation et la création de caserne, au développement du réseau d’eau mais aussi à l’installation de plus de 500 avertisseurs téléphoniques rouge pour alerter les pompiers. Durant cette période, les hommes du corps vont penser, innover et inventer sous l’œil du préfet Lépine, faisant déjà à l’époque de l’Institution un moteur dans la profession. Le 1er juillet 1899, dans la cour de la caserne de la cité, le préfet Lépine félicite vivement le major-ingénieur Vuilquin et le capitaine ingénieur Cordier pour l’invention du premier fourgon électrique. « Cette initiative place désormais le corps des sapeurs-pompiers de Paris au premier rang de toutes les compagnies de sapeurs d’Europe et d’Amérique. C’est en effet, la première application de l’électricité à la traction du matériel incendie que viennent de réaliser les sapeurs-pompiers Vuilquin et Cordier », fait remarquer le préfet.

 

Le préfet de Police au milieu des opérations de secours

L'innovation permanente de la BSPP en médecine pré-hospitalière

Les sapeurs-pompiers de Paris ont joué dès le début du XXème siècle, un rôle important dans la prise en charge des victimes par une action commune des équipes de secours et des équipes médicales. L’expérience des médecins militaires lors de la première guerre permet de faire évoluer les techniques et méthodes de prise en charge.

À partir de 1924, l’impulsion du médecin-chef Charles Cot et ses 7 principes de bases servirent à la restructuration du service de secours aux personnes et firent les prémisses d’un authentique service de SAMU-SMUR avant la lettre. De ces principes dûment numérotés, trois joueront un rôle fondateur dans la médecine de l’avant. Charles Cot préconisait notamment des soins au plus près de la victime, l’emploi de moyens thérapeutiques ayant fait la preuve de leur efficacité en milieu hospitalier et le transport des victimes vers l’hôpital sous surveillance médicale permanente dans des véhicules « ambulances rapides », véritables embryons des ambulances de réanimation. La force du collectif permet de préparer l’avenir en imaginant les meilleures réponses techniques et être ainsi toujours plus opérationnel sur le terrain. Aujourd’hui, près de 100 ans plus tard, le sergent-chef Samuel Mercier continue de faire évoluer les techniques de médecine pré-hospitalière de la profession ; tout comme l’ont fait avant lui, les médecins Charles Cot, Jacques Robert ou René Noto.

(1) La BSPP est encore aujourd’hui mise pour emploi sous les ordres du préfet de Police.

CRÉDITS

Texte

SCH Guillaume Casada et CCH Ludovic Rosenstein

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